Intelligence artificielle : les ambitions passent désormais à l’épreuve de l’action
La stratégie doit servir de feuille de route au développement de l’intelligence artificielle dans le pays, avec un accent mis sur la gouvernance, la cybersécurité, la formation, la recherche, l’innovation et l’inclusion.
Après une première journée consacrée à la vision nationale et à l’évaluation de l’état de préparation du pays, les travaux se sont concentrés sur les conditions nécessaires à la mise en œuvre de cette stratégie.
Le rapport RAM de l’UNESCO, consacré à l’évaluation de la préparation de Djibouti à l’intelligence artificielle, a été présenté au cours de la seconde journée. Les échanges ont notamment réuni Hugue Ngandeu Ngatta, représentant l’UNESCO, le Dr Mahamed Nawar, de l’ESCWA, et l’enseignant-chercheur et expert en transformation numérique Ismail Douksieh Boulaleh.
Les discussions ont porté sur la gouvernance de l’IA et des données, la sécurité numérique, les mécanismes institutionnels et les priorités nationales.
Pour les participants, la réussite de cette transformation dépendra toutefois moins de la technologie elle-même que de la capacité du pays à disposer de compétences adaptées.
L’évolution des programmes d’enseignement, la formation des enseignants, le développement de la recherche, les infrastructures de calcul et les partenariats universitaires figurent ainsi parmi les principaux sujets abordés.
L’objectif est de préparer les compétences nécessaires aux secteurs public et privé, tout en favorisant l’émergence de chercheurs, d’entrepreneurs et de professionnels spécialisés dans les technologies émergentes.
Cinq panels ont permis d’approfondir ces orientations.
Le premier a porté sur la gouvernance d’une IA « éthique, souveraine et sécurisée ». Un deuxième a examiné le potentiel de l’intelligence artificielle pour l’économie, l’innovation et la résilience des entreprises.


Un troisième panel était consacré à l’éducation, à la recherche et au capital humain, tandis qu’un quatrième s’est intéressé à une IA plus inclusive, notamment dans les domaines de la santé et des services publics.
Des outils adaptés aux langues locales
La question linguistique a occupé une place particulière dans les échanges. Le développement d’outils numériques capables de prendre en compte le somali, l’arabe et l’afar est présenté comme un moyen de rapprocher les nouvelles technologies des citoyens et de limiter les effets de la fracture numérique.
La santé numérique, l’accessibilité, le handicap, le genre et la modernisation des services publics ont également été abordés.
L’après-midi a permis de confronter ces orientations aux initiatives existantes avec l’ouverture d’une exposition consacrée aux solutions d’intelligence artificielle.
Des chercheurs, startups et porteurs de projets ont présenté différentes applications et innovations développées localement. La présentation du e-JO en somali, arabe et afar a notamment illustré cette volonté d’adapter les outils numériques au contexte djiboutien.
Le concours Innovation IA Djibouti 2026 doit par ailleurs distinguer plusieurs initiatives et talents locaux.
A travers ces différentes activités, le forum cherche à mettre en relation les orientations de la future stratégie et les projets développés sur le terrain.
Pour Djibouti, l’enjeu est désormais de transformer la SNIA 2026-2030 en actions concrètes, dans un domaine encore émergent mais appelé à prendre une place croissante dans l’économie, l’administration et la société.
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