Le corridor DESSU, nouvelle pièce de la stratégie régionale de Djibouti
Source: ADI
DJIBOUTI, 12 mai 2026 (#ADI) — Ports, routes, chemins de fer et corridors énergétiques: avec la création de l’Autorité DESSU, quatre pays d’Afrique de l’Est tentent de bâtir un espace logistique intégré au service du commerce régional. Pensé comme un axe multimodal reliant les ports djiboutiens de la mer Rouge aux marchés intérieurs de l’Afrique orientale, le corridor ambitionne de dépasser la simple logique du transit commercial pour structurer un espace économique régional intégré. Derrière cette initiative, les quatre Etats signataires (Djibouti, l’Ethiopie, le Soudan du Sud et l’Ouganda) cherchent à transformer une interdépendance logistique en moteur de croissance partagée.
DJIBOUTI, 12 mai 2026 (#ADI) — Ports, routes, chemins de fer et corridors énergétiques: avec la création de l’Autorité DESSU, quatre pays d’Afrique de l’Est tentent de bâtir un espace logistique intégré au service du commerce régional.
Pensé comme un axe multimodal reliant les ports djiboutiens de la mer Rouge aux marchés intérieurs de l’Afrique orientale, le corridor ambitionne de dépasser la simple logique du transit commercial pour structurer un espace économique régional intégré.
Derrière cette initiative, les quatre Etats signataires (Djibouti, l’Ethiopie, le Soudan du Sud et l’Ouganda) cherchent à transformer une interdépendance logistique en moteur de croissance partagée.
« La connectivité n’est plus seulement une question d’infrastructures, mais de souveraineté économique », résume un diplomate djiboutien impliqué dans les négociations.
Le projet s’inscrit dans la continuité du partenariat stratégique noué depuis plus de deux décennies entre Djibouti et l’Ethiopie. Pays de plus de 120 millions d’habitants, l’Ethiopie utilise largement les infrastructures portuaires djiboutiennes pour son commerce extérieur. Cette relation avait conduit les deux pays à envisager dès les années 2020 la création d’une structure commune de coordination logistique.
Un protocole d’accord bilatéral avait été signé en 2021 avant qu’un second texte, conclu le 27 février 2025 avec l’Ouganda et le Soudan du Sud, n’élargisse l’initiative à une dimension quadrilatérale. Pour les promoteurs du projet, cette évolution traduit la nécessité d’une gouvernance collective face à des chaînes logistiques désormais régionales.
Le corridor DESSU entend intégrer routes, chemins de fer, infrastructures portuaires et réseaux pétroliers dans un même dispositif. Une architecture exceptionnelle qui suppose une coordination étroite entre administrations douanières, autorités portuaires et institutions de sécurité des quatre pays.
Mais plusieurs observateurs soulignent que le succès du projet dépendra moins des infrastructures physiques que de la capacité politique des Etats à harmoniser leurs procédures et à maintenir une coopération durable.
L’expérience du corridor LAPSSET, porté par le Kenya avec l’Ethiopie et le Soudan du Sud, est régulièrement citée comme un avertissement. Malgré des investissements massifs, ce projet a souffert de lenteurs administratives, d’un manque de coordination institutionnelle et d’une gouvernance fragmentée, limitant son impact régional.
« Les infrastructures seules ne créent pas un corridor efficace », estime un expert régional du commerce est-africain. « Sans mécanismes contraignants, sans suivi des performances et sans continuité politique, les ambitions restent théoriques. »
Les Etats signataires devront notamment assurer le fonctionnement effectif des organes de la nouvelle Autorité (Conseil des ministres, comité exécutif, comités techniques et secrétariat permanent) afin d’éviter que la structure ne demeure un cadre institutionnel sans pouvoir opérationnel réel.
Pour Djibouti, l’enjeu est stratégique. Le corridor consoliderait la position du pays comme principal hub maritime et logistique de la région, à l’intersection des routes reliant la mer Rouge à l’océan Indien.
Pour l’Ethiopie, le DESSU représente une opportunité de sécuriser et diversifier ses accès commerciaux à la mer tout en renforçant son rôle de plateforme de transit régionale. L’Ouganda et le Soudan du Sud espèrent, eux, accéder plus facilement aux marchés mondiaux et attirer des investissements industriels le long du corridor.
Les promoteurs du projet insistent également sur la nécessité d’éviter une concentration des bénéfices au profit des seuls Etats côtiers.
L’Autorité prévoit ainsi le développement de ports secs, de centres logistiques intégrés et de zones économiques spéciales afin de favoriser l’industrialisation des régions traversées.
A travers le DESSU, les Etats d’Afrique de l’Est cherchent désormais à démontrer qu’un corridor peut devenir un outil d’intégration économique, de stabilité régionale et de projection géopolitique dans une région devenue centrale pour les échanges mondiaux.
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