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Pourquoi la reconnaissance du Somaliland par Israël inquiète au-delà de la Somalie !

Par AAD | 30 janvier 2026
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Pourquoi la reconnaissance du Somaliland par Israël inquiète au-delà de la Somalie !

Source: ADI

DJIBOUTI, 30 janvier 2026 (ADI) — En annonçant sa reconnaissance de la région sécessionniste du Somaliland, Israël s’apprête à bousculer un équilibre déjà précaire dans la Corne de l’Afrique, au risque de fragiliser davantage la Somalie et d’ouvrir un nouveau front géopolitique aux répercussions régionales et internationales. Selon une note d’analyse publié par des chercheurs de l’Institut d’études politiques et stratégiques de Djibouti (IEPS), cette décision qu’aucun pays n’a jusque-là osé prendre, porte atteinte à la souveraineté, à l’unité et à l’intégrité territoriale de la Somalie.

Le timing interroge. Après des années de guerre civile, la Somalie a enregistré des avancées significatives : recul du groupe jihadiste Al-Shabaab, montée en puissance des forces nationales appuyées par l’Union africaine, retour progressif de la vie politique à Mogadiscio et percées diplomatiques, dont un siège de membre non permanent au Conseil de sécurité de l’ONU pour 2025-2026. En décembre 2025, le pays a organisé ses premières élections municipales au suffrage universel direct depuis 1969.

Pour les chercheurs djiboutiens de l\'IEPS, une reconnaissance israélienne viendrait « saper ces acquis » en affaiblissant les institutions fédérales somaliennes et en offrant aux mouvements jihadistes un argument de mobilisation supplémentaire, Israël occupant une place centrale dans leur rhétorique idéologique. Le risque d’un regain d’insécurité, voire d’une reprise de la piraterie maritime et des flux migratoires, est explicitement évoqué.

Dans le nord de la Somalie, la décision pourrait aussi raviver des fractures internes. Le projet sécessionniste du Somaliland reste contesté par plusieurs régions, notamment SSC-Khatumo, reconnue en 2025 comme État membre de la fédération somalienne après un conflit armé en 2023. Toute reconnaissance extérieure, estiment les auteurs, accentuerait les tensions claniques et pourrait précipiter une nouvelle phase de violences.

Par-delà le cas somalien, l’IEPS voit dans cette reconnaissance un précédent potentiellement déstabilisateur pour l’ensemble de la Corne de l’Afrique, région déjà ébranlée par la guerre au Soudan, les tensions persistantes et les rivalités entre Etats riverains de la mer Rouge. Elle remettrait en cause le principe africain de l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation, et légitimerait d’autres revendications sécessionnistes.

L’enjeu dépasse enfin le cadre africain. En s’alignant ouvertement sur Israël, le Somaliland pourrait devenir une cible indirecte des rivalités du Moyen-Orient, notamment dans le contexte des tensions en mer Rouge liées au conflit à Gaza. Une telle évolution ferait du golfe d’Aden et du détroit de Bab el-Mandeb, axe vital du commerce mondial, un espace encore plus exposé aux logiques de confrontation.

Pour l’IEPS, la reconnaissance du Somaliland par Israël resterait juridiquement limitée et largement symbolique. Mais sur le plan stratégique, elle risquerait d’alimenter une instabilité durable, à rebours des efforts internationaux de stabilisation de la Somalie et de sécurisation de l’un des carrefours géopolitiques les plus sensibles du monde.

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