Au terme de son séjour à Djibouti, la délégation du FMI publie une déclaration sur sa mission
Par Isman O.
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03 juin 2011
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Source: ADI
Au terme de sa visite de travail à Djibouti où elle a séjourné du 22 mai au 1er juin, la délégation du FMI conduite par M. Carlo Sdralevitch a fait le point sur sa mission devant la presse nationale.
Une déclaration a été publiée à cet effet par la délégation du FMI qui, rappelons-le, était chargée de superviser la quatrième revue du programme de facilité élargie pour le crédit approuvée en septembre 2008 par le conseil administratif du Fonds monétaire international.
L’ADI vous reproduit ci-dessous l’intégralité de la déclaration rendue publique par la délégation du FMI.
"Une mission du FMI, dirigée par M. Carlo Sdralevich, s’est rendue à Djibouti du 22 Mai au 1er juin 2011 dans le cadre de la quatrième revue de l’accord appuyé par la Facilité Élargie de Crédit (FEC).
Les membres de la mission ont rencontré tour à tour le ministre de l’Economie et des Finances, M. Ilyas Moussa Dawaleh, le ministre de l’Agriculture M. Mohamed Awaleh, le ministre délégué au Budget, M. Amareh Ali, le ministre délégué chargé du Commerce, M. Abdi Elmi Achkir, Mme Zahra Youssouf Kayad, secrétaire d’État à la Solidarité nationale, le gouverneur de la Banque centrale de Djibouti, M. Djama M. Haïd et d’autres représentants de haut rang, ainsi que les partenaires au développement de Djibouti.
La mission exprime ses remerciements aux autorités djiboutiennes pour la qualité et la franchise des discussions, ainsi que pour la chaleureuse hospitalité qui lui a été réservée.
L’environnement macroéconomique est resté mitigé en 2010.
La croissance annuelle du PIB réel a fléchi, passant de 5% en 2009 à 3.5% en 2010 en raison notamment d’un ralentissement significatif des activités du port mais aussi de la faiblesse des investissements directs étrangers.
Ceux-ci avaient substantiellement augmenté des années précédentes, jusqu’à plus de 40 % du PIB en 2007, mais se sont contractés au cours de deux derniers exercices chutant à 9.5% en 2009 puis à 2.4% en 2010.
De même, l’inflation, qui s’est située à 1.7% en 2009, est passée à 4% en 2010 du fait du rebond des cours mondiaux des matières premières et des denrées alimentaires.
Le déficit du compte courant, quant à lui, s’est amélioré de façon significative, passant de 9.1% en 2009 à 4.8 % en 2010.
Les perspectives économiques de 2011 pour Djibouti sont plutôt meilleures par rapport à l'année dernière, en dépit de l’impact du renchérissement des prix des produits alimentaires et du pétrole.
Le PIB réel devrait augmenter pour atteindre un taux de croissance d’environ 4.8% en 2011, essentiellement grâce à la normalisation des activités portuaires et à la reprise des investissements directs étrangers.
Dans un contexte macroéconomique difficile, la République de Djibouti a maintenu la discipline budgétaire et le programme de réformes des finances publiques, du secteur financier et du domaine structurel afin de créer les conditions favorables à un soutien de la croissance et à la réduction de la pauvreté.
Le problème le plus important pour Djibouti reste la création d’emploi : la mission a discuté avec les membres du nouveau gouvernement et de l’administration sur les récentes initiatives lancées pour favoriser la création d’entreprises et l’insertion des jeunes, en particulier les diplômés, dans le secteur privé.
Le défi à court terme reste le maintien de la stabilité des prix et de la discipline budgétaire.
Le budget 2011 prévoit, grâce à un renforcement des recettes fiscales ainsi qu’un contrôle des dépenses, un solde prés de l’équilibre.
La République de Djibouti reste déterminée à réduire l’encours des arriérés intérieurs et à éviter leur accumulation par le renforcement du contrôle des dépenses.
Parallèlement, les autorités devraient renforcer la transparence et bonne gestion budgétaire surtout dans le domaine des subventions.
Les autorités entendent poursuivre leurs efforts pour renforcer la supervision bancaire et le développement du secteur financier, y compris l’accès aux services financiers.
Elles ont adopté, avec l’assistance technique du FMI, plusieurs projets de loi bancaire visant à renforcer le cadre réglementaire et la supervision ainsi qu’à améliorer les procédures d’agrément.
L’amélioration de la compétitivité de l’économie reste un objectif majeur du programme économique de Djibouti, dans l’optique de favoriser le développement du secteur privé et les investissements étrangers.
Dans ce cadre, la République de Djibouti s’est engagée à poursuivre les réformes structurelles, et, en particulier, des mesures pour réduire le coût de l’énergie dans le cadre d’une stratégie élaborée avec les bailleurs de fonds visant à augmenter l’offre d’eau en baissant son coût, restructurer les entreprises publiques et améliorer l’accès de la population aux services publics.
La mission a été heureuse de renforcer sa coopération avec les autorités pour aider Djibouti à atteindre ses objectifs de croissance soutenue et de réduction de la pauvreté."
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