Le Président djiboutien prononce un important discours devant le Conseil de sécurité de l’ONU

Par YHB | 19 mai 2010
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Le Président djiboutien prononce un important discours devant le Conseil de sécurité de l’ONU

Source: ADI

Le Président de la République, M. Ismaïl Omar Guelleh, a prononcé aujourd’hui un important discours devant le Conseil de sécurité de l’ONU. Le Chef de l’Etat djiboutien a exposé au Président de la 64ème Session de l’Assemblée Générale des Nations-Unies et aux membres du Conseil de sécurité de l’ONU, une analyse détaillée de la situation globale peu reluisante qui prévaut dans la Corne de l’Afrique. M. Ismaïl Omar Guelleh a fait état dans ce discours de la souffrance humaine extrême, de la misère et de la tristesse qui constituent les lots quotidiens des populations de cette partie du monde. « La Corne de l'Afrique, a-t-il dit, a connu plus que sa part de malheur, de tragédie, de dislocation et de destruction, qui ne sont plus humainement, socialement, économiquement et politiquement viables". « Il est impératif que nous traitions de la situation détériorée en Somalie, plus chaotique que jamais, car elle affecte à la fois les pays voisins ainsi que le reste du monde à travers la piraterie internationale », a t-il insisté. Le Président djiboutien a affirmé par ailleurs que « la tragédie qui se déroule en Somalie ne touche pas seulement les Somaliens et les pays de la région . Elle nous concerne tous ». Il a profité également de l’occasion pour revenir sur la flagrante agression en juin 2008 de l’Erythrée contre l'intégrité territoriale de notre pays ainsi que l'occupation de Ras Doumeira et de l'île de Doumeira. Tout en réitérant l’attachement et la foi de Djibouti en la Charte des Nations Unies, le Président de la République a exhorté « les membres du Conseil à saisir toutes les implications de la violence croissante et de l'intransigeance érythréenne. « L'escalade des tensions et des conflits, le désordre largement répandu dans la Corne de l'Afrique, peuvent constituer un prélude à une situation bien pire, à moins que ses nombreuses causes ne soient adéquatement et sérieusement traitées », a t-il prévenu. L’ADI reproduit en intégralité le discours du Chef de l’Etat devant le Conseil de Sécurité de l’ONU. " Louange à Dieu que la paix et la bénédiction soient sur le Prophète, sa Famille et ses Compagnons, Monsieur le Président,
Permettez moi de vous exprimer, d’emblée, mes plus sincères félicitations pour le retour du Liban sur la scène internationale, et ma joie de le voir prendre sa place légitime parmi les nations avec fierté et dignité. Riche de son patrimoine culturel séculaire , le Liban a basculé à plusieurs reprises, dans sa longue histoire, dans une période de luttes internes, mais a toujours su surmonté l'adversité avec grâce, et en est sorti plus fort et plus uni. Je salue le courage, la créativité et la ténacité de votre peuple et pour cela je vous félicite, Monsieur le Président. 
 Monsieur le Président, Je tiens à exprimer ma gratitude à vous et aux membres du Conseil de cette opportunité de pouvoir vous présenter mes vues sur la situation dans la Corne de l'Afrique. Malheureusement, je dirais qu’au mieux la situation dans cette partie du monde est restée inchangée. Certaines tendances actuelles, doublées d’une évolution potentielle inquiétante, ouvrent la voie à des perspectives de crises accrues et à une forte réduction de la qualité de vie de l'écrasante majorité des habitants de la Corne. Ce qui menace toute perspective à court terme et nécessite une action immédiate et soutenue de la communauté internationale. 
