L’été s’installe
Par Isman O.
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30 avril 2011
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Source: ADI
L’été s’installe. Lentement mais sûrement. Dans les mabrazes où l’on ne finit pas de voyager au rythme du mirghan comme dans les bus faisant la navette le long de la route d’Arta, on suffoque ces jours-ci de chaleur, surtout à midi, à l’heure où l’astre solaire, au zénith, se manifeste le plus au dessus de nos têtes.
Ses dards, tellement ardents, sont "aussi tranchants que tesson de bouteille" pour paraphraser l’écrivain djiboutien Abdourahman A. Wabéri.
Même quand on n’en est pas directement exposé, on n’en est pas moins à l’abri. Des perles de sueur montent au visage. Les chemises sont aussitôt trempées.
Allez faire un tour du côté de la place Harbi en fin de matinée si le cœur vous en dit, et vous saurez de quoi l’on parle !
C’est l’été djiboutien en gestation. En ce mois d’avril finissant, il traverse déjà ses premiers instants de gloire et d’ardeur.
Comme à l’accoutumée, il envoie un signal fort pour se rappeler à nous, pour attirer l’attention sur son avènement.
A l’intérieur des habitations, dans les quartiers populaires, le ventilateur ne soulage plus autant contre le manque de fraîcheur. Ce qui ne signifie point qu’il ne tourne plus assez.
Le problème, si problème il y a, est qu’il a désormais affaire à une situation délicate due à la métamorphose des saisons : l’air devenu sec et torride. Des conditions qui, il est vrai, invitent peu à la sieste.
Le calvaire est davantage ressenti par tous ceux qui ne peuvent s’offrir le luxe de s’acheter un climatiseur.
Les premiers furoncles poussent sur les corps. Les langues se dessèchent plus rapidement.
Quand on n’a pas de réfrigérateur, la vieille jarre enveloppée d’étoffe ou de sacs de sucre usés fait l’affaire.
Il suffit de garder constamment mouillée cette curieuse couverture tout autour de sa jarre, placée de préférence à une certaine hauteur dans le but de mieux l’exposer au courant d’air, pour y puiser de l’eau tiède.
Les plus intentionnées des mères s’évertuent même à l’imprégner d’une odeur plutôt alléchante. Pour ce faire, elles parfument de temps à autre l’intérieur du récipient.
Une fumée d’encens qui pénètre la pièce faite d’argile, s’y conserve des jours durant et influe sur le contenu.
Un vrai plaisir que celui de boire de cette eau-là , de respirer pleinement la douceur d’un parfum naturel tout en étanchant sa soif.
Soulignons au passage que, par le temps qui court, ce genre de bricolage appartient dorénavant à une époque révolue.
Il y a lieu de préciser également que cette technique rudimentaire est dérivée d’un mode de vie en voie d’extinction parce que condamné à s’effacer jour après jour devant la marche effrénée de la modernité et de son cortège de bouleversements.
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