Promotion du Genre : Des avancées notoires, selon le dernier Bulletin d’Information Economique

Par Guedi | 18 juillet 2010
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Promotion du Genre : Des avancées notoires, selon le dernier Bulletin d’Information Economique

Source: ADI

La promotion du genre n’est pas une vaine expression à Djibouti. Le gouvernement djiboutien a mis en œuvre une stratégie nationale qui favorise l’intégration des femmes dans le processus de développement. Djibouti a bien compris la pertinence de l’intégration de la femme dans le processus de développement socioéconomique. C’est pourquoi une stratégie nationale d’intégration de la femme au processus de développement (SNIFD) a été mise en œuvre pour la décennie 2000-2010. Celle-ci s’articule autour de quatre domaines d’intervention prioritaires. Citons la prise de décision, la santé, l’éducation et l’émancipation financière des femmes.   Prise de décisions. Le principe de la participation des femmes dans la gestion des affaires publiques est clairement affirmé par la CEDEF. Un grand pas dans ce sens a été franchi aux législatives de janvier 2008 avec l’arrivée de 2 femmes de plus au parlement djiboutien, portant ainsi le nombre de femmes députés à 9. Les femmes, qui ne représentaient que 10% de l’ensemble des députés dans l’ancienne législature, constituent désormais 14% des élus depuis la législature de 2008, soit 9 femmes députées sur les 65 députés que compte l’Assemblée nationale. Suite aux premières élections régionales de 2006, on recense 13 conseillères municipales, 10 conseillères régionales. Sur le total des 34 membres élus au conseil municipal de la mairie de Djibouti ville, cinq d’entre eux sont des femmes. Dans la justice, les femmes ont fait une percée importante et occupent des postes à responsabilités, considérés hier comme réservés aux hommes. La Cour suprême et la Cour d’appel sont dirigées par des femmes. Trois des onze juges du Tribunal du statut personnel sont des femmes. Deux  des membres du conseil constitutionnel sont des femmes. Et quatre des dix membres du Conseil supérieur de la magistrature sont des femmes. Depuis janvier 2008, une femme est à la tête de l’Ordre des Avocats de Djibouti.  Education. La scolarisation des filles, la réduction de la déperdition ainsi que la réduction des écarts figurent parmi les priorités en matière d’éducation. Dans le domaine de la scolarisation des filles, l’indice de parité des taux nets de scolarisation (TNS) entre sexes est de 0.98% en 2006 selon les conclusions de l’enquête EDIM II de 2006. Alors qu’il n’était que de 0.37% en 2002. Les statistiques scolaires montrent de manière générale une croissance du nombre de filles dans les effectifs scolaires et à tous les niveaux d’études. Le pourcentage de filles scolarisées est passé entre 1989-1990 et 2006-2007 de 41,7% à 46,5% dans le primaire, de 36% à 41,7% dans l’enseignement moyen et de 30,5% à 37,8% dans le secondaire. Au cours du temps, l’intensité des disparités genre a tendance à se réduire, c’est notamment le cas au niveau primaire où le rapport filles/garçons s’établissait seulement à 0,71 en 1990, mais progresse à 0,80 en 2001 et atteint 0,89 en 2008. Au niveau de l’enseignement moyen, la période comprise entre 1993 et 2005 est caractérisée par une stagnation du rapport de référence qui a varié de  0,64 en 1993 à 0,65 en 2005. Ce n’est que depuis cette date que la proportion des filles augmente, le rapport filles garçons progressant jusqu’au niveau de 0,72 en 2008. Mais même avec cette progression récente, l’écart entre les sexes reste substantiel avec moins de trois filles pour quatre garçons. Au niveau de l’enseignement secondaire, peu de progrès sur ce plan sont enregistrés entre 1996 et 2009.  La valeur du rapport du nombre des filles et des garçons scolarisés à ce niveau d’études est de 0,62 en 2008.  Elle est en deca du ratio de 0,65 enregistré en 1996.  À ce niveau d’études, on rencontre moins de deux filles pour trois garçons. Le taux d’analphabétisme des adultes à Djibouti s’élève à 73% dont 78% sont des femmes et 67% des hommes. Les analphabètes sont constitués en général des non scolarisés et des déscolarisés. La Femme dans l’Economie. Le chômage des femmes est plus important que celui des hommes. 68,6% des femmes actives sont au chômage contre 54,6% pour les hommes. Un faible niveau d’instruction limite leur insertion professionnelle et on note un faible accès des femmes au système bancaire classique pour le financement d’activités économiques. L’effectif global dans l’administration centrale est de 10025 agents. 33% des 3936 conventionnés sont des femmes. Et 25% des 6089 fonctionnaires sont aussi de sexe féminin. Les femmes dans le secteur formel ne représentent que 21,8% de l’effectif total des 10 025 agents de l’Etat, et seulement 12,6% parmi l’effectif du secteur privé structuré en 2009. La part des femmes âgées de 15 ans et plus, occupées, ne représentent que 26,7% de l’ensemble. Ce qui s’explique en partie par le faible taux de participation de celles-ci au marché du travail. 43,3% d’entres-elles exercent une profession indépendante, 29,8% sont salariées dans le secteur public et 21,6% sont salariées dans le secteur privé. Santé. La couverture en consultation prénatale et celle des accouchements dans les formations sanitaires évoluent à la hausse. La consultation prénatale au cours du premier trimestre de la grossesse et la quatrième visite de CPN sont rares. La couverture en accouchements assistés par des personnes qualifiées dans les postes de santé à l’intérieur du pays est faible (7%). Tous les centres de santé communautaires à Djibouti ville n’assurent pas les accouchements. Ainsi, la maternité de référence nationale de Djibouti assure à elle seule 54,4% des accouchements et 86,51% des complications obstétricales (chirurgicales et instrumentales) du pays. Le taux de couverture en vaccin antitétanique chez les femmes enceintes reste insuffisant (64%). Le taux de césarienne par rapport aux naissances attendues reste inférieur à 10% (norme OMS). Le taux de césarienne par rapport aux accouchements assistés est de 9,3%. La prévalence contraceptive a connu une évolution favorable, ces dernières années au regard de l’intensification des activités. Elle est passée de 9,7% en 2002 à 16,3% en 2006 selon les données de routine de la Direction de la santé de la mère et de l’enfant. Les Mutilations Génitales Féminines (MGF) reculent. Sa prévalence est de 85,8% chez les fillettes de CM2 contre 45% chez les enfants de première année scolaire (CP1), soit une diminution de près de 50% entre les deux classes d’âge selon les résultats d’une enquête en milieu scolaire. Encore faut-il ajouter que 93.1% des femmes en sont victimes en milieu urbain et 95.5% en milieu rural selon une étude publiée par le Ministère de la Promotion de la Femme, du Bien-être Familial et des Affaires Sociales. Ce ministère a mis en place en septembre 2006 une stratégie nationale d’abandon total de toutes formes d’excision en collaboration avec des partenaires au développement comme l’UNICEF. Le taux de mortalité maternelle varie selon la source. Il serait de 546 pour 100.000 naissances vivantes en 2002 selon l’enquête PAPFAM/2002 ou de 650 en 2005 selon les statistiques de l’OMS.

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