Ma dernière déclaration datée du 23 Octobre 2008, devant le Conseil est toujours d’actualité, étant donné la nature figée et la persistance des problèmes d’hier et d’aujourd'hui dans la région. Cependant, grâce à l'amélioration de la gestion micro-économique et à la confiance croissante des investisseurs internationaux dans le continent, l'avenir semble prometteur. Dans un contexte de croissance économique sans précédent, les dommages prévus provenant de l'expansion de la crise financière mondiale devrait être minime. Bien que l'économie mondiale ne se soit pas complètement effondrée, compte tenu de la propagation, la persistance et la profondeur de la crise, les habitants de la Corne en particulier, et ceux de l'Afrique en général, ont connu une dégradation de leur niveau de vie au cours de l'année passée. Plusieurs facteurs ont contribué à cela et affectent les pays pauvres, notamment une sécheresse chronique, les prix de la nourriture et du carburant restés relativement élevés , le changement climatique, les effets négatifs plus dangereux que jamais, la stagnation voire la diminution de l'aide publique au développement bien, en dessous des niveaux promis, et le déclin des investissements étrangers directs dans les secteurs non pétroliers en Afrique. Monsieur le Président, Les conflits sont la première des adversités auxquelles l'Afrique reste confrontée. Dans ce domaine également, ma déclaration de 2008 demeure pertinente aujourd'hui, dans un contexte de persistance des guerres civiles et régionales violentes au cours des trois dernières décennies. Caractérisé par une souffrance humaine extrême, la misère et la tristesse, la Corne de l'Afrique a connu plus que sa part de «malheur, de tragédie, de dislocation et de destruction», qui ne sont plus «humainement, socialement, économiquement et politiquement viables." La région se prépare à l'issue, du référendum qui se tiendra au Soudan en Janvier 2011 pour déterminer l'avenir de son peuple. Le résultat du référendum déterminera les décisions à prendre sur le partage des richesses et la démarcation de la frontière. Les perspectives pour toute la Corne de l’Afrique dépendent beaucoup du résultat de ce référendum. L'engagement et l'implication de la communauté internationale est la condition sine qua non pour assurer un résultat qui bénéficiera du soutien de toutes les parties et de l'ensemble du pays. En fin de compte, ce qui importe le plus, c'est que la population puisse jouir d'une vie paisible et décente. Je tiens à souligner que tout le monde, et pas seulement ceux d'entre nous vivant dans la Corne de l'Afrique, a un rôle à jouer, particulièrement la communauté internationale. Monsieur le Président, 
Dans la Corne de l'Afrique, il est impératif que nous traitions de la situation détériorée en Somalie, plus chaotique que jamais, car elle affecte à la fois les pays voisins ainsi que le reste du monde à travers la piraterie internationale. Nous reconnaissons tous aujourd’hui, que malgré tous les efforts entrepris pour lutter contre la piraterie, cette dernière ne peut être éliminée sans s’attaquer à ses racines que sont l’insécurité, l’extrême pauvreté et la faillite de l’Etat en Somalie. 
Compte tenu des mesures sévères et des tactiques adoptées par les éléments extrémistes, le gouvernement fédéral de transition reste sous une pression intenable dans sa quête de gouverner et d'administrer le pays. Les pratiques et les méthodes cruelles utilisées par les extrémistes n’ont fait qu’aliéner la majorité de la population qui a été ravagé par la famine et la guerre civile au cours des deux dernières décennies; les a obligé à fuir constamment la violence, à vivre dans la misère et la précarité dans leur propre pays, et à traverser les frontières des pays voisins, ajoutant ainsi à la misère des camps déjà surpeuplés qui manquent de sécurité et de ressources.  Un certain nombre de gouvernements, y compris le mien, ont formé et équipé des troupes dans le but de récupérer progressivement l’ensemble de la capitale somalienne aux militants soutenus par Al-Qaïda. Mais le nombre réel des troupes a toujours été faible et bien en deçà de la force nécessaire qui pourrait résister des assauts constants, encore moins pouvant les contenir. Étant donné le moral très bas des troupes en raison des mauvaises conditions du service et de l'absence de rémunération, la plupart d'entre eux n'ont pas réussi à s'acquitter de leurs tâches comme prévu. Toute offensive gouvernementale pour déraciner les insurgés de Mogadiscio, par conséquent, nécessitera une série de sérieuses mesures correctives dans le secteur de la sécurité. Le plus tôt nous nous rendrons compte que la Somalie se trouve dans une situation tragique qui mérite toute notre sympathie, une attention soutenue et sans faille, mieux ça sera. Nous avons été habitué et cela régulièrement, aux statistiques accablants sur le sort dramatique de la population civile somalienne. Les attaques aveugles au mortier, l'utilisation de civils comme boucliers humains, les millions de personnes vivant dans des camps de fortune à la périphérie de la ville, les décapitations publiques, l'amputation, la lapidation des femmes à mort, etc -ne sont que quelques exemples outrageux de la vie quotidienne en Somalie. Auparavant, ce sont les chefs de guerre qui perpétraient ces crimes odieux; aujourd’hui ce sont les militants, les extrémistes, les opportunistes et les fanatiques religieux qui animent ce tragique spectacle. Monsieur le Président,
