Patrimoine traditionnel : Agir pour sauver contre l’oubli
Par Isman Omar
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13 juin 2011
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Source: ADI
"Les souffles brûlants du Khamsin, l'odeur âcre et douce de la Rue des Mouches, les rêves de Harbi durant ses années de lutte pour l'indépendance nationale, la beauté généreuse des femmes djiboutiennes, le chant langoureux des caravaniers bravant l'immensité du désert... Voilà ma muse, voilà ma poésie !"
Ainsi parlait un jeune poète djiboutien avec qui nous avions engagé, tout à fait par hasard, la discussion l’autre jour.
Le sujet était, fort intéressant puisque qu’il portait sur les moyens de vulagariser et en même temps de sauvegarder le folklore national.
Ce patrimoine important, hérité du passé et perpétué au nom d’une tradition ancestrale millénaire, serait en effet en perte de vitesse dans sa pratique dans notre environnement urbain.
Cette hypothèse est d’autant plus justifiée qu’ici, en ville, personne, ou presque, n’éprouve de nos jours le besoin d’apprendre à jongler avec "la cadence chaloupée du Sadexleey", à bercer le mystère derrière la chorégraphie et la joute poétique qui accompagnent depuis toujours le "Heelo".
En dehors de quelques groupes artistiques plus ou moins connus, la transmission des acquis aux jeunes générations est quasi inexistante.
Pourtant, l’exécution des chants et danses folkloriques ne manque guère d’intérêt aux yeux des descendants des pasteurs que nous sommes.
Pour s’en convaincre, il suffit de se rendre à une manifestation ou dans des festivités publiques : tout le monde est captivé par le biais de l’engouement et de la précieuse chaleur humaine qui baignent le battement des mains et des cœurs.
Organisée avec beaucoup d’intelligence, la cohérence du travail des jeunes danseurs et danseuses est de nature à forcer toujours l’admiration de tout un chacun.
Nul ne peut y échapper. Pas même les personnes d’origine étrangère, qui ne comprennent pourtant rien au message véhiculé à travers les chants langoureux qui ponctuent le rythme et soutiennent généralement la mêlée.
C’est pourquoi la nécessité de préserver contre l’oubli ce répertoire inclassable s’impose aujourd’hui d’elle-même.
Certains parmi les artistes nationaux en appellent même au devoir de mémoire à notre propre passé ainsi qu’à l’obligation de transmission par rapport aux générations futures.
En espérant des jours nettement meilleurs pour ce flambeau culturel qui a traversé les siècles…
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