A l’occasion du nouvel an, le Chef de l’Etat qui a accordé une interview à une équipe de la RTD, est largement revenu sur sa politique de développement économique et a mis en exergue une meilleure répartition des fruits de la croissance
Par Arteh
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01 janvier 2011
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Source: ADI
Une fois n’est pas coutume, le Président de la république, M.Ismaïl Omar Guelleh a, à l’occasion de la fin d’année, accordé une interview à une équipe de la RTD en lieu et place de l’allocution du nouvel an. Cette année, le Chef de l’Etat a été interrogé sur son bilan dans tous les domaines d’activité. La politique, le social, l’économie, l’administration, les grands projets de développement…Tout a été passé en revue. D’une durée d’environ une heure et un quart, cette interview en langue somalie a consisté en un moment de vérité totale sur l’ensemble des réalités qui prévalent dans notre pays. Le Chef de l’Etat a répondu sans détour ni langue de bois aux questions des deux journalistes. Elections présidentielles obligent, ce sont les questions relatives à la politique qui ont ouvert les débats. Le Président a répondu à des questions aussi variées que le degré de démocratie lié à la révision de la constitution par voie législative, les raisons qui ont permis la destitution du Mouvement pour le Renouveau Démocratique (MRD), la non représentation de l’opposition au sein du Parlement djiboutien, les nouvelles défections de certaines personnes qui collaboraient à ce parti…
A ces questions, le Chef de l’Etat n’a manifestement pas eu la moindre gêne à y répondre. Tout d’abord, concernant la question de la révision de la Constitution, il a expliqué qu’il n’y avait « aucun déficit de démocratie à réviser la constitution par voie législative dès lors que les institutions le permettent » avant de décliner les raisons l’ayant toujours poussé à se démarquer de la proportionnelle, système d’élection favorable à une représentation des différentes sensibilités politiques d’un pays à son Parlement. « Elle est source de dysfonctionnement institutionnel, notre pays l’a déjà expérimenté dans le passé, avant l’indépendance» a-t-il dit, la récusant pour son profil à déchoir au Gouvernement « la nécessaire majorité dont il doit disposer au Parlement pour s’acquitter de sa mission ».
Quant à la destitution des partis politiques le MRD notamment, « elle découle d’une procédure chez nous » a fait savoir le Président de la République affirmant que « c’est le délit de haute trahison et la conspiration avec une puissance étrangère qui ont disposé au retrait de la légalité du MRD ». En ce qui concerne les défections lui provenant d’ex-collaborateurs, le Président Ismail Omar Guelleh a tenu à clarifier que Boreh était un commerçant et non un politique, et qu’en cela on ne peut légitimement parler de défection.
« Le refus d’honorer les charges fiscales qui lui incombaient au même titre que tous les autres commerçants l’a conduit à fuir le pays et à guider des attentats à distance » a dit le Président de la République qui a ajouté que « la justice a, par le moyen de preuves, apporté la preuve de la culpabilité de cet homme ». « La politique, c’est le statut de reconversion qu’il se donne pour cacher sa condamnation pénale » a conclu le Chef de l’Etat.
En dehors de la politique, le Chef de l’Etat a aussi été interrogé sur le domaine social. Dans ce domaine regroupant la Santé, l’Education et la lutte contre la pauvreté, le Chef de l’Etat a tout d’abord procédé à un inventaire non exhaustif de ses réalisations, se réjouissant particulièrement que « l’Etat ait réussi son objectif d’offrir une scolarité à tous nos enfants jusqu’à l’âge de 16 ans en même temps qu’il a construit des structures de santé sur l’ensemble du territoire national, créant ainsi les véritables conditions d’une autonomie des régions en matière de soins ».
« Nous avons même créé des équipes médicales qui se déplacent depuis les chefs lieux des régions de l’intérieur jusqu’aux localités les plus reculées afin que nos populations soient en permanence assistées dans leurs problèmes de santé » a déclaré le Président de la République avant d’ajouter que « les efforts entrepris ont également débouché sur l’acquisition d’équipements médicaux sophistiqués et très coûteux tels que le scanner ou le matériel nécessaire à la pratique de la dialyse ».