Les conclusions que nous pouvons tirer de ce quotidien en Somalie, n’est bien entendu pas, de bonne augure pour la survie du TFG. La communauté internationale ne semble pas pressée de changer sa vision du «business as usual" pour adopter une approche qui témoignerait d'une volonté de sauver le peuple somalien du chaos, de la destruction et d'une mort lente. Ainsi, c’est avec en toile de fond, le désespoir et d’une mort imminente du gouvernement fédéral de transition, que je formule le scénario suivant pour examen et décision de la part de communauté internationale: 1. Nous sommes très troublés par la persistance de querelles politiques intestines qui menacent l’existence même du TFG. L'IGAD, les Gouvernements et organisations bien intentionnés ainsi que la communauté internationale dans son ensemble doivent intervenir avant que les choses ne soient hors de contrôle. C'est à la fois crucial et urgent. Une pression doit être exercée sur les principaux éléments de la discorde au sein du TFG --- maintenant et sans perdre davantage de temps. Ils doivent être avertis sans équivoque qu'ils ne peuvent plus continuer à saper le gouvernement. 2. Nous devons réaliser aussi que l'autorité du TFG s’amenuise rapidement face aux progrès réalisés chaque jour par les insurgés à travers le pays. Ce n'est un secret pour personne que le gouvernement fédéral de transition ne contrôle que quelques rues de Mogadiscio, et cela grâce en grande partie à l'AMISOM. Il ne fait aucun doute qu’il s’agit d’une situation dangereuse, insensée et intenable. Imaginez un peu une ville de plus de deux millions de personnes, en état de siège, avec plusieurs milices de maraudeurs et d'extrémistes, avec en face un gouvernement légitime politiquement et militairement devenu inconséquent et peu pertinent. 3. La seule manière d'aboutir à un semblant de paix et de sécurité en Somalie est d'abord et avant tout d'accepter de faire face à l’inévitable: pour mettre fin aux deux décennies de guerre civile, nous devons commencer là où tout a commencé : Mogadiscio. Pour cela mettons de côté toutes rhétoriques, hypothèses, analyses, conditionnalités, réticences et indifférences qui ont prévalu depuis si longtemps sur le dossier somalien. Décidons une bonne fois pour toute, en l'absence d'options alternatives, de nettoyer Mogadiscio et ses environs des militants extrémistes afin de sécuriser la capitale, de rétablir l'ordre et l’Etat de droit et d’avoir un gouvernement fonctionnel qui rétablisse lentement tous les services vitaux pendant que les organismes des Nations Unies et les ONG commenceront à s’installer dans la capitale. Sceptique? Sans doute! Mais, affrontons la réalité, sans contrôler Mogadiscio, ou obtenir une victoire à Mogadiscio, je ne vois pas comment nous pouvons empêcher une désintégration pourtant évitable de la Somalie. D'autre part, si Mogadiscio est «libérée», cela donnerait au gouvernement une base importante et solide qui le conduirait a mettre l'ensemble du pays sous son contrôle. Certes, ça ne sera que le premier pas, mais le plus important, d’une série d’efforts qui déboucheraient sur un gouvernement solide capable d'étendre sa portée et son autorité à travers le pays. Ce que je viens d’affirmer implique un changement de dynamique de pensée et de vision du Conseil de sécurité et du Secrétariat. Cela requiert un passage radical du statut quo à une détermination résolue de ressusciter la Somalie une bonne fois pour toute. Tous s'accordent à dire que la réconciliation et les compromis politiques doivent continuer à être activement poursuivis en Somalie, en tout temps. Cependant, il est juste de dire que la situation explosive qui prévaut actuellement dans le pays n'est pas, à proprement parler, imputable à l'absence de consensus, d'inclusion ou d’initiatives de paix. En fait, les Somaliens sont devenus allergiques aux termes « processus de paix »et « réconciliation ». Ils les ont assez entendu. Alors, que veulent ces insurgés au fait? Sans aucun doute, leur but est de renverser ce fragile Gouvernement fédéral de transition internationalement reconnu, parce que cela va permettre aux groupes liés à Al-Qaida d’ établir leur modèle de gouvernance à l'ensemble de la Somalie centrale et méridionale, avant de s'étendre à d'autres parties relativement stables du pays; menaçant ainsi, la paix