Littérature : La tragédie somalienne dans les pages du "Chapelet des destins" d'Ali Moussa Iyé
Par Isman O.
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11 juillet 2011
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Source: ADI
Les déchirements fratricides qui sévissent en Somalie depuis la chute du pouvoir de Syad Barré en 1991 ont fait couler beaucoup d’encre et de salive.
La petite histoire ne dit pas avec exactitude le nombre de spécialistes, journalistes et autres auteurs qui ont planché à ce jour sur ce qu’il est convenu d’appeler la tragédie somalienne.
L’écrivain et chercheur djiboutien Ali Moussa Iyé s’est lui aussi penché sur la question dans son recueil de nouvelles "Le chapelet des destins" paru en 1998.
D’une richesse stylistique exceptionnelle, l’œuvre est tout autant imprégnée de poésie et de mélodie.
Dans "Somalitude", la première nouvelle, le narrateur, un enfant, pousse un long cri de détresse ponctué de larmes et de souvenirs douloureux et entend donner ainsi écho aux souffrances endurées par les siens, femmes et enfants en tête.
Pour ce faire, il s’emploie à travers son long discours à la création d’une série de bouleversements sur l’ordre naturel des choses. A l’image du territoire somalien aujourd’hui divisé en mille et un "ateliers clandestins [où se] convertissent [les] préjugés, [les] rancœurs en autant de grenades, de napalm et autres armes de destruction… ".
A l’image des "tourbillons de souvenirs jaunis" qu’un vent cruel soulève parfois devant la fenêtre du narrateur sur un enchevêtrement de "rêves concassés" contre lequel tout se brise, se confond, s’absorbe et se transforme, l’espoir "rafistolé avec les oripeaux des oppresseurs à l’empreinte de sel, avec la lie de traditions frelatées", se consume à son tour.
Produire le dessin brouillon des déchirures et des déchirements qui accablent la Somalie depuis un peu moins de deux décennies, c’est ce qu’a voulu faire Ali Moussa Iyé en utilisant la voix du narrateur qui, dans ce contexte, n’est plus seulement la sienne.
Elle est aussi celle de toutes les victimes innocentes de la guerre et de la misère en Somalie. A commencer par les enfants.
Etant donné que le narrateur est lui-même un enfant, une place importante est naturellement réservée dans son discours à la souffrance de ces petits êtres fragiles.
A cette souffrance vient s’ajouter celle des femmes et des personnes âgées, autant de populations également vulnérables et qui paient sans cesse un tribut non moins lourd au crépitement des armes dans la région, entretenant depuis des années un climat de violence similaire à celui qui se dégage du texte d’Ali Moussa Iyé.
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