Les Forces et les faiblesses Programme National de Développement de la Santé (PNDS 2008-2012)

Par Arteh | 08 janvier 2011
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Les Forces et les faiblesses Programme National de Développement de la Santé (PNDS 2008-2012)

Source: ADI

A mi-évaluation du parcours du programme national de développement de la santé, les réalisations de ses maîtres d’œuvre sont plus que jamais encourageantes. Pour donner plus de visibilité aux initiatives dans ce sens du Ministère de la Santé, une analyse sur les forces et les faiblesses du PNDS s’imposait, chiffres et arguments à l’appui. Depuis la mise en œuvre du PNDS en 2008, le ministère de la Santé n’a pas ménagé ses efforts pour atteindre les objectifs qu’il s’est fixé. Citons, entre autres, la réforme intégrale de ce ministère, l’acquisition de nouveaux matériels répondant aux besoins sanitaires, l’installation des postes de santé dans les régions de l’intérieur, le recrutement des personnels….etc. La liste est longue. Il ne fait aucun doute que le ministère de la Santé a connu une véritable métamorphose à tous les niveaux et ce, dans les différents domaines. Toutefois, force est de reconnaître que le ministère de la Santé , malgré les réalisations enregistrées jusqu’à ce jour, a du chemin à faire. Forces. En effet, un tiers de nouveaux ouvrages conçus aussi bien dans la capitale que dans les régions de l’intérieur ont permis aux différents centres de santé de répondre aux besoins sanitaires des populations ciblées. Les équipements sanitaires, notamment pour les laboratoires et l’imagerie médicale, ont été acquis et les capacités de gestion, de régulation et de contrôle du système de santé se sont renforcées conformément aux attentes escomptées. Les capacités des directions centrales telles que la DEPCI et l’IGSS ont depuis été améliorées. Les capacités d’aide au diagnostic des structures de soins ont été modernisées à tous les niveaux avec l’acquisition d’un certain nombre de scanners, la construction et l’équipement de nouveaux laboratoires, tant à l’hôpital Général Peltier qu’à l’hôpital de Balbala. La rénovation et l’équipement des laboratoires des centres médicaux hospitaliers (CMH) des régions a également été de mise au cours de ces dernières années. Par ailleurs, les Centre de Diagnostique et de traitement de la Tuberculose (CTDO et CDT) ont été multipliés par 3, passant de 16 à 2007 à 36 en 2010. Les programmes prioritaires sanitaires comme la TB , le VIH/SIDA, la PCIME et le PTPE se sont aussi accrus considérablement. Ainsi, le programme de tuberculose a doublé ses centres de prise en charge. La Prise en Charge Intégrée des Maladies de l'Enfant (PCIME) couvre pratiquement l’ensemble du territoire, alors que le volet communautaire de ce programme est à ses débuts dans deux régions de l’intérieur sur les cinq. En terme de résultats, selon le rapports 2009 de la direction Santé Mère Enfant (DSME), sur les 13 575 femmes ayant bénéficié d’une première consultation prénatale, 10 682 d’entre-elles (soit 79%) ont été conseillées et 9371 (88%) autres ont accepté de se faire tester. Parmi ces dernières, 6684 femmes (soit 71% des effectifs) sont venues récupérer leur résultat. Rien que pour l’année 2009, 133 femmes ont été déclarées séropositives, ce qui représenté 1.4% de séro-prévévalence dans ce groupe. Ces acquis en termes de renforcement des plateaux techniques dans les différents centres de santé du pays ont permis d’améliorer la plupart des indicateurs d’utilisation des services de soins. Le nombre d’enfants soignés par l’approche PCIME est passé de 53 345 en 2007 à 59894 en 2009. Le taux de couverture de la consultation prénatale (CPN) est passé quant à lui de 67.9% en 2007 à 56.25% en 2009. Faiblesses. Malgré ces résultats notables, le ministère de la Santé connaît toutefois des handicaps dans certains services. Selon le rapport de synthèse du mi-parcours du PNDS, la centrale d’Achat des Médicaments et du Matériel Essentiels (CAMME) fait face à des difficultés liées à la gestion et à l’organisation structurelle et de créances auprès du Trésor Public, son principal client. En effet, la CAMME ne dispose pas de spécialistes en produits pharmaceutiques. D’une manière générale, la gestion, le contrôle de qualité des produits pharmaceutique ainsi que le développement des activités de pharmacovigilance de même que la rationalisation de l’utilisation des produits pharmaceutiques reste à renforcer à tous les niveaux. Par ailleurs, en matière de gestion financière, le secrétariat exécutif chargé de la gestion de programmes Tuberculose, VIH/SIDA-IST et Paludisme a néanmoins connu des dysfonctionnements graves, notamment dans la gestion financière dont les aléas se répercutent incontestablement sur les performances de ces trois programmes nationaux prioritaires. En ce qui concerne la décentralisation sanitaire, il ressort que les différents textes juridiques nécessaires à la mise en place et au fonctionnement des structures déconcentrés ou décentralisées du ministère de la santé ne sont pas encore adoptés et mis en application, selon les prévisions du PNDS. Le découpage du pays en districts sanitaires tarde à devenir opérationnel à défaut de dotation en ressources nécessaires et de la mise en application des textes officiels régissant leur fonctionnement. L’autonomisation des hôpitaux stagne et pas un seul centre de soins ne dispose de projet de gestion hospitalière susceptible d’assurer leur développement à moyen et à long terme. Visiblement, en vue d’atteindre les objectifs de l’OMD, une indispensable corrélation doit s’opérer entre les ambitieux projets d’édification des infrastructures hospitalières et la disponibilité en ressources humaines qualifiées, ainsi que les capacités financières du ministère de la santé à recruter un personnel qualifié. Après deux années de mise en œuvre du PNDS, force est de reconnaître que les prévisions de recrutement en personnel reste en décalage avec les investissements en structures sanitaires. Cette réalité plaide en faveur d’une révision à la baisse des ambitions dans la réalisation de nouvelles infrastructures pour mettre l’accent sur le renforcement des ressources humaines. C’est pourquoi l’orientation du PNDS devrait s’orienter vers la réduction du nombre de nouvelles infrastructures prévues, en vue de mettre l’accent notamment sur la fonctionnalité de l’existant et le développement des approches communautaires et familiales afin d’accélérer l’atteinte des OMD.

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