Fête nationale du 27 juin : allocution du chef de l’Etat lors de la cérémonie de réception au palais présidentiel
Par Arteh
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27 juin 2011
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Source: ADI
Dans le cadre des festivités marquant le 34ème anniversaire de l’indépendance nationale, une cérémonie de réception a été organisée comme à l’accoutumée au palais présidentiel.
Dans une importante allocution faite à cette occasion, le chef de l’Etat, M. Ismaïl Omar Guelleh, a, entre autre chose, réaffirmé son engagement personnel ainsi que celui du gouvernement à œuvrer à une amélioration des conditions de vie des Djiboutiens.
En ce sens, le président de la république est revenu sur les promesses de "renouveau et de renaissance" faite devant la nation le 08 mai dernier lors de son investiture à la tête du pays à l’issue de sa victoire aux dernières élections présidentielles.
"J’ai promis aux Djiboutiens et aux Djiboutiennes de bâtir avec eux un nouveau socle ; un socle pour aller plus loin et poser les bases d’une Djibouti plus innovante, plus solide, plus clairvoyante", a déclaré en substance le président Guelleh, ajoutant que "l’acquis et l’avenir, la lucidité et la volonté constitueront désormais le fil rouge de l’action gouvernementale."
L’ADI vous reproduit in extenso l’intégralité du discours du chef de l’Etat.
"Mesdames et Messieurs,
Mes chers (es) compatriotes,
Notre République fête aujourd’hui ses 34 ans d’existence. Et, en cette journée symbolique où la Nation Djiboutienne célèbre sa liberté, son indépendance, loue l'honneur, le courage et l'abnégation, où elle chante son hymne à la patrie ; cette journée, je souhaite dédier chaque instant qui la compose à la mémoire de nos martyrs d'hier et d'aujourd'hui.
La conquête de la République n’a pas été une aventure ordinaire. Mais elle a été l’œuvre d’hommes et des femmes ordinaires.
Des hommes et des femmes ordinaires qui ont aimé profondément cette terre et ses enfants.
Des hommes et des femmes ordinaires qui ont voulu briser l’ignominie de la colonisation et dont l’indignation a entretenu, dans leur esprit et dans leurs actes, la flamme de la résistance. Résistance pour arracher le droit à la patrie, résistance pour conquérir le droit à la dignité.
Puissions-nous, trouver en eux, en leur exemple, en leur sacrifice, la force nécessaire pour réaffirmer notre foi en notre destin commun et notre volonté de consolider le socle de la souveraineté et de notre identité nationale.
Puissions-nous puiser en cette date historique et glorieuse du Djibouti indépendant le courage et la force d’œuvrer à l’édification d’une nation libre et en progrès continu.
Mesdames et messieurs,
Chacun n’est pas sans savoir que la souveraineté nationale a, par nature, un prix. Son prix, c’est le travail, c’est la persévérance, c’est la volonté d’engendrer à partir du peu, à partir des petites frustrations du quotidien, les ambitions les plus grandes pour soi, pour sa famille et sa patrie.
Dans une société largement ouverte au monde extérieur, dans un pays où des milliers de jeunes filles et jeunes gens accèdent chaque année à l’université, dans un pays avide de combler ses retards, un pays confronté aux défis économiques d’un monde de compétition, il appartient à chaque Djiboutien, à chaque Djiboutienne de participer activement à la création des conditions qui permettront à notre jeune démocratie de se développer plus encore. De se concentrer pour trouver des solutions à nos défis. Bref, de continuer à bâtir la nation et à consolider les piliers de notre société qui font que nous nous dressions fiers.
Dans la course au développement, nous ne partons évidemment pas de rien.
Depuis plus d’une décennie, notre pays est engagé dans de vastes programmes pour asseoir les bases d’un essor qui doit le mettre au diapason et au rythme du progrès dans le monde.
Nous avons rétabli les équilibres économiques, relancé la croissance économique qui a permis la mise en œuvre de nombreux programmes de développement, d’infrastructures, et d’amélioration des conditions et du cadre de vie des citoyens.
Forts de nos résultats et de la nouvelle assise qu’ils donnent au pays, forts des enseignements que nous pouvons tirer de nos réussites, mais aussi des insuffisances qui se sont révélées, nous devons, aux attentes légitimes du pays, d’imprimer un nouvel élan à la construction du projet national. Cette promesse de renouveau et de renaissance, je l’ai faite devant la Nation le 08 Mai dernier.
J’ai promis aux Djiboutiens et aux Djiboutiennes de bâtir avec eux un nouveau socle, un socle pour aller plus loin et poser les bases d’une Djibouti plus innovante, plus solide, plus clairvoyante.