et la sécurité de toute la région . Monsieur le Président, La tragédie qui se déroule en Somalie ne touche pas seulement les Somaliens et les pays de la région . Elle nous concerne tous. La situation de ce pays déchiré par la guerre ne peut plus être écartée, reportée ou minimisée. Nous ne pouvons plus rester indifférents. Aider la Somalie à se défendre et à se protéger relève de notre responsabilité, c'est une obligation à laquelle nous ne pouvons plus échapper ou reporter sous quelque prétexte que ça soit. Il est temps que cette réticence persistante cède la place à un engagement proactif et pragmatique en vue de parvenir à assurer la sécurité, la stabilité et une paix durable en Somalie . Monsieur le Président, Mon pays, comme vous le savez, s’est toujours activement engagé à faciliter et à soutenir les nombreux efforts en cours dans le Golfe d'Aden et au-delà contre la menace de la piraterie. Bien que la piraterie n’ait pas encore été totalement éliminée, la collaboration étroite et intense des forces navales internationales permet de lutter efficacement contre l'attrait et l’appât que constitue ce fléau. L'action menée pour éliminer la piraterie a ,certes, contribué à réduire les actes de piraterie dans le Golfe d'Aden et a concouru à l’étendre plus largement à l'Océan Indien. L'impact de deux récents événements sont à surveiller. D'une part, le Conseil de sécurité a récemment adopté la résolution 1851 (2010), autorisant des mesures anti-piraterie sur terre en vue de paralyser gravement la capacité des pirates; d’autre part l'un des principaux groupes rebelles luttant pour le contrôle du pays a récemment capturé une base pour pirates. Malgré les déclarations de ce groupe rebelle, personne ne peut dire, à ce stade, s’il luttera contre la piraterie ou s’il en fera partie, étant donné les retombées lucratives de cette activité. Paradoxalement, la piraterie a attiré plus d’attention sur les conditions désastreuses de ce pays ou règne l'anarchie, le chômage et la paralysie politique. Monsieur le Président, Il y a maintenant deux ans de cela que l'Érythrée, a décidé, un beau matin, qu'il était temps de plonger Djibouti dans le chaos des conflits de la Corne de l'Afrique. Aucun pays ne doit être exempté de conflit, telle est la logique de l'Érythrée. D'où sa flagrante agression contre l'intégrité territoriale de mon pays, les affrontements militaires de Juin 2008; l'effusion de sang qui s’en est suivi et a provoqué des morts, des blessés et prisonniers des deux côtés ainsi que l'occupation de Doumeira et Ras l'île de Doumeira. La communauté internationale , notamment le Conseil de sécurité, a unanimement condamné l'Erythrée et a insisté sur la cessation immédiate des hostilités et le retrait des forces au statu quo ante. Mon pays a entendu cet appel et a retiré ses forces en conséquence. La réponse de l'Érythrée à ce jour, est de nier l’existence même d’une confrontation militaire, de rejeter tout retrait et de condamner l'action rapide du Conseil de Sécurité du 12 Juin 2008. Au cours des deux années qui ont suivi, comme vous vous en souvenez, nous avons intensément engagé toutes les organisations sous-régionales, régionales et internationales, en vue de réparer, par le biais d'un retrait immédiat, l’occupation illégale et injustifiée de mon pays. À cet égard, l’attachement et la foi de mon pays en la Charte des Nations Unies, n'a jamais faibli. C'est la deuxième fois en deux ans que je m'adresse au Conseil sur le cas de l'occupation de mon territoire, mon Premier ministre en a fait de même. Ceci démontre que l'incursion téméraire de l'Erythrée demeure une préoccupation majeure en terme de sécurité nationale. En effet, notre démarche a été légitimée par les actions successives du Conseil, par le rapport de la mission d’enquête, les déclarations et les résolutions. Ainsi, la résolution 1907 (2009) du 23 Décembre 2009, a imposé des sanctions à l'Erythrée pour son rejet erroné et dédaigneux des exigences du Conseil demandant de mettre fin à l'occupation et d’engager un dialogue sérieux et des efforts diplomatiques en vue d’une solution mutuellement acceptable à ce conflit frontalier. Cette résolution demande également au paragraphe 5 que l'Érythrée fournisse les informations relatives aux combattants djiboutiens disparus depuis les affrontements du 10 au 12 Juin 2008 afin que les organisations pertinentes puissent s'assurer de la présence et des conditions de détentions des prisonniers de guerre djiboutiens. Monsieur le Président, Je voudrais déclarer très clairement devant cette auguste organe, que l'intérêt premier de mon pays est de vivre en paix avec ses voisins, tout en continuant à Å“uvrer pour la stabilité intérieur et la croissance économique. Mon pays n'a pas d'ambitions territoriales autre que la volonté de vivre à l’intérieur de frontières sûres et la sauvegarde de sa souveraineté et de son intégrité territoriales.
