Deux morts à la suite des affrontements de vendredi soir

Par Arteh | 19 février 2011
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Deux morts à la suite des affrontements de vendredi soir

Source: ADI

Deux personnes, dont un policier, ont trouvé la mort suite à la manifestation organisée vendredi par l’opposition qui a été accusée par le ministre de l’Intérieur d’avoir tenté de fomenter un ‘’mouvement insurrectionnel’’. Dans une conférence de presse tenue alors que la situation est redevenue normale, le ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation Yacin Elmi Bouh a indiqué qu’un policier a trouvé la mort suite aux violents accrochages qui ont opposé les forces de l’ordre et à des groupes surexcités de manifestants qui ont saccagé, détruit, pillé et brûlé de nombreux biens. Selon lui, la seconde victime est un manifestant qui a été heurté par un véhicule de police. Neuf autres policiers ont également été blessés dont un se trouve dans un état critique. Ces derniers ont reçu samedi la visite du président Ismaïl Omar Guelleh qui s’est rendu à leur chevet à l’hôpital Peltier. Le ministre de l’Intérieur a accusé les partis de l’opposition d’avoir tenté de fomenter ‘’un mouvement insurrectionnel’’. Une commission d’enquête judiciaire habilitée à déterminer les responsabilités au niveau politique a été mise en place. Une autre chargée d’évaluer les dégâts causés a été également constituée. Cette dernière sera présidée par le Premier Ministre Dileita Mohamed Dileita. Les affrontements entre policiers et groupes de manifestants ont eu lieu peu après 18h30 à la fin d’un meeting politique de l’opposition où des jeunes gens ont s’en sont pris par de jets de pierres et des bouteilles incendiaires aux véhicules circulant sur une artère principale de la capitale. Ils ont brûlé deux pick-up et deux camions. Des véhicules de transport éthiopiens ont été également saccagés. Les manifestants ont aussi détruit ou pillé ; le siège de l’Union Nationale des Femmes Djiboutiennes (UNFD), une annexe du parti au pouvoir le Rassemblement Populaire pour le Progrès (RPP), des postes de police de la banlieue de Balbala, ainsi que quelques boutiques. Des groupes de casseurs très mobiles et déterminés à semer le chaos ont tenté de converger vers le centre commercial de la capitale Djibouti-ville. La police qui a poursuivi les manifestants et utilisé des gaz lacrymogène a procédé à une quarantaine d’arrestations a indiqué le ministre de l’Intérieur qui a souligné que la situation est redevenue calme samedi. On dénombre parmi ces arrestations, des personnes en situation irrégulière qui voulaient profiter de l’agitation du moment. Djibouti accueille des milliers de ressortissants somaliens et éthiopiens venus dans le pays en tant que refugiés, mendiants, déplacés économiques ou immigrés clandestins tentant de rejoindre les pays du Golfe via le Yémen. La manifestation qui se voulait au départ pacifique a tourné vendredi soir en heurts violents entre forces de l’ordre et groupes de jeunes protestataires. Le rassemblement politique a été lancé à l’appel de l’Union pour l’Alternance Démocratique (UAD) et l’Union des Mouvements Démocratiques deux coalitions qui regroupent au total cinq mouvements ou partis politiques de l’opposition qui récuse le pouvoir légitime en place et réclame le report de l’élection prévue le 8 avril prochain. La tension est tombée et la situation est redevenue calme samedi.

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