Discours du Chef de l’Etat à l’occasion de la réception accordée aux principaux responsables des établissements bancaires à Djibouti
Par MAAS
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01 avril 2011
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Source: ADI
Lors de sa rencontre aujourd’hui vendredi avec les principaux responsables des établissements bancaires implantés à Djibouti, le Président de la République, M. Ismaïl Omar Guelleh, a prononcé une importante allocution dans laquelle il a mis l’accent sur la nette amélioration enregistrée au cours de ces dernières années dans le secteur bancaire et financier.
L’ADI vous reproduit ci-dessus in extenso le discours du Chef de l’Etat, M. Ismaïl Omar Guelleh.
"Monsieur le Président de l’Association Professionnelle des Banques,
Mesdames et Messieurs,
Je souhaiterais tout d’abord vous remercier pour votre invitation qui est pour moi l’occasion d’aborder un sujet majeur qui est le développement de notre secteur financier et bancaire.
Comme vous le savez, la croissance de l’économie Djiboutienne s’est substantiellement accélérée ces dernières années et la stabilité macroéconomique a été préservée malgré des chocs extérieurs négatifs. Le taux de croissance du PIB est passé de 2,4% sur la période 2001-2005 à 4,8% sur la période 2006-2010.
Ce dynamisme reflète l’émergence de Djibouti comme hub logistique régional avec un fort développement des activités portuaires, de la construction et du tourisme qui s’est accompagné d’un afflux important d’investissements directs étrangers (IDE). Entre 2006 et 2010, le montant cumulé des IDE s’est élevé à 786 millions USD, contre seulement 12 millions USD entre 2001 et 2005.
Il nous faut maintenant redoubler nos efforts afin d’améliorer l’allocation des ressources dont nous disposons pour l’investissement, mais afin également de redynamiser la consommation et augmenter l’épargne.
Pour cela, le rôle d’intermédiation des marchés financiers et plus particulièrement celui des banques est crucial.
Mesdames et Messieurs,
De nombreux efforts ont été consentis au cours des 5 dernières années afin de restructurer le secteur financier qui a enregistré un développement rapide depuis 2006 avec l’arrivée de neuf nouvelles banques.
Le montant des crédits au secteur privé a fortement progressé, passant de 20% du PIB en 2005 à 30% du PIB en 2010. Le total des dépôts bancaires a augmenté substantiellement de 90 milliards FDJ à 182 milliards FDJ entre 2005 et 2010. L’accès aux services financiers s’est élargi, la part de la population adulte bancarisée passant de 5% en 2007 à 10% en 2010.
Du point de vue de la règlementation, un renforcement des capacités de supervision bancaire de la Banque Centrale de Djibouti a été initié depuis 2009, avec l’assistance technique du FMI, pour accompagner les évolutions rapides du secteur et surveiller les risques émergents.
Une refonte complète des textes réglementaires a également été opérée par les autorités Djiboutiennes pour moderniser le secteur financier et répondre aux nouvelles exigences internationales en termes de ratios prudentiels et de gestion des risques bancaires.
Une attention particulière a été accordée par les pouvoirs publics au développement de la finance islamique et de la micro finance pour répondre aux besoins spécifiques de la clientèle Djiboutienne et pallier aux insuffisances des financements notamment au profit des PME/PMI et des couches les plus vulnérables de la population.
Les institutions financières spécialisées comme le Fonds de Développement de Djibouti (FDED) complètent le dispositif financier grâce à la mise en place de mécanismes appropriés pour le financement des PME/PMI et des jeunes entrepreneurs. Avec la dotation sur les ressources de l’Etat d’un Fonds de garantie, le FDED a récemment attribué les premiers Crédits jeunes entrepreneurs pour un montant total de 27 millions FDJ.
Cependant, nous sommes conscients que l’un des principaux obstacles au bon fonctionnement du système financier demeure la faiblesse du cadre institutionnel et plus particulièrement du système juridique en matière de contentieux et d’exécution des contrats.
Comme je viens de le dire nous avons mis en place une règlementation efficace et nous avons améliorés les dispositifs de supervision avec notamment la modernisation de la centrale des risques de la Banque Centrale.
Nous nous sommes également attachés à combler l’écart entre le secteur financier informel et formel en mettant en place une règlementation particulière pour les institutions de microfinance.
Nous allons maintenant nous attacher à faire respecter cette règlementation dans les meilleurs délais afin de permettre une réduction du coût du crédit et encourager les banques à offrir leurs services aux plus grand nombre de nos concitoyens.
De leur coté les banques de la place devraient contribuer davantage à la stabilité et la solidité du secteur financier en renforçant leur dispositif de contrôle interne, en adoptant les meilleures pratiques en matière de gestion et en renforçant les capacités opérationnelles de leurs ressources humaines.
Enfin, je voudrais voir les banques de Djibouti redoubler leur efforts afin d’améliorer le taux de bancarisation et l’accessibilité des services financiers (par exemple des frais limités, des taux d’intérêts plus favorables, une durée des prêts plus longue, pas de dépôt minimal) et accroître la densité du réseau bancaire de Djibouti.
Je souhaiterais également voir se développer des instruments d’épargne et de crédits innovants qui répondent aux besoins locaux mais aussi et surtout une gamme de produits financiers destinés aux PME/PMI et aux jeunes diplômés porteurs de nouveaux projets tant à Djibouti-ville que dans nos régions.
Je vous remercie de votre attention"
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