Allocution du Chef de l’Etat à l’occasion de la journée internationale de la Femme
Par Arteh
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08 mars 2011
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Source: ADI
Dans le cadre de la célébration du 100ème anniversaire de la journée internationale de la femme, au siège de l’Union nationale des femmes djiboutienne (UNFD), le Président Ismail Omar Guelleh a axé son intervention sur le rôle et l’implication de la femme dans la vie économique du pays.
Selon le chef de l’Etat, "la participation de la femme djiboutienne au développement économique et social de notre pays s’élargit d’année en année".
"Depuis plus d’une décennie, notre pays est engagé dans la voie du développement durable", a souligné le Président de la République, avant d’ajouter que "ce développement passe, entre autres, par l’intégration effective, efficace et responsable de la femme djiboutienne dans le processus de croissance".
Le numéro un djiboutien s’est dit par ailleurs convaincu que "le renforcement du pouvoir économique des femmes constitue l’un des éléments clefs qui favorise l’amélioration des conditions de vie de la femme, de sa famille, de la société et de la nation toute entière".
Lire ci-après l’intégralité du discours prononcé ce mardi par le chef de l’Etat à l’occasion de cette journée dédiée à la femme :
" Mesdames et Messieurs,
Comme chaque année, c’est pour moi un plaisir immense de commémorer avec l’ensemble de nos sœurs Djiboutiennes cette tradition, qui fête aujourd’hui son centenaire, et qui consacre, de part le monde, l’apport précieux de celles qui constituent la moitié de l’humanité.
J’ai d’autant plus plaisir à le faire que cette année consacre un esprit qui m’est cher, l’esprit d’entreprendre, qui réuni à la fois le génie créatif au sens de l’initiative : deux qualités indispensables pour pouvoir produire, créer et s’accomplir.
Comme chacun le sait, l’Etat continue à déployer tous ses efforts pour la dynamisation du rôle de la femme dans l'édification d’une Djibouti toujours meilleure qui donne sa juste place et sa pleine valeur à chacun de ses concitoyens. Notre souci est, maintenant, de parachever le projet d'édification basé sur le développement humain durable dont les droits de la femme comptent parmi les fondements constants.
A mon sens, intégrer les questions de la femme au sein de ce processus est l'un des signes premiers attestant du degré de conscience de la société quant à la justesse de la démarche et à la nécessité d'une participation collective dans la définition des repères de celle-ci et la réalisation de ses objectifs dont le premier demeure le développement durable.
Mesdames et Messieurs,
Depuis plus d’une décennie, notre pays est engagé dans la voie du développement durable. Ce développement passe, entre autres, par l’intégration effective, efficace et responsable de la femme djiboutienne dans le processus de croissance. Le renforcement du pouvoir économique des femmes constitue l’un des éléments clefs qui favorise l’amélioration des conditions de vie de la femme, de sa famille, de la société et de la nation toute entière.
Car, qui, plus et mieux que les femmes, s’inscrit journellement, comme elles le font, dans la lutte contre la pauvreté ? Qui, plus et mieux qu’elles, sait ce que sont les besoins essentiels, les conditions d’une vie décente pour leurs enfants, leur famille, leur communauté ? Qui, plus que les femmes, se bat chaque jour pour s’assurer les ressources nécessaires à l’alimentation, l’éducation, la santé, de ceux dont elles se sentent de fait responsables, même quand ce statut ne leur est pas formellement reconnu.
Les responsabilités sociales de la femme, l’environnement difficile auquel elle est confrontée, lui forgent déjà un profil d’entrepreneur; la volonté de passer d’une logique de survie à celle d’un véritable développement la pousse plus loin, à devenir véritablement chef d’entreprise.
Les nombreuses femmes entrepreneurs présentes ici, prouvent que l’entreprenariat féminin est une réalité vivante dans notre pays et constitue, de ce fait, un vivier de croissance pour notre économie.
Aussi, aujourd’hui, la question n’est pas tant de susciter sa création mais plutôt comment lui donner les moyens de s’épanouir, de se consolider, de se développer, dans un contexte qui lui soit plus favorable ? Comment donner aux femmes entrepreneurs les meilleurs atouts pour réussir dans ce qui doit rester leur entreprise, fruit de leur propre initiative ? Comment faire progresser leur nombre ?
Toutes ces questions doivent naturellement trouver leurs réponses dans une politique véritablement offensive pour développer l’entreprenariat féminin.
Il est urgent de le faire car encourager l’entreprenariat demeure, de loin, la seule solution possible et pérenne pour lutter efficacement contre le chômage qui affecte, par ailleurs, davantage les filles que les garçons.
Mesdames et Messieurs,
En matière d’insertion professionnelle, si nous prenons les chiffres de l’année dernière, les femmes ne représentaient plus que 24,5 % des entrants. Cela démontre, une fois de plus, combien le marché du travail offre peu d’opportunité aux femmes, contrairement au monde entreprenarial qui, lui, n’a pas fini de révéler toutes ses potentialités.
Je tiens, donc, à diligenter une étude afin de dresser un état des lieux précis de l'entreprenariat féminin pour mieux en cerner les potentialités. Nous allons, dans un cadre plus global de soutien aux Petites et Moyennes entreprises, poursuive nos efforts pour la création et l’amélioration d’un environnement institutionnel et légal incitatif et facilitant l’entrée en affaires et la création d’entreprises par le plus grand nombre possible de d’hommes et femmes, dans tous les secteurs d’activités économiques, tant en milieu rural que dans les zones urbaines.
Nous allons réfléchir à la mise en place de passerelles pour que nos sœurs travaillant dans le secteur informel puissent, de manière progressive, passer au secteur formel qui reste un gage de sécurité et de protection sociale.
Pour cela, nous pensons mettre en place, très rapidement, des formations à l’entreprenariat spécifiques aux femmes. Mais également mobiliser des réseaux d’accompagnement visant à renforcer les capacités entreprenariales et managériales des femmes d’affaires et leurs réseaux. Evidemment, tout cela devra se faire dans la plus grande synergie d’action.
Mesdames et Messieurs,
La participation de la femme Djiboutienne au développement économique et social de notre pays s’élargit d’année en année. C’est l’annonce d’une modification en profondeur des assises mêmes de notre société.
Cette évolution nous concerne tous et chacun de nous peut y apporter sa contribution. Cependant, elle doit se développer dans le respect de l’unité et de la solidité de la société tout entière. C’est l’image du Djibouti de demain qui est en train de se préciser sous nos yeux et qui, mieux que la femme Djiboutienne, peut lui apporter la grâce et l’harmonie que nous lui souhaitons pour le bonheur de nos générations à venir.
Je vous remercie."
FIN DE DISCOURS
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