Reportage : Pleins feux sur les embouteillages sur la route d'Arta

Par Isman O. | 03 janvier 2011
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Reportage : Pleins feux sur les embouteillages sur la route d'Arta

Source: ADI

Etrange spectacle que celui auquel donnent lieu les embouteillages sur la route d’Arta aux heures de pointe. Des ouvriers à pied d’œuvre. Un bulldozer tout occupé à creuser, plongeant par intermittence un énorme bras d’acier dans un gouffre béant de plusieurs mètres de profondeur. Juste à côté, presque à portée de main, une file interminable de voitures immobilisées sous les feux d’un astre solaire au zénith lançant implacablement ses "dards aussi tranchants que tesson de bouteille" sur la foule de passants et de passagers. Les nerfs explosent. Dans l’un de nombreux mimi bus faisant la queue, (vous savez, ceux-là que l’on appelle avec dédain "aay-balbala" ), une femme d’un certain âge n’en finit pas de crier à tue-tête. Elle déverse sa bile sur le "krouch boy", un détestable garnement d’une quinzaine d’années, qui est parti chercher sa botte de khat, condamnant chauffeur et clients à endurer les affres de midi. Quand celui-ci revient, essoufflé, elle implore la colère des cieux pour lui comme pour son mentor (le conducteur s’entend). Ses protestations, ajoutées aux vociférations des uns et des autres et aux klaxons sans fin qui fusent de partout, se confondent au boucan de tous les diables qui gronde sur les lieux. Tout cela, combiné avec la chaleur, la poussière et les suffocations, donne une sensation de nausée, un sentiment de malaise, de colère. Deux chauffeurs en viennent aux mains, se débattant longtemps et violemment sur le macadam brûlant. Oubliant un peu le spectacle indescriptible de véhicules plantés à la va-comme-je-te-pousse sur le long ruban d’asphalte, la foule s’agglutine autour d’eux. Il parait que l’un de ces malheureux n’a plus qu’une oreille, la seconde ayant cédé finalement devant la force mécanique des dents bien taillées de son adversaire. Le sang gicle, mêlant sa couleur au teint sombre du bitume. Loin d’être insolite, la scène se passe sur la route d’Arta, à proximité de la maternité de Dar El-Hanan. A l’heure où d’importants travaux viennent d’être entrepris afin de remédier aux dysfonctionnements dans les réseaux d’assainissement, la voie reste bloquée. Normal, elle est en train se refaire une santé, donnant ainsi l’image d’un vaste chantier à ciel ouvert. Ceci, toutefois, n’est pas l’unique facteur pouvant expliquer les embouteillages devenus chroniques sur certains endroits le long de la route d’Arta. Les voies de secours prévues pour assurer la circulation durant les travaux s’avérèrent parfois insuffisantes. Il s’agit là aussi d’un détail, pas le véritable problème. Qui est ailleurs. Ou plutôt au milieu de la route. Pour y voir plus clair, pas besoin de se casser les méninges. Il suffit de bien ouvrir les yeux, de regarder autour de soi. Le nombre de véhicules n’a-t-il pas augmenté considérablement ces derniers temps ? Que l’on veuille ou pas, il y a bel et bien eu ce que l’on pourrait qualifier de « course aux quatre roues ». Que l’on veuille ou pas, celle-ci s’est opérée avec une telle rapidité qu’elle a échappé au regard du commun des mortels. Preuve de la reprise économique et, par conséquent, de la nette amélioration du pouvoir d’achat, ou signe patent de l’explosion démographique et ses exigences ? Quoi qu’il en soit, le phénomène est nouveau. Les résultats sont aujourd’hui visibles.De près ou de loin. Surtout aux heures de pointe.

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