Littérature : Réflexions sur la guerre et son cortège de souffrances dans la Corne de l’Afrique
Par Isman O.
|
06 juillet 2011
1,308 vues
Source: ADI
La Corne de l’Afrique s’achemine-t-elle vers une guerre régionale ?
A entendre les discours alarmants de certains spécialistes, que l’écrivain djiboutien Ali Moussa traite parfois avec ironie de "devins déguisés en scientifiques", on n’en est pas loin.
Les risques d’extension du chaos somalien sont bien réels, préviennent-ils.
Les principaux fléaux qui menacent désormais la stabilité, déjà précaire, de la région sont le terrorisme et la piraterie maritime, ajoutent-ils.
Entre autres observateurs plus ou moins avisés, citons le cas du député français Noël Mamère, à qui l’on doit le lancement en février 2010 d’un colloque sur la Corne de l’Afrique.
Voici ce qu’il déclare en substance : " … la Corne de l’Afrique, du fait de sa situation privilégiée à l’intersection du Moyen-Orient et de l’Afrique, est au carrefour de la guerre préventive."
Selon lui, "le Soudan, l’Ethiopie, l’Erythrée sont devenus des espaces stratégiques. Cela n’a pas échappé aux Américains qui ont décidé de faire de Djibouti une base d’appui à leurs opérations dans ces deux régions."
"De fait, Ben Laden [était] originaire du Yémen et de nombreux responsables de son réseau viennent de ce pays et au Soudan d’où il a construit les premiers fondements de son réseau.", affirme-t-il.
Et de mettre en exergue un peu plus loin : "Cette doctrine de la guerre préventive commence à avoir des conséquences concrètes sur la Corne de l’Afrique."
Néanmoins, s’il est vrai que ces "prêches" alarmistes puisent leur sève dans une triste réalité (celle de la Corne et de son destin tragique), il n’en demeure pas moins qu'ils ne sont pas à prendre au pied de la lettre.
Autrement dit, il y a certes de bonnes raisons de craindre cette "guerre endémique" à laquelle faisait allusion déjà le journaliste et chercheur italien Antonio Torrenzano en publiant dans les années 1990 ses réflexions sur les troubles aussi dévastatrices que persistantes sur le sol somalien, mais celles-ci ne sont pas aussi inéluctables que l’on voudrait croire, et surtout faire croire.
Aussi, dans les pages de "Passage des larmes", sa dernière publication, l’écrivain djiboutien Abdourahman A. Wabéri s’attaque au problème du terrorisme et le danger permanent qu’il représente dorénavant pour la paix dans la région. Il n’avance guère plus loin.
Les évènements relatés dans les pages de son roman se passent sous les cieux de Djibouti où Djibril, le héros, travaillant pour le compte d’une société américaine opérant dans le domaine de la sécurité et de l’espionnage, trouve la mort dans un attentat perpétré par une formation terroriste locale particulièrement redoutable. C’est tout.
Le travail d’imagination de Wabéri sur les enjeux qu’implique l’intégrisme, qui vient s’ajouter à la chape de plomb posée sur le quotidien de millions d’hommes et de femmes dans la Corne de l’Afrique, se limite à des scènes course-poursuite similaires ; des scènes, doit-on dire, dignes d’un roman policier.
Tags
Articles connexes
Le ministre de la Défense préside la cérémonie de commémoration du 22e anniversaire de l’accession de la Gendarmerie nationale à son autonomie
il y a 5 ans
Le ministre de la Défense inspecte le bataillon Hill 8 à Maryama avant son départ pour la Somalie
il y a 5 ans
Insertion socioprofessionnelle des jeunes : l’ANEFIP implante des antennes dans tous les CDC
il y a 5 ans
Reprise des négociations au sujet du barrage sur le Nil
il y a 5 ans
Publicité