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Djibouti veut relancer le crédit au logement abordable et lève la “garantie silencieuse”

03 mars 2026
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Djibouti veut relancer le crédit au logement abordable et lève la “garantie silencieuse”

Source: ADI

DJIBOUTI, 3 mars 2026 (ADI) – Le gouvernement djiboutien a confirmé ce mardi la levée de la “garantie silencieuse” dans le mécanisme public de garantie hypothécaire, une décision présentée comme capitale pour relancer le financement du logement abordable, lors d’une table ronde réunissant autorités monétaires et dirigeants bancaires. “Nous en confirmons aujourd’hui publiquement la mise en œuvre”, a déclaré le ministre de l’Economie et des Finances, chargé de l’Industrie, en présence de la ministre de la Ville et du gouverneur de la Banque centrale.

Lancé en juin 2023 au sein du Fonds de Garantie de Djibouti (FOGAD), le mécanisme de garantie hypothécaire vise à faciliter l’accès au crédit immobilier des ménages à revenus modestes et intermédiaires, en partageant le risque entre l’Etat et les banques. Une première évaluation avait eu lieu en juillet 2024.

Mais, malgré un “potentiel significatif”, son utilisation reste “en deçà des attentes”, a reconnu le ministre. Un questionnaire adressé aux établissements par la Banque Centrale de Djibouti en décembre 2025 a permis d’identifier des contraintes techniques et opérationnelles, préalable “indispensable” à l’ajustement du dispositif.

La levée de la garantie silencieuse, décidée par “les plus hautes autorités de l’Etat” en décembre 2025 et notifiée aux banques en février, vise à “accroître la transparence, améliorer le suivi et affirmer plus clairement l’engagement de l’Etat dans le partage des risques”, selon le ministre.

En parallèle, l’exécutif met en avant un effort financier direct pour alléger le coût d’accès au logement. Les commissions appliquées aux produits des promoteurs publics ont été ramenées à 0 % pour une durée de douze mois à compter de décembre 2025. 

La mesure concerne les programmes de l’Agence de Rénovation Urbaine et du Logement Social (ARULoS) et de la Société Immobilière d\'Aménagement Foncier (SIAF).

Les commissions initiales, comprises entre 0,5 % et 0,95 %, figuraient déjà “parmi les plus faibles à l’échelle internationale”, a souligné le ministre, qualifiant la décision d’“engagement financier significatif”.

Sur le volet de l’offre, plus de 6.000 parcelles ont été commercialisées par l’ARULoS entre 2024 et les neuf premiers mois de 2025. “Ces chiffres démontrent que l’offre progresse. Il nous appartient désormais d’assurer une montée en puissance parallèle du financement”, a-t-il insisté.

Le gouvernement appelle ainsi les banques à une mobilisation accrue du crédit, estimant que “la convergence des efforts vers les priorités nationales constitue un facteur déterminant d’efficacité collective”.

Par-delà l’enjeu social, l’exécutif met en avant l’effet d’entraînement économique du secteur. Le logement “stimule l’investissement, soutient l’immobilier, génère de l’emploi et contribue à l’élargissement de la base productive”, a rappelé le ministre.

A titre d’exemple, la fenêtre du FOGAD dédiée aux micro, très petites et moyennes entreprises a traité 357 opérations pour un montant avoisinant 1,5 milliard de francs djiboutiens, preuve selon lui que le partage du risque “fonctionne lorsqu’il est pleinement mobilisé”.

L’ambition affichée est désormais d’atteindre un niveau de performance comparable sur le segment du logement abordable, dans un pays où la pression démographique et l’urbanisation rapide accentuent la demande en habitat formel.

“Le logement est un pilier de la cohésion nationale”, a conclu le ministre, fixant comme cap l’accès durable à la propriété pour les ménages à revenus bas et intermédiaires, “dans des conditions soutenables et responsables”.

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