Experts, magistrats et décideurs réunis à Djibouti autour du rôle de la science médico-légale face aux flux migratoires croissants
Source: ADI
DJIBOUTI, 2 mars 2026 (ADI) – Le 13e Congrès international annuel de la Société Africaine de Médecine Légale (ASFM) s’est ouvert ce lundi à Djibouti, sous le haut patronage du Premier ministre Abdoulkader Kamil Mohamed, autour d’un thème : « La médecine légale face au phénomène des migrants ». Organisé au Kempinski Palace Hôtel, le rendez-vous réunit des experts africains et internationaux en médecine légale, des magistrats, des professionnels de santé, des spécialistes du droit humanitaire ainsi que des universitaires et des décideurs publics.
Chaque année, ce congrès constitue l’un des principaux forums continentaux consacrés aux sciences médico-légales.
Dans son discours d’ouverture, le Premier ministre Abdoulkader Kamil Mohamed a salué « la vigueur de l’engagement collectif » des participants, venus, selon lui, « échanger leurs connaissances et confronter leurs expériences face aux limites constamment changeantes de leur domaine ».
L’organisation de l’événement à Djibouti « ne résulte pas d’une coïncidence », a-t-il affirmé, y voyant l’illustration d’une stratégie visant à faire du pays « un carrefour régional d’excellence scientifique, académique et médicale ».
Le thème retenu pour cette 13e édition intervient dans un contexte de flux migratoires soutenus sur le continent africain et au-delà. « Dans un monde marqué par des crises humanitaires complexes et des défis sécuritaires multiples, la médecine légale occupe une place singulière au carrefour de la science et du droit », a déclaré M. Abdoulkader Kamil Mohamed, insistant sur la nécessité de réponses « plus rigoureuses, plus transparentes et plus humaines » dans le traitement des affaires judiciaires liées aux migrations.
Pour le président du comité d’organisation local, le médecin lieutenant-colonel Samatar Hassan Farah, l’objectif est d’analyser les défis spécifiques posés par le phénomène migratoire, tant sur les plans éthique et médical que juridique.
Les travaux doivent notamment aborder l’identification des personnes décédées en contexte migratoire, la prise en charge des victimes de violences et la coopération entre autorités judiciaires et sanitaires.
Pays de transit situé au carrefour de la Corne de l’Afrique et de la péninsule arabique, Djibouti est régulièrement confronté aux enjeux liés aux mouvements de populations. « Pour Djibouti, pays de transit et de solidarité, cette thématique revêt une importance particulière », a souligné le Premier ministre, rappelant que toute réponse aux défis migratoires doit demeurer « respectueuse de la dignité humaine ».
Les travaux du congrès se poursuivront sur plusieurs jours. Les organisateurs espèrent qu’ils déboucheront sur des recommandations destinées à renforcer la place de la médecine légale dans les systèmes de santé et de justice africains.
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