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Nations unies : Djibouti plaide pour une médiation plus ambitieuse face à la multiplication des conflits

02 juin 2026
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Nations unies : Djibouti plaide pour une médiation plus ambitieuse face à la multiplication des conflits

Source: ADI

NEW-YORK, 2 juin 2026 (#ADI) – Djibouti a appelé lundi la communauté internationale à renforcer les mécanismes de médiation et de diplomatie préventive pour faire face à la recrudescence des conflits armés et aux tensions géopolitiques croissantes, estimant que les Nations unies doivent agir plus tôt et avec davantage de moyens pour prévenir les crises. S’exprimant devant l’Assemblée générale des Nations unies lors d'un débat consacré au rôle de la médiation dans le règlement pacifique des différends, l'ambassadeur djiboutien auprès de l’ONU, Mohamed-Siad Doualeh, a souligné que la médiation demeurait « l’un des instruments les plus précieux » dont dispose l’organisation pour remplir sa mission fondatrice de prévention des guerres.

Dix ans après l’adoption de la résolution 70/304, qui a consacré la médiation comme un outil central de prévention et de résolution des conflits, le diplomate djiboutien salué les progrès accomplis tout en mettant en garde contre un contexte international devenu plus complexe.

« Le monde d’aujourd’hui est marqué par de nombreux conflits complexes et prolongés, aggravés par des tensions géopolitiques croissantes », a-t-il déclaré, évoquant également l’influence croissante d’acteurs armés non étatiques qui compliquent les efforts de paix dans plusieurs régions du globe.

Selon l’ambassadeur Doualeh, l’architecture mise en place par l’ONU, des bons offices du secrétaire général aux envoyés spéciaux, en passant par les experts de médiation et les mécanismes de consolidation de la paix, demeure solide. Mais son efficacité se heurte souvent aux divisions politiques entre Etats et aux rivalités stratégiques qui paralysent l’action préventive.

« Les capacités d’alerte précoce ne se traduisent pas nécessairement par une action précoce », a-t-il regretté, estimant que les logiques de confrontation entre puissances continuaient d’entraver les perspectives de règlement pacifique des crises.

Face à ce constat, Djibouti a formulé plusieurs recommandations, appelant à un soutien politique accru aux médiateurs des Nations unies, à un financement plus stable des initiatives de paix et à un renforcement des programmes de formation destinés aux acteurs de la médiation.

Le représentant djiboutien a également insisté sur la nécessité d’accroître la participation des femmes dans les processus de paix. Bien que des avancées aient été enregistrées depuis 2016, notamment grâce à la nomination de davantage de médiatrices et à l’intégration d’approches sensibles au genre, « les progrès restent encore trop lents », a-t-il estimé.

Djibouti a par ailleurs plaidé pour une coopération plus étroite entre les Nations unies et les organisations régionales, citant l’Union africaine, l’Autorité intergouvernementale pour le développement et la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest, dont la proximité avec les réalités du terrain constitue selon lui un atout déterminant dans les efforts de médiation.

Le diplomate a par ailleurs souligné que les conflits contemporains exigeaient une adaptation des méthodes traditionnelles de règlement des différends. Terrorisme, criminalité transnationale, changement climatique et multiplication des groupes armés non étatiques imposent désormais « davantage de flexibilité et d'expertise » aux mécanismes onusiens de médiation.

Evoquant l’engagement de son pays, l’ambassadeur Doualeh a rappelé que Djibouti, sous l’impulsion du président Ismaïl Omar Guelleh, participait activement aux initiatives de paix dans la Corne de l’Afrique, une région régulièrement confrontée aux conséquences des conflits et aux crises humanitaires.

« Notre région a démontré que la paix durable ne résulte pas uniquement des victoires militaires, mais repose avant tout sur le dialogue, le compromis et des processus politiques inclusifs », a-t-il affirmé.

Enfin, le représentant djiboutien a appelé les Etats membres à faire preuve de davantage de volonté politique afin que la médiation soit utilisée « avec plus de constance, de courage et d’efficacité », à l’heure où les conflits continuent de menacer la stabilité de nombreuses régions du monde.

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