Célébration à Djibouti de la journée internationale de l’alphabétisation
Par Isman O.
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07 septembre 2011
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Source: ADI
La journée internationale de l’alphabétisation a été célébrée aujourd’hui à Djibouti comme dans le reste du monde.
C’est à cet effet qu’a été organisée une importante cérémonie présidée par la ministre de la Promotion de la Femme et du Planning Familial, chargée des relations avec le Parlement, Mme Hasna Barkat Daoud.
"Alphabétisation et paix", ainsi s’intitule le thème retenu cette année dans le cadre de la journée internationale de l’alphabétisation.
L’association des termes "alphabétisation" et "paix" répond ici, comme l’a souligné la ministre de la Promotion de la Femme dans une importante allocution faite à cette occasion, à un objectif bien déterminé : celui de mettre "l’accent sur la corrélation entre l’alphabétisation qui est un outil essentiel d’apprentissage et de communication et la paix sans laquelle aucun développement n’est possible."
Nous reproduisons ci-dessous l’intégralité du discours de Mme Hasna Barkat Daoud prononcé lors de la cérémonie de célébration de cette journée internationale de l’alphabétisation.
"Le 8 septembre de chaque année est la date retenue par l’UNESCO pour célébrer la journée internationale de l’alphabétisation.
Cette date est aussi pour notre pays comme beaucoup de pays du monde une occasion indiquée pour dresser le bilan de l’alphabétisation et de l’éducation, prendre la mesure des efforts engagés dans la réduction du taux d’analphabétisme mais aussi de mesurer l’ampleur des tâches à entreprendre.
Cette année, la journée internationale de l’alphabétisation placée sous le signe de "Alphabétisation et paix" met l’accent sur la corrélation entre l’alphabétisation qui est un outil essentiel d’apprentissage et de communication et la paix sans laquelle aucun développement n’est possible.
En effet, l’alphabétisation, vecteur clé de tout développement est un droit pour chaque citoyen quelque soit son âge, son milieu et sa condition sociale.
De plus dans nos sociétés d’aujourd’hui, où lire, écrire et compter constituent un préalable pour mieux affronter les exigences de la vie moderne, l’analphabétisme est synonyme d’exclusion et de marginalisation et par conséquent d’injustice sociale.
A cet égard, aucune paix sociale durable n’est possible sans le respect du droit humain que constitue l’alphabétisation.
C’est pourquoi il convient donc de tout mettre en œuvre pour permettre à tous nos concitoyens qui n’on pas eu la chance étant enfant d’accéder à la lecture et à l’écriture d’acquérir les compétences nécessaires pour être des adultes autonomes et faire face aux défis de l’existence et par conséquent leur assurer ainsi la justice sociale sans laquelle aucun développement durable n’est envisageable.
Si aujourd’hui les bienfaits de l’alphabétisation ne sont plus à démontrer, hélas, au niveau mondial près de 793 millions d’adultes sont encore analphabètes, la majorité d’entre eux étant des filles et des femmes.
Si telle est la situation au niveau mondial qu’en est-il sur le plan national ? Notre pays a souscrit aux objectifs de l’Education pour tous ainsi qu’aux Objectifs de Développement du Millénaire.
Et malgré les efforts louables engagés, l’analphabétisme prive cependant des milliers d’hommes et de femmes de l’accès au savoir et par conséquent de l’épanouissement.
Face à cette situation et de l’urgence d’y apporter des solutions, le développement de l’éducation et le combat contre l’analphabétisme sont érigés au rang des priorités par le gouvernement et constituent de ce fait un objectif majeur dans la mise en œuvre de la politique éducative initiée par le chef de l’Etat, M. Ismaïl Omar Guelleh, dès son arrivée à la magistrature suprême en 1999.
A cet égard, la loi d’orientation du système éducatif, premier dispositif législatif, stipule le droit à l’éducation de tous les enfants djiboutiens et décrète en même temps l’enseignement fondamental obligatoire pour tous les enfants de 6 à 16 ans.
Favorisant une éducation pour tous, obligatoire durant 9 ans, le gouvernement marque ainsi sa volonté d’encourager une scolarisation dispensant les connaissances de base nécessaires.
En ce qui concerne l’éducation des adultes, le ministère de la Promotion de la Femme a initié et mené plusieurs campagnes d’alphabétisation en arabe ayant trait à l’autonomisation de la femme et par conséquent à l’amélioration de sa condition de vie.
Ces campagnes d’alphabétisation ont permis à des milliers de femmes (17 000 femmes et jeunes filles) âgées de 16 ans et plus d’acquérir des bases en lecture et en calcul indispensables pour leurs activités quotidiennes.
En plus de toutes ces activités diligentées par le ministère, d’autres actions similaires visant à l’éradication de l’analphabétisme sont menées par la société civile, notamment l’Union Nationale de Femmes Djiboutiennes (UNFD) qui, au lendemain de sa création, s’est attelée à combattre l’analphabétisme à travers des programmes d’alphabétisation fonctionnelle.
Ces programmes touchent chaque année plus de 1800 personnes sur l’ensemble du territoire national.
En somme, au cours des 10 dernières années, le ministère de la Promotion de la Femme et la société civile ont pu offrir une formation en alphabétisation à plus de 34 000 hommes, femmes et jeunes filles.
D’autre part, dans le cadre de la lutte contre la pauvreté, les programmes d’alphabétisation ont été complétés, depuis 2008, par une année de post-alphabétisation professionnelle.
Le centre de formation des femmes de Balbala considéré à juste titre d’ailleurs comme une école de la deuxième chance, ainsi que d’autres centres de formation tels que l’école ménagère et le centre de protection de la mère et de l’enfant ont offert à quelque 400 jeunes femmes et filles une série de formations professionnelles comme la couture, la coiffure et la cuisine.
Par ailleurs, le ministère de la Promotion de la Femme et du Planning Familial est en train d’étudier les solutions appropriées en vue du lancement de vastes campagnes d’alphabétisation en langue nationales.
Soulignons que depuis novembre 2009, à titre pilote, l’alphabétisation dans les langues nationales (afar et somalie) se fait déjà dans le cadre du programme conjoint MPF/Tostan.
Au total 33 centres sont fonctionnels à Djibouti, PK 12 et dans les régions de l’intérieur.
Toutes ces actions témoignent de la volonté d’aller de l’avant pour répondre aux besoins d’éducation des adultes mais aussi pour se rapprocher des objectifs de l’éducation pour tous ainsi que ceux du Millénaire.
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Néanmoins, le chemin à parcourir est encore long et de gros efforts devront être déployés pour rehausser le niveau de l’accès à l’écrit et, par conséquent, au savoir, clé de l’émancipation et du développement humain.
Avant de conclure, permettez-moi de citer un passage du message de Madame Irina Bokova, directrice générale de l’UNESCO, à l’occasion de cette présente journée.
Je cite : "Aucun pays ne peut espérer fonder durablement la paix s’il ne trouve pas les moyens d’établir une confiance mutuelle entre ses citoyens grâce à des systèmes d’éducation inclusifs qui prônent la compréhension mutuelle, le respect, la tolérance et le dialogue. Il est essentiel d’intégrer l’alphabétisation dans les processus de renforcement de la paix afin de semer les graines de la paix, de favoriser le dialogue et la réconciliation et de fournir aux jeunes et aux adultes les compétences nécessaires pour trouver un emploi décent."
Par la conjugaison de nos efforts, je suis profondément convaincue que nous saurons relever ensemble ce défi."
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