 C'est dans ce contexte que nous nous sommes félicités de la visite très attendue à Asmara du Comité des sanctions du Conseil de sécurité sur la Somalie et l'Erythrée.
 Nous avions vraiment espéré que l'Érythrée, après avoir finalement accepté cette visite, profiterait de cette importante rencontre pour discuter sincèrement avec toutes les parties concernées, et commencerait à s’engager positivement avec un réel désir de régler durablement toutes les questions en suspens . Cependant, à notre grande surprise, la dernière prise de position soumise par l'Érythrée au Président du Comité des sanctions contient la litanie habituelle d’accusations sans fondement, de fausses allégations et de déni . Il semblerait que l'Érythrée, au lieu de profiter de cette rencontre tant attendue pour aborder les questions clés soulevées dans les résolutions 1844 et 1907, a plutôt choisi de poursuivre une stratégie de reconditionnement d’une démagogie obsolète bien connue. L'Érythrée semble avoir délibérément gaspillé une occasion en or. De toute évidence, son attitude envers le Conseil et ses voisins illustre le cynisme et le mépris, toujours avec une intention perpétuelle de déformer les faits connus, de détourner l'attention, de différer l'action et de créer la confusion. Rien de tout cela ne convaincra, j’en suis sûr, un Conseil vigilant et bien informé, dont certains des membres ont été des témoins de premier ordre des faits et actions pertinentes à ce sujet . Je souhaiterais très fermement vous mettre en garde contre toute idée pouvant faire croire que l'Érythrée est en train de changer ou de coopérer après la visite du Comité à Asmara. Je crois qu'il est vraiment prématuré, voire injustifié, de confondre l'affichage de bonne disposition qui a peut-être prévalu lors de la visite, avec des positions érythréennes inflexibles et inchangées sur le fond sur toutes les questions en suspens. Pas un iota de ses obligations n’a été rempli ,ou même est en train d’être considéré en vue d’une mise en Å“uvre des résolutions du Conseil. Ne nous laissons pas emporter par un jugement hâtif, autrement nous ne ferions qu’exagérer une artificielle et inexistante bonne volonté érythréenne. L'Érythrée n’a pas changé, et n'a aucunement l'intention de changer, ce à quoi nous assistons est tout simplement une comédie. Alors que nous sommes tous focalisés, comme il se doit, sur l'occupation de l'Erythrée d'une partie de mon territoire, je souhaite partager avec vous d’autres éléments inquiétants auxquels nous sommes confrontés aujourd'hui. Depuis bientôt un an, l'Érythrée a entrepris, de manière systématique, la déstabilisation de mon pays par la formation d’agents infiltrés qui entreprennent des actions de sabotage visant les infrastructures, les événements nationaux dans les zones urbaines et rurales en vue de causer la peur et la discorde. Nous avons été très vigilants au sujet de cette menace réelle et permanente qui a déjà été mise à exécution à l'intérieur de mon pays. Parmi les nombreux infiltrés que nous avons récemment capturé , se trouve notamment le chef de cette bande de saboteurs. Il convient de rappeler que la résolution 1907 (2009) a souligné les nombreuses manières dont l'Érythrée peut affaiblir ses voisins, notamment par l’hébergement, le financement, le soutien, l’organisation, l’entraînement, l’incitation d’individus ou groupes d'individus à commettre des actes de violence ou des actes terroristes qui visent à déstabiliser la région, et en particulier pour inciter à la violence et la guerre civile à Djibouti. J'exhorte les membres du Conseil à saisir toutes les implications de la violence croissante et de l'intransigeance érythréenne. L'escalade des tensions et des conflits, le désordre largement répandu dans la Corne de l'Afrique, peuvent constituer un prélude à une situation bien pire, à moins que ses nombreuses causes ne soient adéquatement et sérieusement traitées. Je vous remercie." FIN DE DISCOURS.

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