Promotion de la femme : Femmes et fières de l’être

Par I.O.H | 17 mars 2011
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Promotion de la femme : Femmes et fières de l’être

Source: ADI

"Les hommes ont toujours colmaté les orifices féminins : bouche et sexe cousus." Cette petite formule poétique empruntée à l’écrivain djiboutien Abdourahman A. Wabéri est très significative. Elle rappelle en effet ce que fut autrefois la réalité de la gent féminine sous les cieux de la République de Djibouti et de la sous-région en général. Mutilations génitales,violence conjugale, précarité, ignorance, exclusion des sphères de décisions, voilà autant de difficultés qui ont longtemps pesé en permanence sur le quotidien des femmes. Cloîtrées chez elles, condamnées aux travaux de ménage, utilisées comme simples "objets de désir", ces femmes à la peau couleur ébène n’auront pourtant pas démérité. Au contraire, elles aspirent plus que jamais à la liberté (de disposer de leur corps), à l’indépendance (d’esprit), à l’égalité (de genres), à la dignité (celle d’être considérées pour ce qu’elles sont)… bref, au bien-être. Mieux : elles refusent de baisser les bras devant la fatalité et retroussent les manches afin de parvenir à une nette amélioration de leurs conditions de vie. A l’image d’Anab, héroïne du premier roman de Wabéri, elles se rebellent et "se cabrent", n’acceptant plus de courber l’échine devant "un destin amer comme chicotin" conçu et imaginé pour elles par des hommes imbus de leur supériorité et sûrs de leur domination dans tous les domaines de la vie. A l’image de Loula, qui s’exprime sans langue de bois dans les pages d’un autre roman que l’on doit également à un jeune auteur djiboutien, elles font désormais bloc aux mille et une injustices qui continuent de prospérer au nom d’une tradition ancestrale empreinte d’obscurantisme et de mépris profond à l’égard du sexe faible. S’il convient de saluer au passage le courage de toutes ces femmes qui luttent pour un avenir meilleur, il ne serait point erroné d’affirmer que leurs inlassables efforts sont d’ores et déjà couronnés de succès. Palpables, louables et indéniables, les résultats sont aujourd’hui visibles de près ou de loin. En témoigne la politique de revalorisation du statut de la femme prônée ces dix dernières années par le gouvernement djiboutien qui, dans sa stratégie de développement durable, a érigé au rang de priorité la question de la gent féminine. Sur le terrain, cela s’est traduit notamment par la création en 1999 d’un département ministériel chargé de la promotion de la femme ainsi que le bien-être familial et dirigé actuellement par Mme Nimo Boulhan Houssein, l’attribution d’un quota (10%) concernant les 65 sièges que compte l’Assemblée nationale et l’entrée de plusieurs femmes dans cette instance législative. A cela s’ajoutent l’interdiction formelle de la pratique des mutilations génitales ainsi que de vastes campagnes d’alphabétisation et de sensibilisation sur la violence faite aux femmes ou sur l’équité et l’égalité des chances en milieu scolaire. Ce qui revient à affirmer que, conformément à l’action gouvernementale et des engagements contractés ici et là auprès des organisations internationales par le biais de conventions et de protocoles d’accord, les conditions de vie des femmes se sont nettement améliorées sans pour autant qu’un succès total soit remporté sur tous les fronts pour produire tous les résultats escomptés. En d’autres termes, le chemin qui reste à parcourir est encore long et parsemé d’embûches. Autant dire que les défis à relever sont très importants afin de parvenir à l’épanouissement total des femmes à Djibouti. Malgré cela, la machine féminine est aujourd’hui plus que jamais lancée, ne comptant que sur ses propres moyens, confiante en elle-même, sûre de sa force mécanique et déterminée d’aller jusqu’au bout.

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