L'art et la manière
Par Isman O.
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09 mars 2011
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Source: ADI
C’est l’histoire d’un grand dessinateur qui n’aura cessé d’œuvrer dans l’ombre avec beaucoup de modestie et de simplicité.
Ses coups de maître sont, d’ailleurs, à l’image de ses talents immenses et insoupçonnés.
La quarantaine robuste, la voix calme et posée, Abdourahman Doualeh Warsama est une étoile qui monte. En milieu d’affaires, on appelle ça un nom qui compte, avec une pointe de fierté.
Instituteur de formation, mathématicien par vocation, dessinateur passionné dès sa tendre enfance, ce jeune homme excelle dans l’art d’extraire les couleurs les plus sécrètes sur le visage brouillon de la nature en faisant combiner les éléments les plus hétéroclites.
Fragments de pierrailles noirâtres, perles de collier, grains de chapelet ou mèches de paille, il se sert de tout dans ses travaux.
"A condition de donner à chaque objet une dimension autre que la sienne. C’est un travail de cœur et d’esprit. Il y a un certain nombre de critères à respecter. Primo : il faut savoir se montrer patient, très patient. La technique vient après", prévient-il.
Au départ, un cliché suffit pour donner libre cours à son imagination féconde de poète très talentueux.
A l’arrivée, chacun de ses tableaux forme à lui seul un vaste panorama où se côtoient le sublime et le pittoresque sans jamais se confondre, se renvoyant constamment d’étranges sonorités.
Soucieux de la portée du message formulé à travers ses dessins sobres et particulièrement généreux, et surtout de la transmission de son savoir-faire aux jeunes générations, Abdourahman Doualeh a érigé un atelier dans l’enceinte de la modeste école privée qu’il a créée dans son quartier (Ambouli) où ses élèves bénéficient, en dehors des heures de cours, d’une initiation en matière de dessin.
Pour tous, la formation est gratuite, du début jusqu’à la fin. "Je ne dessine pas pour l’argent. Je le fais parce que je dois le faire. C’est tout", a-t-il martelé.
Désir d’affirmation de soi ou ultimes tentatives de libération ? Et de répliquer : "Vous pouvez appeler ça comme vous voulez, mais moi tout ce que je sais, c’est qu’il y a un aiguillon qui pousse tout artiste à exercer son art".
Plus que jamais déterminé, cet admirateur des fresques de Djama Elmi God, sur lesquelles il porte encore et toujours un regard tout aussi chargé de tendresse que de respect, ne pense pas s’arrêter en si bon chemin.
Mieux : il entend organiser prochainement une exposition. "C’est difficile par le temps qui court", a-t-il avoué au passage.
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