L’acquis et l’avenir, la lucidité et la volonté constituant ainsi le fil rouge de l’action gouvernementale au cours de ce quinquennat.
Mesdames et messieurs,
Le nouveau gouvernement, qui est à pied d’œuvre, mérite entièrement la confiance du peuple djiboutien comme il dispose déjà de la mienne.
Il a reçu un mandat bien lourd : celui de transformer Djibouti par l’audace et l’initiative.
Ce mandat-là , j’exhorte le gouvernement à le remplir avec honnêteté et avec courage. Car, beaucoup d’efforts ont été accomplis, beaucoup de résultats positifs ont commencé à poindre mais trop d’incertitudes demeurent pour que le gouvernement fasse autre chose que travailler et continuer à réformer.
Et parmi les objectifs principaux, sur lesquels nous aurons à prolonger nos efforts, je voudrais en citer quelques uns qui sont au cœur de la bataille de la croissance et de la modernisation.
Il y a d’abord notre stratégie en faveur de l’éducation et de l’intelligence qui requiert un recentrage sur la maîtrise des savoirs fondamentaux, la diversification des offres de formation pour une meilleure adaptation aux besoins du marché du travail et un investissement conséquent dans la recherche scientifique.
Je tiens à réaffirmer notre détermination pour améliorer la position de Djibouti dans l’économie du savoir.
Notre détermination à veiller à ce que Djibouti dispose de tous les atouts nécessaires à son développement.
Dans le domaine institutionnel, nous programmons à la rentrée prochaine une réflexion sur la réforme de l’administration.
Il s’agit-là , d’une réforme indispensable pour notre pays et qui tendra vers une refonte complète des statuts de la fonction publique de sorte à ce que ces derniers soient conformes aux missions d’efficacité et de réactivité qui doivent, à l’avenir, caractériser les modes d’intervention de l’État.
La question de l’indépendance énergétique à une résonance particulière dans ce discours national tant il est vrai qu’on ne peut parler d’indépendance réelle quand on est tributaire des aléas de la conjoncture internationale dans un domaine aussi stratégique.
Mesdames et messieurs,
L’indépendance réelle ne se limite pas seulement à notre capacité à combler nos besoins en matière d’énergie, elle s’étend également à tous les domaines prioritaires de notre développement.
Face à ce constat, il devient urgent pour notre pays mais également pour l’ensemble des pays en développement, de se prendre en charge, de mobiliser et compter sur leurs ressources propres que ce soit en matière d’idées, de financements, de production etc.
Cette idée d’indépendance réelle fait son chemin depuis l’avènement des indépendances africaines et la naissance du mouvement des non-alignés.
Les graves crises économiques qui ont affectées le monde l’ont rendu incontournable d’autant plus que nos pays ont assisté à une baisse significative de l’Aide Publique au Développement.
Cependant, ces crises nous ont démontré la capacité de résistance des économies africaines et leur potentiel de croissance.
Elles nous ont également éclairé la voie à suivre. Celle de compter sur nos propres ressources, et celle de bâtir maintenant sur ces nouvelles bases une structure d’entraide panafricaine nous permettant de mutualiser nos ressources pour le développement.
Les Djiboutiens au même titre que leurs pairs africains doivent prendre conscience de leur véritable potentiel humain et se décomplexer vis-à -vis de leur identité africaine. Car, finalement, se réapproprier son Histoire et écrire son propre destin, c’est là que réside la véritable indépendance.
Mesdames et Messieurs,
Je ne puis conclure ce discours sans évoquer l’actualité politique régionale et plus particulièrement la situation qui prévaut encore dans certains pays frères du monde arabe.
Si certains pays ont su amorcer la transition démocratique avec sagesse et retenue, d’autres sont toujours dans la tourmente.
Les aspirations d’un peuple quelles qu’elles soient sont toujours légitimes.
Cependant, ce qui est coupable, c’est l’ingérence et les tentatives de transposition de modèles sociaux et institutionnels.
Dans notre sous-région, nous savons mieux que quiconque les conséquences de l’instabilité. C’est pourquoi nous ne pouvons que nous alarmer de la crise politique que connaît le Yémen, ce grand voisin qui est un des maillons essentiels de la chaîne sécuritaire qui circonscrit les fléaux que sont le terrorisme et la piraterie.
La Somalie qui continue à souffrir de ces deux maux réclame également l’attention et le soutien constant de la communauté internationale.
Je tiens à profiter de la présence parmi nous du Président Cheikh Sharif Cheikh Ahmed pour lui réaffirmer notre engagement permanent à ses côtés pour un retour durable de la Paix.
Bonne fête nationale à toutes et à tous."
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