Hassan Robleh Kayad, l’auteur de l’emblème national n’est plus !

Par Nassib | 20 mai 2010
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Hassan Robleh Kayad, l’auteur de l’emblème national n’est plus !

Source: La Nation

Nous ne t’oublierons jamais ! Un patriote est mort. Hassan Robleh Kayad est décédé le 15 mai dernier à Djibouti. A son pays, il laisse un immense héritage. Une légende héroïque. Une histoire d’amour. A son pays, il a tout donné. Tout ce qu’un homme pouvait donner. Surtout…Une identité. Son identité : l’emblème national. Toute âme goûtera aux supplices de la mort. Vérité absolue. Le 15 mai dernier, Hassan Robleh Kayad est mort à l’hôpital BOUFFARD. Une traînée de poudre… En quelques minutes, la triste nouvelle a fait le tour du pays. Le temps s’est arrêté. Djibouti vient de perdre l’un de ses fils les plus illustres. Un héros pas comme les autres s’en est allé. C’est la république tout entière qui se tient le cœur. Jusqu’au plus haut niveau, la douleur profonde. Le Premier ministre et chef du gouvernement par intérim, M.Dileita Mohamed Dileita présente ses condoléances les plus attristées à la famille du défunt par ces mots: "C’est avec beaucoup de peine et de tristesse que j’ai appris la nouvelle du décès d’HASSAN ROBLEH KAYAD, grand patriote et indépendantiste très engagé. Notre pays vient de perdre un grand homme courageux, un humaniste confirmé, un patriote qui s’est maintes fois sacrifié au service du pays et du peuple djiboutien. Ce grand homme nous a quittés mais restera sans doute éternellement gravé dans la mémoire collective des Djiboutiennes et des Djiboutiens à travers son passé et l’emblème national dont il a été l’auteur". Les mêmes réactions. Les mêmes mots sont sur toutes les lèvres. Djibouti pleure un héros. Une légende. Mais soit…Les héros sont éternels. Hassan Robleh Kayad était un homme. Un homme libre. Né en 1937 à Dikhil, comme beaucoup des familles djiboutiennes, il sera expulsé du territoire par l’armée coloniale. Parce qu’il voulait vivre tout simplement et dans la dignité. Et dans la liberté. Alors, au nom de la Liberté. Au nom de la dignité… Kayad décida de passer à l’option militaire. Parce que la liberté et la dignité n’ont pas des…Prix. Ecoutons-le dans une interview de La Nation datée du 1er juillet 2002, où il relate sa vie. Oui, sa vie est un roman. Son histoire est notre histoire. Celle de notre pays. Ecoutons-le : " Un changement de direction du FLCS a conduit M. Samod Farah au poste de secrétaire général. J’avais saisi cette occasion pour proposer une série d’idées et d’actions. Comme le processus de la lutte était uniquement basé sur des actions pacifiques, je proposai la lutte armée qui était pour moi l’unique et dernière solution pour libérer notre pays. Notre formation n’avait aucun moyen, ni des armes, alors mes compatriotes me demandèrent comment on pourra lancer la lutte armée. J’avais dit tout simplement : "adoptez ma proposition et laissez-moi faire". (Ca c’est un homme !) Et Hassan Robleh Kayad devint secrétaire de la Défense et chef d’état-major du front. La suite, c’est un fanfare. A quatre jours de l’indépendance, il entre au pays à la tête du 1er contingent des combattants du front. Soldat, mission accomplie ! Mais ce n’est pas tout. Le héros a ramené à son peuple le plus beau des cadeaux : son emblème. Son identité. Ce qui allait devenir son emblème national. "C’est vrai, je suis les créateur de l’emblème. J’avais fait justement ce symbole pour l’aile armée du front, mais aussi pour nous différencier des soldats somaliens. Quand mon dessin a été choisi parmi plusieurs centaines pour être l’emble de la patrie, pour moi ce fut la consécration de mes efforts. Le plus beau jour de ma vie après l’indépendance" Modeste. Humble. Brave et généreux, tel était l’homme. Tel était le héros. Merci. Nous ne t’oublierons jamais !

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