La lutte contre la pauvreté a également été abordée ; l’occasion aussi pour le Chef de l’Etat de décliner l’ensemble d’actions menées au prolongement de l’introduction de l’INDS. L’ADDS, la Caisse d’Epargne et de Crédit, la plus grande accessibilité des citoyens aux crédits des banques conventionnelles depuis la mise à disposition, par la Banque centrale, d’un fond de garantie parrainé par l’Etat, tout a été évoqué.
Toujours en matière de lutte contre le chômage, le Président de la République est revenu sur le récent forum organisé au profit de l’emploi et de la création d’entreprises privées. Ce forum « visait surtout à mettre en relation les sociétés et les jeunes à la recherche d’un emploi» a précisé le Chef de l’Etat avant de poursuivre que « nous allons bientôt demander aux entreprises le nombre de jeunes qui ont remis des dossiers et qu’elles ont embauché ».
Toujours en matière d’emploi, le Président de la République qui a reconnu l’existence d’un décalage entre nos formations scolaires et les besoins du marché du travail a promis que son gouvernement remédiera rapidement à cette déficience. « Nous avons pris le parti de mettre en service, dès la rentrée prochaine, des lycées techniques où les formations qui y seront dispensées, s’inscriront dans le droit fil de concertations entre tous les acteurs de l’emploi ; Entreprises, Ministère de l’Emploi, Ministère de l’Education…» a déclaré le Chef de l’Etat.
L’économie a enfin constitué un autre grand bloc de l’interview où, les journalistes ont interrogé le Président de la République sur les raisons ayant conduit jusqu’à lors à la promotion du seul secteur tertiaire. Dans ce volet, le Président de la République a justifié son choix de négocier essentiellement le développement de notre pays par le biais du tertiaire en raison du fait que la promotion des autres secteurs (primaire et secondaire) requière des conditions difficilement conciliables pour Djibouti. « Nous manquons cruellement d’eau et ne pouvons envisager des grands projets d’agriculture » a dit Ismail Omar Guelleh, déclinant également « toute grande ambition industrielle eu égard aux déficiences en matières premières et autres métaux dans notre sous-sol ».
« Nous avons donc fait reposer la réalisation de notre développement sur le secteur tertiaire où nous avions des conditions privilégiées, notamment la position géographique de premier plan de notre pays » a expliqué le Chef de l’Etat. « C’est pourquoi tout a aussitôt été mis en œuvre afin d’acquérir les fondements indispensables à notre évolution en un hub de redistribution des échanges et services entre l’Afrique de l’Est et les Pays de la Péninsule arabique » a-t-il dit, rappelant les Ports, les télécommunications, et les infrastructures de bases dont notre pays s’est doté depuis 1999 et, les recettes que ces derniers ont générées.
«Et depuis que l’emploi et la lutte contre le chômage sont érigées en priorité nationale, nous pensons que les fruits de la croissance seront mieux reparties » a déclaré le Président de la République. « C’est désormais l’exploitation de la géothermie, la mise en service du partenariat électrique avec l’Ethiopie et l’exploitation des énergies obtenus à partir du vent et du soleil qu’iront nos efforts » a prévenu le Chef de l’Etat, concédant le fait que la cherté de l’électricité constitue un des obstacles qui découragent les investisseurs étrangers à initier des projets chez nous.
Sur sa lancée le Président a déclaré que « La commercialisation du Sel de Lac-Assal, la construction d’un port minéralier sur ce site et le Méga Projet du Port de Tadjourah » ont été également cités par le Président de la République en qualité des grands projets de développement qu’il ambitionne à l’avenir pour le pays. « Nous veillerons également à renforcer notre administration» a dit Ismail Omar Guelleh qui a exhorté les Djiboutiens à rejeter ceux qui prônent les divisions claniques et tribales de notre communauté. Le Chef de l’Etat qui s’est enfin exprimé sur l’évolution du différend frontalier qui nous oppose à l’Erythrée, n’a pas manqué de souligner que « la médiation conduite par le Qatar suit toujours son cours ».
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