Santé : Djibouti, un pôle régional pour coordonner la recherche et la surveillance des menaces épidémiologiques

Par MAAS | 15 novembre 2010
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Santé : Djibouti, un pôle régional pour coordonner la recherche et la surveillance des menaces épidémiologiques

Source: ADI

Le ministre de la Santé, M. Abdallah Abdillahi Miguil, a clôturé hier au Kempinski palace hôtel les travaux de la conférence scientifique internationale, qui avait pour thème « Défis pour la Santé publique et la sécurité humaine dans la Corne de l’Afrique », en présence de plusieurs membres du gouvernement. Cet évènement, qui a réuni une centaine d’experts en matière de santé publique venus de divers pays du monde, a vu également la participation de deux personnalités éminentes, notamment le sous-directeur du bureau régional de l’OMS pour la Méditerranée orientale, Dr Abdallah Assa’edi et l’amiral Adam Robinson, commandant en chef de service de santé de l’US Navy. Au terme de deux jours de réflexion sur les enjeux de la sécurité humaine dans la région, les experts ont convenu d’un commun accord sur la pertinence de pérenniser ces échanges, qui auront lieu désormais tous les deux ans. Djibouti vient de relever donc un nouveau défi ; celui de garantir la surveillance épidémiologie pour les pays de la Corne d’Afrique. Certes, c’est un challenge pour Djibouti mais aussi un travail de longue haleine. En effet, la mise en place de ce système requiert, rappelons-le, un suivi et une mise à jour des informations de différents pays, en vue de les répertorier dans une base des données. En d’autres termes, la disponibilité des informations et l’accès des données des pays de la sous région doivent être accessible à tous les niveaux en vue d’une meilleure prévention dans la recherche des solutions. La mise en service de ce même système, qui doit notamment contribuer à l’amélioration de la santé et à la réduction des épidémies, nécessite la mise à disposition des ressources humaines et que financières adéquates. Ont participé à cet évènement, outre le ministre de la santé, M. Abdallah Abdillahi Miguil, le ministre du Commerce et de l’Industrie, M. Rifki Abdoulkader Bamakhrama, la ministre de la Jeunesse, Mme Hasna Barkat Daoud, et le ministre délégué à la Coopération internationale, M. Ali Ahmed Sillay. La présence des membres du gouvernement traduit une certaine volonté politique de notre gouvernement à œuvrer pour l’amélioration de la sécurité sanitaire. En établissant leurs recommandations pour le renforcement des capacités du système de santé publique, les experts ont convenu que l’Institut nationale de santé publique de Djibouti serve de plate-forme régionale en matière de recherche et de surveillance épidémiologiques. Il s’agissait en effet pour les participants de mettre en place un système de veille régional performant, garantissant une meilleure sécurité sanitaire et un développement de mécanismes d’échange d’informations épidémiologiques. Un objectif qui renforcera notamment les programmes régionaux de recherche en santé publique. Dans un discours qu’il a prononcé à cette occasion, l’Amiral Adam Robinson de l’US Navy a tenu à remercier en premier lieu le gouvernement djiboutien pour le soutien qu’il apporte aux forces américaines stationnées à Djibouti. Il a, par ailleurs, salué la volonté politique des autorités djiboutiennes d’accorder à la question de la sécurité humaine une attention particulière à travers la mise en place de l’institut national de santé publique de Djibouti. Et d’ajouter "aujourd’hui, nous sommes là pour vous écouter. Nous sommes là pour apprendre de vous parce que vous êtes les mieux placés pour connaître les problématiques de la région". Expliquant que l’US NAVY travaille avec les groupes de recherche de plusieurs pays, en matière de prévention, de protection des maladies infectieuses, l’amiral Adam Robinson a réitéré la ferme détermination de son pays à soutenir le secteur sanitaire djiboutien. Il a en outre mis l’accent sur la nécessité d’une collaboration multilatérale durable et pérenne. "Nous devons collaborer afin de partager, de s’entraider et par la même occasion aider nos semblables", a-t-il dit, se réjouissant de la tenue de cette conférence permettant de renforcer le partenariat bilatéral et multilatéral. Estimant qu’aucun pays n’est isolé dans le monde, il a insisté sur l’importance de conjuguer les efforts individuels dans le sens d’un renforcement des capacités et de partage d’expériences. Quant au ministre de la Santé, il est revenu sur l’importance de connaître l’environnement géographique de l’épidémie pour mieux appréhender le contextuel de la transmission. Selon M. Abdallah Abdillahi Miguil, la mondialisation, la pression démographique, l’accroissement de la mobilité, des échanges commerciaux, de l’urbanisation, des changements climatiques, l’érosion de la biodiversité, les conditions de vie extrêmes dans la région (pauvreté, famine, guerre) sont autant de facteurs qui favorisent l’éclosion d’épidémie de maladies émergentes ou ré-émergentes. "Les conséquences s’avèrent souvent imprévisibles voire dévastatrices, sur le plan humain d’abord, mais aussi économique, politique et social. En effet, ces maladies peuvent déstabiliser en l’espace de quelques mois les économies et le tissu industriel, commercial et touristique de nations qui n’y sont pas préparées", a expliqué le ministre de la Santé. Le ministre, qui ‘est dit convaincu qu’il faut comprendre la nature de la causalité des maladies pour mieux faire face aux risques de l’épidémie, a souligné que l’objectif visé par son département consiste avant tout à "tirer les leçons rationnelles afin de se baser sur des travaux de recherche scientifique et sur la médecine basée sur l’évidence". S’exprimant sur la création récente de l’Institut national de santé publique, M. Abdallah Abdallahi Miguil a tenu à préciser que le développement de cet institut devrait être basé sur des programmes de recherche et de renforcement des capacités de la part de nos partenaires stratégiques, appelant à "un engagement ferme et un soutien indéfectible pour doter ce laboratoire régional de tous les matériels techniques et humains pour son bon fonctionnement". "Proposer la mise en place de véritables boucliers sanitaires n’est pas seulement un acte de nécessaire solidarité et d’urgence humanitaire, mais aussi c’est contribuer à un développement durable et équitable pour l’ensemble de la population", a enfin conclu le ministre de la Santé.

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