Allocution du Chef de l’Etat à l’ouverture du 7ème forum économique islamique d’Astana

Par Arteh | 08 juin 2011
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Allocution du Chef de l’Etat à l’ouverture du 7ème forum économique islamique d’Astana

Source: ADI

Le Président de la République M. Ismaïl Omar Guelleh, a prôné dans une importante allocution prononcée à l’ouverture du 7ème forum économique islamique qui a débuté ses travaux aujourd’hui à Astana, la capitale du Kazakhstan, une coopération et un partenariat accru entre les membres de l’Oummah. "Notre coopération économique doit être élargie afin de permettre à chacun d’entre nous de devenir des partenaires privilégiés", a dit le chef de l’Etat. Par ailleurs, en tant que Président d’un pays à la fois Arabe et Africain, le Président Ismaïl Omar Guelleh n’a pas manqué de mettre en exergue les potentialités du continent africain. Dans son plaidoyer, le Président djiboutien a mis en avant la nécessité pour les pays membres de l’OCI et plus largement pour les pays du Sud de renforcer leur coopération économique, d’investir plus en zone OCI et de multiplier les partenariats dans les domaines stratégiques tels que l’énergie, les infrastructures, la sécurité alimentaire ou encore le financement du secteur privé. Lire ci-dessous l’intégralité de l’allocution du Chef de l’Etat djiboutien. "C'est pour moi un immense plaisir de me trouver parmi vous à l'occasion du 7ème forum économique islamique mondial. Je tiens à remercier notre hôte, son Excellence Nursultan NAZARBAYEV, président de la République du Kazakhstan pour l'accueil si chaleureux qu'il nous a réservé ainsi que pour son invitation à participer à cette conférence éminemment importante pour notre communauté. Ce forum intervient à un moment crucial où les relations économiques se redéfinissent sur l'échiquier politique mondial et où émerge un réel consensus international sur la nécessité de bâtir l’architecture de la gouvernance mondiale sur des bases nouvelles, plus saines, plus équilibrées et inclusives. Des bases qui reflèteraient plus justement les nouvelles réalités économiques et démographiques. Evidemment, les pays membres de l'OCI ont vocation à tenir un rôle non-négligeable dans la reconfiguration de l'ordre politique, économique et financier mondial du fait qu'ils se situent dans les nouveaux foyers de la croissance économique mondiale et qu'ils disposent des principales réserves mondiales de matières premières. Je crois qu’aujourd'hui plus que jamais, nous avons donc devant nous une réelle opportunité de mettre en avant nos valeurs et nos opinions. Nous avons une opportunité réelle de faire aboutir notre vision du développement qui repose sur les principes de partage, de justice et de solidarité entre les peuples. L’interdépendance des nations et la corrélation, de plus en plus étroite, des problèmes auxquels elles font face, imposent des approches qui favorisent l’émergence d’un multilatéralisme fondé sur les vertus de la concertation, de la coopération et du partenariat. Excellences, Mesdames et Messieurs, Notre Oummah fait face à des défis importants. En effet, selon des rapports récents de l’OCI, 22 des 49 pays les moins avancés sont membres de l’OCI. Ces pays sont également les plus vulnérables aux pénuries alimentaires et peinent à fournir les infrastructures de bases à leurs populations. Cependant, nous savons également que notre Oummah regroupe en son sein certains des pays les plus développés au monde qui disposent d’importantes ressources dans des domaines aussi diverses que l’agriculture, l’énergie et les matières premières. Nous représentons 22% de la population mondiale mais ne produisons que 7.2% du PIB mondial et notre part du commerce mondial se chiffre à 10,47% des échanges. Nous pouvons et nous devons faire mieux car notre communauté dispose de tous les atouts, de toutes les ressources nécessaires pour permettre à chacun d'entre nous d'atteindre un développement harmonieux. Nous pouvons d’ores et déjà nous réjouir que nous sommes sur la bonne voie pour atteindre l’objectif de 20% de