Revue de presse : Parution du troisième numéro de Marwo

Par I.O | 18 novembre 2010
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Revue de presse : Parution du troisième numéro de Marwo

Source: ADI

N’en déplaise à Abdourahman A. Wabéri et à l’héroïne de sa retentissante nouvelle intitulée "Une femme et demie", le profil de Marwo dépasse désormais largement le cadre de la légende. Loin de se résumer à ce petit bout de femme d’une bravoure inouïe que l’on rencontre dans la fiction de Wabéri, Marwo se veut en effet plus concrète, plus présente et plus pesante. Oui, depuis l’avènement à Djibouti d’un magazine féminin portant son nom, elle n’est plus la même, sans pour autant devenir une autre. A l’image de cette publication, qui en est aujourd’hui à son troisième numéro, elle s’est frayé un petit bonhomme de chemin au milieu du paysage djiboutien où la revalorisation du statut de la femme est en train de prendre corps avec la prohibition de certaines pratiques rétrogrades qui ont longtemps pesé sur la vie de la gent féminine dans cette partie du monde. C’est le cas de la violence conjugale qui constitue justement l’un de principaux sujets sur lequel s’est penchée Marwo dans son troisième numéro. Le magazine, qui peut se targuer à présent d’être parvenu à une nette amélioration tant dans sa forme qu’au niveau de son contenu, propose un large éventail d’articles, d’enquêtes et de témoignages qui rivalisent de beauté et de générosité. Le choix des thèmes, qui implique une pertinence exceptionnelle, explique certainement en grande partie la richesse de l’œuvre. La manière d’appréhender par les rédactrices de Marwo des sujets aussi sensibles que l’infidélité n’est sans doute pas étrangère à la rigueur, la cohérence et la saveur intelligente qui baignent les colonnes du trimestriel. Quels que soient les motifs du succès, Marwo se propose d’entraîner cette fois-ci ses lectrices et (pourquoi pas ?) lecteurs loin des sentiers battus en travaillant sur des questions plutôt dérangeantes comme la relation, tumultueuse dans la quasi-totalité des cas, entre belle-mère et belle-fille. Il en est de même pour la prolifération du banditisme dans les rues de Djibouti. A cela s’ajoute une panoplie des portraits sur des individus que la Rédaction de Marwo, sans distinction de sexe ou de catégorie sociale, considère comme des exemples de réussite. Particulièrement envoûtant, à la fois comique et tragique, le discours de ce jeune Djiboutien qui déclare dans les pages du magazine avoir purgé la prison pour « avoir aimé plus que de raison » a de quoi vous surprendre. Car il est à lui seul un film. Ou un roman. Ou les deux à la fois. C’est dire combien le troisième numéro de Marwo mérite d’être lu. En attendant, le quatrième…

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