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Afrique de l’Est : lancement de l’Autorité du corridor reliant la mer Rouge aux Grands Lacs

16 février 2026
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Afrique de l’Est : lancement de l’Autorité du corridor reliant la mer Rouge aux Grands Lacs

Source: ADI

DJIBOUTI, 16 février 2026 (ADI) – Djibouti a abrité dimanche à la signature de l’accord portant création de l’Autorité du Corridor Djibouti–Ethiopie–Soudan du Sud–Ouganda (DESSU), un projet régional ambitieux destiné à relier la mer Rouge aux Grands Lacs et à fluidifier les échanges entre quatre pays d’Afrique de l’Est. La cérémonie s’est tenue au Djibouti Palace Kempinski, en présence des ministres des Transports de Djibouti, de Éthiopie, du Soudan du Sud et de Ouganda, ainsi que de l’ambassadeur de l’Union européenne.

Cette étape majeure intervient un an après la signature d’un mémorandum d’entente sur ce corridor stratégique, également appelé DESSU. La nouvelle autorité sera chargée de coordonner la mise en œuvre, l’harmonisation réglementaire et le développement des infrastructures le long de l’axe.

Pour Djibouti, plateforme portuaire clé sur la mer Rouge, l’enjeu est autant économique que politique. « Le Corridor DESSU constitue une illustration puissante des principes de l’Union africaine et de son Agenda 2063. Il incarne “l’Afrique que nous voulons” : un continent intégré où les frontières ne sont plus des barrières, mais des ponts », a déclaré le ministre djiboutien des Infrastructures et de l’Equipement, Hassan Houmed Ibrahim.

Aligné sur les objectifs de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), le corridor doit également consolider l’ancrage régional des quatre pays au sein de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) et du Marché commun de l\'Afrique orientale et australe (COMESA).

Pays enclavé de plus de 120 millions d’habitants, l’Ethiopie voit dans le projet un levier vital pour soutenir sa croissance. « Le Corridor DESSU n’est pas simplement une voie de transport. C’est un axe stratégique d’intégration régionale et de prospérité partagée », a affirmé son ministre des Transports et de la Logistique, Alemu Sime Fayisa. Addis-Abeba entend jouer un rôle de trait d’union entre les Etats des Grands Lacs et les ports djiboutiens.

Côté ougandais, le ministre Edward Katumba Wamala a insisté sur la phase d’exécution. « Le véritable travail commence maintenant », a-t-il déclaré, appelant à transformer l’accord en réalisations concrètes : routes, chemins de fer, connexions aériennes et suppression des barrières non tarifaires.

Pour le Soudan du Sud, l’un des pays les plus enclavés et fragiles du continent, l’accord revêt une portée stratégique. Son ministre des Transports, Rizik Zakaria Hassan, a qualifié la journée d’« historique », promettant d’accélérer la ratification nationale du texte.

Selon les autorités djiboutiennes, le corridor reliera le port de Djibouti à Addis-Abeba, Jimma, Boma, Raad, Kapoeta, Nimule, Gulu et Kampala, formant une chaîne logistique continue depuis les routes maritimes mondiales jusqu’aux centres intérieurs de production et de consommation.

Les retombées attendues sont significatives : baisse des coûts logistiques, réduction des délais de transit, amélioration de la fiabilité des chaînes d’approvisionnement. A terme, les gouvernements partenaires misent sur une hausse des volumes commerciaux, un développement industriel accru et une croissance soutenue dans l’ensemble de la zone.

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