EDITORIAL : Ni peur ni haine, une ligne de principe
Source: ADI
Par Ibrahim Miyir Ali
DJIBOUTI, 14 janvier 2026 (ADI) - Depuis la reconnaissance unilatérale et isolée de la République autoproclamée du nord de la Somalie par l’entité sioniste — une décision unanimement condamnée par la communauté internationale — une rhétorique inquiétante s’est installée dans certains cercles. Djibouti y est caricaturé, soupçonné, parfois violemment pris à partie. On l’accuse tour à tour de craindre une hypothétique concurrence stratégique ou de nourrir une hostilité viscérale envers un peuple pourtant frère. Ces accusations, répétées à l’envi, appellent une mise au point ferme et sans détour. Djibouti n’a ni peur, ni haine. L’insinuer relève soit de l’ignorance, soit de la mauvaise foi.
Par Ibrahim Miyir Ali
DJIBOUTI, 14 janvoer 2026 (ADI) - Depuis la reconnaissance unilatérale et isolée de la République autoproclamée du nord de la Somalie par l’entité sioniste — une décision unanimement condamnée par la communauté internationale — une rhétorique inquiétante s’est installée dans certains cercles.
L’insinuer relève soit de l’ignorance, soit de la mauvaise foi. La position de la République de Djibouti sur la question somalienne est constante, lisible et parfaitement assumée depuis l’accession de notre pays à l’indépendance : l’unité, la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Somalie constituent un principe intangible. Un principe politique, diplomatique et moral, jamais sacrifié sur l’autel des circonstances, des pressions ou des calculs conjoncturels.
Ce choix n’est dicté ni par des intérêts économiques — Djibouti n’a pas bâti sa stabilité et son rayonnement régional sur la fragilité de ses voisins — ni par une quelconque rivalité portuaire ou stratégique. Ceux qui tentent de réduire la diplomatie djiboutienne à une peur de la concurrence méconnaissent profondément la réalité. Djibouti s’est imposé comme un hub régional par la stabilité de ses institutions, la clarté de sa vision et la constance de ses partenariats, non par l’exclusion ou l’hostilité de qui que ce soit.
Quant aux accusations de haine envers les populations du nord de la Somalie, elles sont non seulement infondées, mais profondément injustes. Les liens humains, culturels, familiaux et historiques entre ces populations et les Djiboutienssont trop profonds pour être balayés par des slogans. Djibouti distingue clairement les peuples des projets politiques. Défendre l’unité somalienne ne signifie en rien nier les réalités locales, encore moins mépriser des populations qui aspirent à la paix, au développement et à la reconnaissance.
La reconnaissance unilatérale d’une entité sécessionniste, en violation du droit international et sans l’aval des instances multilatérales, ne peut être banalisée. Elle ouvre une brèche dangereuse dans une région déjà éprouvée par les fractures et les conflits. En s’y opposant, Djibouti ne défend pas un intérêt égoïste, mais une vision, celle d’une Corne de l’Afrique stable, respectueuse des frontières héritées et fondée sur le dialogue, non sur les faits accomplis.
Il est temps de sortir de la surenchère verbale et des procès d’intention. La République de Djibouti n’est ni un adversaire, ni un obstacle. Elle demeure un pays de principes, attaché à la légalité internationale et à la paix régionale. Ceux qui cherchent à transformer un désaccord politique en animosité entre peuples prennent la lourde responsabilitéd’alimenter des fractures que l’histoire, la géographie et la raison commandent au contraire de résorber.
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