Prier à la belle-étoile

Par Isman O. | 19 août 2010
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Prier à la belle-étoile

Source: La Nation

« Salat Al-Leïl » ou la prière de nuit s’inscrit en droite ligne dans la tradition de notre Prophète Mohamed (SAW). Nombreux sont les fidèles qui la pratiquent en ce mois béni. D’où l’apparition de sites de regroupement comme celui qui jouxte le Stade Gouled. Djibouti, par un soir de Ramadan. A quelques mètres de la route d’Arta, narguant tout à la fois l’usure des jours et la force des vents marins, trône majestueusement le Stade El-Hadj Hassan Gouled Aptidon à proximité duquel se trouve un terrain vague et poussiéreux. Véritable aire de jeux où, les après-midi, le football déchaîne les passions, il se transforme le soir en lieux de prière. Un changement de décors qui en appelle un autre : le profil des usagers change aussi. Hommes et femmes, jeunes et moins jeunes, tout le monde est appelé à la rescousse. C’est-à-dire à la prière de nuit. S’il est vrai que le plaisir du jeu cède lentement à la dévotion, il n’en demeure pas moins que l’endroit, en période de Ramadan, n’est plus le même sans pour autant devenir un autre. La foule, d’ailleurs très nombreuse, qui commence à l’investir dès la nuit tombée, en dit long sur la métamorphose instantanée des lieux désormais considérés comme un espace privilégié pour abriter la « Salat Al-leïl ». A sa large superficie (ce qui suppose un minimum de confort), s’ajoutent en effet les brins de fraîcheur que la mer charrie de temps à autre. Comme un ultime rappel que le chemin du salut passe par la foi en Allah et le don de soi. Des coins les plus reculés de la banlieue de Balbala au Kartileh voisin en passant par Arhiba, les fidèles affluent de partout. Avec la même intention : prier ensemble à longueur de nuit, le front tourné en direction de la Mecque. Prier à longueur de nuit pour affirmer sa condition de serviteur, et donc sa soumission en Dieu. Prier à longueur de nuit pour s’imprégner de la ferveur et de l’œuvre exemplaire de son dernier Messager (SAW). Pas besoin de venir ici avec un tapi de prière. Car tout a été préparé d’avance, moyennant la générosité des uns et des autres. Nattes de raphia et autres accessoires confectionnés sont étalés à même le sol. Lampes électriques et ventilateurs fonctionnent à plein régime, prodiguant un air de bien-être dans l’acte d’adoration réalisé en commun dans un site à ciel ouvert, le moment de recueillement rendu vivant ensemble sur un terrain que les pieds de jeunes footballeurs n’en finissaient pas de fouler quelques heures plus tôt. Cela, malgré les bruits de moteur et les klaxons parfois assourdissants sur la route d’Arta. Ce qui, après tout, peut être considéré comme un moindre mal. Car, nullement gênés par les agitations de la vie urbaine, les fidèles accomplissent toujours leurs prières dans l’allégresse et la sérénité. Promettant de revenir sur les lieux chaque soir durant le Ramadan. Et après ? Il reste la fête de l’Aïd. Ce jour-là, il est vrai, le site prend une toute autre dimension. Tout comme le public. La preuve ? Il suffit de vous y rendre le matin suivant l’annonce de la fin du Ramadan. A l’aube, bien sûr !

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