Sécheresse : Le spectre de la faim
Par ABS
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21 juillet 2011
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Source: ADI
Il fut un temps où, dit-on, les deux Barra étaient des lacs d’eau douce peuplés de poissons et de crocodiles. Il fut un temps aussi où, parait-il, le Weïma était un long fleuve tranquille qui se jetait dans la mer.
L’eau, à cette époque-là , nous en avions à ne plus savoir qu’en faire. Tout cela, de nos jours, semble relever de la fiction.
Et l’on a du mal à imaginer des troupeaux d’éléphants broutant en bordure du "lac" du grand Barra et des lions dévorant des antilopes sur la plaine du Hanlé.
Car la réalité de notre pays aujourd’hui est celle d’un désert de sable et de pierrailles balayé par des vents brûlants. La réalité de notre pays en ce rude été 2011 est illustrée par un ciel désespérément bleu et sans le moindre cumulus.
La réalité djiboutienne d’aujourd’hui est celle d’un pays dont 120 000 habitants, principalement ceux qui tirent leur subsistance de l’élevage, sont menacés de famine.
Cette terrible éventualité a été annoncée samedi par le Premier ministre Dileita Mohamed Dileita qui a appelé à la solidarité nationale et internationale.
En évoquant le spectre de la faim au cours d’une réunion exceptionnelle et sur un ton solennel, le Premier ministre a voulu faire comprendre d’abord à ses concitoyens et ensuite à la communauté internationale que l’heure était grave et qu’il y avait lieu de se mobiliser avant qu’il ne soit trop tard.
Déjà , les signes avant-coureurs d’une catastrophe humanitaire sont visibles. Presque tous les points d’eau sont à sec, dit-on, ce qui condamne hommes et bêtes à la soif ou à l’errance dans le désert en quête du précieux liquide.
Les Djiboutiens sont réputés généreux et sensibles. S’agit-il d’un mythe que nous aurions nous-mêmes créé dans le but de décrier l’égoïsme et la pingrerie réels ou supposés de nos voisins? Le moment est venu de le vérifier à l’échelle nationale.
Le gouvernement estime que les choses sont suffisamment graves dans nos campagnes pour organiser une levée de fonds à laquelle tous les Djiboutiens sont appelés à participer.
Ne dit-on pas que la charité bien ordonnée commence par soi-même ? Nous avons intérêt à mettre la main à la poche si nous ne voulons pas qu’un vieux mythe national auquel nous tenons ne vole en éclats.
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