"De la mère à l’océan (Tulle-Paris-Djibouti)", un roman signé Marie-Laure Moreau
Par Isman O.
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25 mai 2011
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Source: ADI
Le livre est poignant, son titre, un peu étonnant.
Marie-Laure Moreau, auteur d’un roman intitulé "De la mère à l’océan (Tulle-Paris-Djibouti)" qui vient de sortir, raconte sa vie d’enfant adoptive, donc sans repères, sans racines, sans identité.
Le vide serait total sans les hasards de la vie. Qui la feront tomber dans les mains d’une "mère" hors pair.
En proie à une terrible maladie, souffrant jour et nuit dans sa chair et dans sa vie de femme, cette dernière n’inspire qu’à une chose avant de rejoindre sa dernière demeure : le sourire d’un enfant.
Pour cela, elle entend forcer la main au destin à qui elle en veut avant tout de ne lui avoir pas donné ce privilège.
Après une série de démarches délicates qui, tout compte fait, rappellent le parcours du combattant, elle peut s’offrir enfin le luxe d’adopter non pas un mais deux enfants : Jean-Luc et Marie-Laure.
En eux, elle puise désormais toute la force et toute l’énergie nécessaires pour endurer son calvaire.
Pour eux, elle consent à toutes les épreuves, tous les sacrifices.
Par eux, elle est soudain propulsée "au pays des merveilles", au royaume des rêves et de tous les espoirs.
A travers eux, elle s’emploie à esquisser un itinéraire nouveau et des horizons vierges à partir desquels sa vie pourrait dorénavant se déployer. Mieux, elle nourrit l’envie de prendre sa revanche aux aléas de l’existence.
C’est peu dire qu’elle n’est plus la même sans pour autant devenir une autre.
Plus tard, quand Marie-Laure, en butte à des obstacles non moins redoutables, gagnera le bout du tunnel avec beaucoup de courage et de détermination, c’est à son fils Julien qu’elle choisit de raconter son étonnant parcours.
Mais où est donc le lien avec Djibouti par rapport à tout cela? Laissons parler la romancière : "C’est à Djibouti, Corne de l’Afrique, que j’ai choisi de réapprendre à vivre, de tourner définitivement la page sur ma vie d’avant. Je connais Djibouti depuis novembre 1999, ce pays m’a immédiatement conquise, j’y ai passé beaucoup de vacances magnifiques."
Et d'ajouter : "J’éprouve un attachement particulier pour Djibouti et ses habitants, ses fonds marins ont envoûté la plongeuse que je suis dès la première immersion, je n’y ai que de souvenirs heureux, c’était donc une évidence pour moi que d’y entamer ma deuxième vie."
En dépit des imperfections stylistiques et des coquilles qui émaillent ça et là ses pages, l’œuvre de Marie-Laure Moreau est aussi audacieuse que délicieuse.
Une précieuse chaleur humaine baigne son roman où se côtoient la mort et la vie, l’ombre et la lumière, la souffrance et l’espoir.
Passé et présent se mêlent, rêve et réalité s’entremêlent dans un ultime élan poétique et chargé de nostalgie, concourant ensemble à une terrible lutte. Celle d’une femme qui aspire maintenant à cracher sa bile, à vider son cœur une fois pour toutes. Celle d’une femme qui entend tourner la page en se tournant résolument vers l’avenir.
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