Face aux pressions migratoires régionales, Djibouti renforce son arsenal législatif
Source: ADI
DJIBOUTI, 13 février 2026 (ADI) – Le gouvernement djiboutien a lancé mercredi un atelier national destiné à renforcer les capacités des parlementaires et hauts responsables face aux défis liés aux déplacements forcés, dans un pays qui accueille environ 35.000 réfugiés et demandeurs d’asile. Organisée par le ministère de l’Intérieur, en partenariat avec l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) et l’Office national d’assistance aux réfugiés et sinistrés (ONARS), la rencontre se tient à Djibouti-Ville et réunit législateurs, décideurs politiques et représentants d’institutions publiques.
Avec une population réfugiée représentant plus de 3 % de ses habitants, Djibouti figure parmi les principaux pays d’accueil de la région. Un contexte qui, selon les autorités, impose un renforcement des outils juridiques et institutionnels.
« La Corne de l’Afrique demeure profondément affectée par les conflits, les effets du changement climatique et l’insécurité alimentaire, entraînant d’importants mouvements de population », a déclaré le secrétaire général du ministère de l’Intérieur, Souleiman Moumin Robleh, à l’ouverture des travaux. Ces dynamiques, a-t-il ajouté, exercent « une forte pression sur les communautés et les États d’accueil ».
L’atelier s’inscrit dans la mise en œuvre du cadre politique de l’IGAD sur la protection des réfugiés, adopté en 2023 par les Etats membres. Ce texte régional vise à harmoniser les approches en matière de protection et encourage leur déclinaison dans les législations nationales. « Son efficacité dépend de sa traduction en lois et programmes solides », ont rappelé les organisateurs.
Concrètement, la formation doit permettre aux parlementaires d’approfondir leur maîtrise des instruments juridiques internationaux, africains et régionaux relatifs aux déplacements forcés. Elle entend également renforcer le dialogue entre exécutif et législatif, ainsi qu’avec la société civile et les organisations humanitaires, afin d’améliorer la coordination et le contrôle de la mise en œuvre des politiques publiques.
Représentant la direction de la santé et du développement social de l’IGAD, Josephat Onyari a insisté sur « le rôle crucial des législateurs dans l’élaboration de cadres juridiques capables de s’attaquer aux causes profondes des déplacements, de protéger les réfugiés et de promouvoir des solutions durables ».
De son côté, le secrétaire exécutif de l’ONARS, Mohamed Ali Kamil, a rappelé que l’institution, créée en 1978, fait l’objet d’une réforme juridique et institutionnelle destinée à améliorer son efficacité opérationnelle et sa coordination avec les partenaires nationaux et internationaux.
A l’issue de l’atelier, les participants sont appelés à formuler des recommandations pour adapter ou renforcer le cadre législatif djiboutien, dans un environnement régional marqué par la persistance des crises et la vulnérabilité accrue des populations déplacées.
Notons enfin que le projet bénéficie d’un appui financier du gouvernement suédois, à travers le programme régional de protection et de solutions pour les personnes déplacées (PSDP).
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