commerce intra-OCI en 2015, il n’en reste pas moins que notre coopération économique doit être élargie afin de permettre à chacun d’entre nous de devenir des partenaires privilégiés. Il nous faut intensifier les échanges entre nos pays respectifs afin de tirer profit de ces nombreux avantages. Notre communauté dans sa diversité s’étend sur 4 continents qui sont autant de marchés avec d’énormes potentiels. En tant que Président d’un pays à la fois Arabe et Africain, permettez-moi de revenir sur le potentiel de l’une de ces régions, l’Afrique. Sur 57 états membres de l’OCI, 27 sont Africains parmi lesquels se trouvent des pays comme le Nigeria, le Maroc ou L’Algérie qui sont de véritables locomotives pour la croissance de ce continent. Si l’on en croit les enquêtes récentes sur les économies Africaines, les autres pays du continent ne sont pas en reste puisque les investissements directs étrangers sont passés de 9 milliards de dollars en 2000 à 62 milliards en 2008 et devraient atteindre jusqu’à 150 milliards d’ici à 2015. L’Afrique est donc dorénavant perçue comme le continent de l’avenir et devrait atteindre un taux de croissance remarquable d’ici 2015. De plus, les réalités démographiques du continent avec notamment l’émergence d’une classe moyenne avec un pouvoir d’achat estimé à 1.4 billion de dollars d’ici à 2020 et l’abondance de main d’œuvre font que les investisseurs étrangers accordent aujourd’hui une place prépondérante au continent dans leurs stratégies de développement. L’investissement est, par excellence, un instrument de souveraineté mais également une arme contre le déclin économique et la paupérisation de nos populations. L’Afrique l’a compris et souhaite désormais rompre avec un système qui l’a maintenu, trop longtemps, dans l’asservissement et l’assistanat grâce à des aides publiques au développement qui ont singulièrement manqué d’efficacité. Dans ce contexte, il est plus que jamais nécessaire pour les pays membres de l’OCI et plus largement pour les pays du Sud de renforcer leur coopération économique, d’investir plus en zone OCI et de multiplier les partenariats dans les domaines stratégiques tels que l’énergie, les infrastructures, la sécurité alimentaire ou encore le financement du secteur privé. Je sais que de nombreux efforts dans ce sens sont entrepris par notre Organisation qui encourage activement nos pays à mutualiser les efforts et à explorer davantage nos complémentarités. Mais il demeure néanmoins que cela reste en deçà des potentiels énormes que recèle notre communauté. Pour parler de l’expérience Djiboutienne en matière de coopération économique, mon pays a toujours eu à cœur de diversifier les partenaires et de pratiquer une politique d’ouverture pour faire face aux doubles défis du développement et de la mondialisation. C’est ainsi que nous avons fait le choix, très tôt, de tirer profit de nos nombreux avantages comparatifs parmi lesquels vient, en première position, notre situation géostratégique qui nous met au carrefour de trois continents, sur la deuxième route maritime la plus fréquentée du monde. Nous avons pu développer une plateforme logistique, financière et commerciale au service de acteurs économiques de la région et espérons bientôt multiplier les projets d’infrastructures pour accroître le volume des échanges. Cependant, pour que notre économie profite pleinement de ce potentiel, il nous faut arriver à surmonter les contraintes liées au coût de l’énergie qui demeure le principal obstacle socio-économique. Nous avons d’ores et déjà initiés des mesures concrètes dans ce sens,notamment avec la mise en service de l’interconnexion électrique avec nos voisins éthiopiens qui nous permettra d’acheter et de revendre le surplus d’énergie. Néanmoins, la principale source d’énergie renouvelable dont dispose notre pays est la géothermie sur laquelle nous comptons beaucoup et qui pourrait nous offrir des opportunités supplémentaires si l’on considère les possibilités de commercialisation du surplus de production à travers toute la région".

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