Clôture des travaux de la conférence portant sur le rapport entre migration et propagation du VIH/Sida : les participants adoptent une déclaration finale
Par N.F.
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29 septembre 2010
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Source: ADI
Les travaux de la conférence internationale portant sur le thème de « Port, Mobilité, Migration et Vulnérabilité au VIH/Sida » se sont achevés cet après-midi à l’hôtel Kempinski en présence du chef de l’Etat, M. Ismaïl Omar Guelleh.
Les nombreux participants conviés à ces assisses ont, au terme de leurs travaux, approuvé une déclaration finale dans le but affiché de susciter une meilleure prise conscience sur les risques accrus de propagation du VIH/Sida liés à la migration et aux populations mobiles.
L’ADI reproduit ci-dessous le texte intégral de cette déclaration finale qui a été intitulée « Appel de Djibouti ». Ce document résume bien entendu la vision des conférenciers, et surtout leur position commune :
Préambule :
Les estimations mondiales, de 2008, indiquent que plus de 200 millions de personnes vivent à l’extérieur de leur pays d’origine, dont 17 millions sont originaires de l’Afrique Sub-saharienne et 14 millions sont du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord. La mondialisation, la pauvreté, les catastrophes naturelles, les conflits et le trafic des êtres humains sont susceptibles d’accroitre les facteurs de la migration et la mobilité dans les années à venir.
Les liens entre migration, mobilité et vulnérabilité au VIH ont été clairement démontrés. Les populations mobiles, ainsi que les populations les plus exposées au risque, ont un accès très limité, parfois inexistant, aux services de prévention de traitement, de soins et d’appui aux personnes vivant avec le VIH. Cette vulnérabilité augmente, selon le contexte, par le manque de réseaux et de structures communautaires d’appui, les inégalités économiques, les conditions de vie déplorables, les restrictions au voyage et les opportunités de travail très limitées. Cette vulnérabilité expose ces populations à un risque accru de violences sexuelles.
Ceci est particulièrement exacerbé au niveau des zones portuaires, des corridors et des couloirs de migration, ce qui entrave les progrès vers la réalisation des Objectifs Mondiaux tels que l’Accès Universel et les Objectifs du Millénaire pour le Développement (MDGs).
Cependant, quelques progrès ont été réalisés dans ce domaine, comme l’initiative de prévention et de prise en charge du VIH/IST/SIDA le long du corridor de migration Abidjan-Lagos, l’Initiative des Pays des Grande Lacs sur le Sida (GLIA), ainsi que l’IRRAP (IGAD, Programme Régional de Partenariat sur le VIH/Sida) ciblant les populations déplacées dans la Corne de l’Afrique.
Considérant,
La Déclaration d’engagement sur le VIH/SIDA de l’UNGASS 2001 et la Déclaration politique sur le VIH/SIDA de l’UNGASS 2006 ;
Considérant,
La résolution 58/208 de l’Assemblée Générale des Nations Unies de 2003, soulignant la nécessité d’un dialogue de haut niveau sur l’aspect multidimensionnel de la migration internationale et du développement, la résolution WHA 61.17 de 2008 de l’Assemblée Mondiale de la Santé concernant la santé des migrants et la résolution 200 du BIT de juin 2010 sur le VIH/SIDA en milieu de travail ;
Nous attirons l’attention des autorités nationales et inter gouvernementales sur la nécessité de :
1. Prendre en considération les besoins spécifiques des populations mobiles et migrantes dans le cadre des plants stratégiques nationaux ;
2. Assurer aux populations mobiles et migrantes les plus exposées l’accès aux services de prévention, de soins et de traitement adaptés, ainsi que l’appui aux personnes vivant avec le VIH, sans distinction de nationalité, de statut et de niveau socio-économique, dans le respect de la dignité de ces populations et ce, dans un but humanitaire et de santé publique ;
3. Assurer la disponibilité régulière de l’Information Stratégique sur les actions mises en œuvre en faveur des populations mobiles et migrantes, en particulier dans les zones de vulnérabilité.
4. Prendre des mesures pour lutter contre la stigmatisation et la discrimination dont sont victimes les populations mobiles et migrantes et les restrictions au voyage pour les personnes vivant avec le VIH.
5. Faciliter la collaboration à l’échelle régionale et inter régionale afin d’assurer l’échange d’information et la coopération entre les pays.
6. Mobiliser des ressources incluant le secteur privé afin d’assurer la mise en œuvre et la pérennité des actions en faveur des populations mobiles et migrantes et des personnes vivant avec le VIH.
7. Canaliser les initiatives sur les populations mobiles et migrantes à travers les mécanismes existants là où ils sont disponibles.
8. Assurer le suivi de l’appel à travers les différents mécanismes de concertation
Nous, signataires de cet appel de Djibouti, nous engageons à plaider auprès des autorités nationales et des institutions inter gouvernementales de l’Afrique et du Moyen-orient afin de traduire cet appel en actes d’engagement.
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