Infrastructures : La route de l'Unité atteint Obock

Par Miyir | 08 janvier 2009
6,273 vues
Infrastructures : La route de l'Unité atteint Obock

Source: ADI

Financés par un prêt obtenu du Fonds koweitien de Développement, les travaux de construction de la route reliant Tadjourah et Obock touchent ces jours-ci à leur fin. La plus grande partie du tronçon, long de 70 km, est asphaltée. Quelques travaux s'y poursuivent à certains endroits, notamment des aménagements d'accès. Les panneaux de signalisation restent encore à mettre en place et l'inauguration officielle, par le président de la République, n'est prévue que pour la mi-février. Mais déjà, le serpent de bitume qui se faufile le long de la mer, en s'engouffrant parfois dans les montagnes, modifie radicalement la nature des échanges entre les deux régions du nord du pays. Pour les automobilistes tadjouriens, l'évasion vers leurs voisins du nord est devenue, selon la formule consacrée, une simple promenade de santé. Naguère interminable, le temps passé sur la route s'est considérablement rétréci. De près de trois heures, il est ramené à un peu plus d'une heure. La voie, autrefois chaotique et éreintante, ne l'est plus et ne malmène ni le véhicule ni son conducteur. Ce nouvel axe routier fait bien sûr la joie des populations de la région, qui en sont les premiers bénéficiaires. Hassan Meeké Gagueh dit Hassano est chef de village à Obock et siège au Conseil régional comme secrétaire exécutif. "Nous sommes très contents de la réalisation de cette route. Avec elle, c'est une nouvelle ère qui s'ouvre aux habitants de notre région, et c'est pourquoi je veux remercier le président de la République", dit-il. Ce fils et petit-fils de chef de village reste, à 66 ans, une figure incontournable du pays obockois. A en croire ceux qui le connaissent, il nourrit un attachement viscéral à cette région qui l'a vu naître, et qu'il n'a pratiquement jamais quitté. Ainsi, au plus fort de la guerre civile des années 90, Obock avait été désertée par tous ses habitants, sauf par les militaires, les chats et… Hassano. Cette obstination à rester chez lui, en dépit des échanges de feu nourris, l'autorise sans doute à s'exprimer au nom des siens. La finalisation de la route entre Tadjourah et Obock augure de perspectives économiques meilleures, certes, mais pas seulement. Sur le plan social, voire humain, son impact est tout aussi positif. L'enclavement d'Obock nous confinait dans un isolement total. Les Obockois installés dans la capitale venaient rarement visiter leurs proches restés ici. Il n'y a plus de liaison aérienne ou maritime et tout le monde redoutait un si long et éprouvant voyage par la voie terrestre", rappelle Hassan Meecke. Il n'existe pas, en effet, d'avion desservant Obock. Mais le boutre continue d'effectuer ses rotations entre les deux rives du Golfe, avec toutefois des horaires de départ aléatoires, selon beaucoup de ses usagers. Hassan Meecke mesure aujourd'hui toute la différence. Se tournant vers sa fille venue passer le week-end de fin d'année avec ses parents, il dit: "Vous voyez, elle a quitté ce matin Djibouti, où elle travaille, pour arriver à Obock avant l'heure du déjeuner". Prendre la route à partir de Djibouti pour rallier en quelques heures Obock ? Le rêve paraissait plutôt inaccessible. Plus maintenant. Courant à partir du PK 51, et baptisée "route de l'Unité", la nationale 9 avait pour ambition de sceller définitivement l'union sacrée entre le nord et le sud du pays. Jusqu'à présent, cependant, le lien qu'elle assurait était plutôt imparfait, puisque ses 170 kilomètres de bitume ne menaient qu'aux portes de Tadjourah. Le prolongement de la route jusqu'à Obock rectifie le tir. Comme toute infrastructure routière, cette nouvelle route, la nationale 14, constitue un grand pas vers la densification du réseau routier national. Reste à espérer qu'elle ne souffrira pas, comme d'autres, de l'absence d'entretien adéquat.

Tags

Partager cette histoire