Djibouti vit à l’heure du Ramadan
Par Isman.O.
|
11 août 2010
2,178 vues
Source: ADI
A période exceptionnelle, comportement exceptionnel ! Les Djiboutiens, de par leurs habitudes durant le Ramadan, ne dérogent guère à la règle.Â
Tout, en effet, change au cours de ce mois béni. La mutation est d’abord d’ordre psychologique car elle affecte, chez tout un chacun, la façon d’appréhender le quotidien. Hommes et femmes, jeunes et moins jeunes, personne n’y échappe.Â
Éprouvé par la faim et la soif au cours de la journée, tout le monde s’accorde à forger une activité pour animer au moins la soirée au terme de la prière de « Tarawih », elle-même conçue et vécue comme une activité physique de nature à dresser à la fois l’esprit et le corps contre l’oisiveté et ses terribles conséquences au moyen du recueillement, de la ferveur et du don de soi.Â
Pour les jeunes amoureux du ballon, les matchs sont souvent programmés à partir de 21 heures. Exception faite des tournois dits de Ramadan et qui se tiennent ça et là les après-midi dans la capitale et les districts de l’intérieur, le football se pratique désormais la nuit. Pour s’en convaincre, il suffit de voir la marée de gamins en sueur qui, les poteaux électriques aidant, s’adonnent au foot sur les routes, nullement intimidés par les risques d’accident qui menacent de transformer leur joie en cauchemar.Â
Si les plus sérieux préfèrent prolonger la soirée par la lecture des Versets Coraniques, l’écoute des hadiths du Messager d’Allah ou les prières de nuit, les plus hardis, eux, ont aménagé un petit espace pour les séances le khat dans le nouvel emploi du temps. Rien ne peut entraver l’éternel rendez-vous avec la plante verte. Pas même le Ramadan.Â
Néanmoins, même s’ils sont très rares, il existe des brouteurs inconditionnels qui mettent à profit le mois béni afin de pouvoir décrocher. Certes, la méthode peut paraître un peu curieuse, mais elle n’est pas née de la dernière pluie. Car, utilisée comme une sorte de cure de désintoxication, elle a déjà servi à plus d’un…Â
Autre mutation, autre commentaire. Dans la foulée de transformations qu’implique le Ramadan chez les Djiboutiens, les habitudes alimentaires sont appelées à la rescousse. En pareilles circonstances, on privilégie plutôt les boissons énergétiques et les fruits. La fabrication de friandises tel que le fameux « samboussa » devient alors une nécessité.
Ce qui suppose, chez nos ménages, des quantités supplémentaires de sucre, de farine et d’huile, pour ne citer que ceux-là ,Â
Or, sur le marché, les prix des produits alimentaires ne sont plus ce qu’ils étaient.
D’où, sans aucun doute, l’allusion faite au sujet par le Président Ismaïl Omar Guelleh dans son message à la Nation retransmis en direct à la télévision nationale mardi en début de soirée.
Â
A cette occasion, le chef de l’Etat, rappelons-le, avait insisté sur le devoir qui incombe aux hommes d’affaires et autres commerçants de la place face à la tentation et la spéculation. Déjà fragilisés par la précarité, les plus démunis, il est vrai, ne s’en sortiraient pas.Â
Loin d’être vide de sens, l’intervention présidentielle avait ceci de particulier qu’elle invitait à voir la réalité en face.
Pour preuve, il convient de noter la référence à l’action inlassable du gouvernement en vue de mieux juguler le phénomène de la pauvreté, source incontestable de marginalisation et d’exclusion.
A ce titre, l’Initiative Nationale pour le Développement Social (INDS), citée en exemple, a de quoi de faire réfléchir sur la nécessité de miser tous ensemble sur la solidarité.
C’est-à -dire de se serrer les coudes si l’on veut bâtir et vivre dans une société plus sûre, capable de prendre son destin en main et d’affronter les défis de demain. Avec plus de force et plus de confiance… en elle-même.
Tags
Articles connexes
Le ministre de la Défense préside la cérémonie de commémoration du 22e anniversaire de l’accession de la Gendarmerie nationale à son autonomie
il y a 5 ans
Le ministre de la Défense inspecte le bataillon Hill 8 à Maryama avant son départ pour la Somalie
il y a 5 ans
Insertion socioprofessionnelle des jeunes : l’ANEFIP implante des antennes dans tous les CDC
il y a 5 ans
Reprise des négociations au sujet du barrage sur le Nil
il y a 5 ans
Publicité