Reportage : Vague de froid à Ali-Sabieh

Par Isman.O | 11 janvier 2011
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Reportage : Vague de froid à Ali-Sabieh

Source: ADI

En ces premiers jours de la nouvelle année 2011, le froid fait parler de lui à Ali-Sabieh et sa région. A la fraîcheur de la journée, succède l’humidité glaciale de la nuit. Difficile de mettre de s’aventurer hors de sa maison. Il fait un temps à ne pas mettre un chien dehors. On grelotte. On craque des dents, les deux bras en forme de croix sur la poitrine. On s’enveloppe dans une large couverture, ne laissant percer que les yeux. Pour le visiteur non averti, circuler dans de telles circonstances relève quasiment de l’impossible. Pour certains habitants du chef-lieu assojog, cette vague de froid est tout simplement sans précédent. Pour d’autres, surtout les anciens qui préfèrent relativiser, Ali-Sabieh en a déjà vu pire par le passé. Et puis, ce n’est pas ici le coin où il fait le plus froid dans le district. Si le cœur vous en dit, allez faire un saut du côté de la localité d’Assamo, et vous verrez de quoi l’on parle. Là-bas, parait-il, à cette période de l’année, la température descend tellement bas que tout vous glace le sang. Les souffles d’air comme l’eau puisée au puit. "Même les chiens se taisent, eux qui sont d’ordinaire si bruyants le soir", ironise un homme en uniforme qui affirme avoir passé tout récemment une semaine dans ce village où, dit-il, il vient de rendre visite à son père malade, extrêmement fragilisé déjà par le poids de l’âge. Quelle que soit l’intensité du froid, la situation reste (pour l’instant en tout cas) nettement meilleure quand on sait qu’il y a quelques années encore, le phénomène avait bouleversé la vie de certains éleveurs de la région dont les bêtes, déjà affaiblies sous les effets dévastateurs de la sécheresse, disparaissaient du fait du climat qui sonnait comme soudain un sérieux danger. Une souffrance de plus pour les pauvres populations qui ne savaient plus à quel saint se vouer. Dans la ville d’Ali-Sabieh, le froid ne se montre pas aussi compromettant. Heureusement. Ses conséquences sont plutôt insignifiantes comparées à ces ravages en milieu urbain. En tête des maux plus ou moins ressentis (par les habitants) qu’on lui impute, figure la recrudescence des moustiques. Il en est ainsi de la prolifération de certaines pathologies comme la grippe, le paludisme, la diarrhée et la bronchite. Loin d’impliquer seulement le quotidien des populations des districts de l’intérieur, c’est là un souci habituellement partagé par tous en saison fraîche, y compris les Djiboutois. Résultat : à Balbala comme à Ali-Sabieh, les moustiquaires font leur apparition dès la nuit tombée. Insecticides, feux de bois et autres produits de tout genre sont appelés à la rescousse. Cela va de quelques petits comprimés achetés à la boutique et jetés directement sur une braise de charbon à l’insecticide électrique branché dans sa chambre en passant par le recours au génie pharmaceutique (s’il en est un) moyennant une curieuse opération qui consiste à enduire son corps avec un produit aussi semblable qu’une pommade. C’est dire que chacun se protège contre les piqûres incessantes du mieux qu’il peut. Tous les moyens sont bons, pourvus de dormir à l’abri du chant macabre des moustiques Certains esprits s’ingénient à inventer de techniques nouvelles, c’est-à-dire méconnues jusqu’à présent par la masse. C’est le cas de Moussa Daheiyeh, 46 ans, habitant dans la banlieue de Balbala depuis le soleil de l’indépendance. Il déclare avoir réussi à mettre fin au long règne des moustiques sous son toit. Comment ? En jetant quelques pincées de sel dans la profondeur de son WC, sorte de fosse sceptique à ciel ouvert. On veut bien le croire, n’empêche que les moustiques n’en finissent pas de perturber le sommeil chez ses voisins. Pourtant, ils ont bien consenti à essayer ce que Moussa Daheiyeh agite ces jours-ci comme un ultime remède, répétant sans cesse à qui veut l’entendre. En vain. Preuve que le combat contre les moustiques ne se fera pas en un jour.

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