Littérature : "L'enfant de corne", un roman signé du Djiboutien Houssein Barkat Toukaleh

Par Isman O. | 25 février 2011
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Littérature : "L'enfant de corne", un roman signé du Djiboutien Houssein Barkat Toukaleh

Source: ADI

Paru aux éditions Edilivre, "L’enfant de corne" est un roman sur la guerre et ses conséquences désastreuses sur les populations civiles. L’auteur, Djiboutien installé en Belgique, est très peu connu du grand public, en particulier ici à Djibouti. Son nom : Houssein Barkat Toukaleh. Dans les pages de son roman aussi audacieux que délicieux, l’écrivain djiboutien s’ingénie à décrire dans un style simple les conséquences terribles de la guerre dans un pays dont le sort, d’ailleurs peu enviable, rappelle à bien d’égards l’effusion de sang et les déchirements fratricides qui n’en finissent pas de perdurer sous les cieux de la malheureuse Somalie. Le narrateur, un enfant dont le destin tragique se confond parfois avec celui de la terre natale profondément éprouvée, subjugue par ses témoignages on ne peut plus émouvants. Pour ce faire, il puise dans son répertoire de souvenirs très douloureux pour mieux éclairer une face parfois cachée, parfois oubliée de la guerre. Cet univers-là n’est pas seulement mystérieux, il est des plus horribles aussi : c’est celui des enfants-soldats. "L’enfant de corne", lui, le résume à sa manière. Voici ce qu’il déclare en substance : "Je prenais quelque fois un kalachnikov et je montais dans une voiture de rebelles. Tout le monde se voyait satisfait dans ce domaine. Les garçons n’avaient rien à faire, tous voulaient tenter l’aventure. Pourquoi ? Simplement, on n’allait ni à l’école et on n’avait pas des endroits ou des places pour jouer ou s’amuser. On voulait échapper à l’oisiveté. Partout, il y avait cette balle perdue, personne ne se consternait." Outre son étrange parcours, le personnage de Houssein Barkat Toukaleh surprend également par la force de son intelligence, et surtout par la saveur de ses formules ô combien lucides. La pertinence de ses observations se traduit en effet par des conclusions amères comme celle-ci : "Si la force n’a pas pu instaurer la paix, alors on fait recours à la sagesse. Chez moi, tous les deux s’envolaient dans l’air, se cachaient dans la nuit nocturne, se jetaient dans des puits profonds".

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