Adieu, Monsieur le ministre !
Jeudi, à Paris, après plusieurs mois d’hospitalisation, le ministre djiboutien de la Défense s’est éteint, laissant derrière lui le souvenir d’un homme dont la vie se confond avec les grandes étapes de la construction de l’Etat djiboutien.
Né en 1953 à Tadjourah, au sein d’une famille profondément enracinée dans l’histoire nationale, Hassan Omar Mohamed Bourhan porte très tôt l’héritage de l’engagement public. Son père, Omar Mohamed Bourhan, compagnon de route du président Hassan Gouled Aptidon, avait servi l’administration dès l’époque coloniale. Une filiation qui sera pour lui une exigence de responsabilité.
Formé entre Le Caire et la région parisienne, il revient à Djibouti au moment où le pays accède à l’indépendance. En 1977, à seulement 24 ans, il est élu député du Rassemblement pour l’Indépendance et devient le benjamin de la première Assemblée nationale de la République. Réélu en 1982, il accompagne les premières années de construction de l’Etat.
Mais c’est dans l’administration qu’il choisira ensuite de poursuivre sa carrière. En 1987, il rejoint le ministère de l’Intérieur. A Tadjourah, sa région natale, il exerce comme adjoint au Commissaire de la République en 1991, puis comme Commissaire de la République en 1994. Au contact des réalités du terrain, il se forge une conception pragmatique de l’action publique.
En 2000, il devient Secrétaire général du ministère de l’Intérieur, une fonction qu’il occupera pendant onze années. Dans les bureaux de l’administration centrale, il devient l’un des piliers de ce ministère régalien.
En 2011, il entre au gouvernement comme ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et de l’Environnement, avant de prendre, en 2013, les responsabilités de ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation. Il sera ensuite appelé à servir dans le domaine de la Défense nationale, jusqu’à ses derniers jours.
Quarante années durant, il fut ainsi l'un de ces hommes auxquels l'Etat confie ses responsabilités les plus essentielles. Ceux qui l’ont côtoyé retiendront l'image d'un homme rigoureux et profondément attaché à l’intérêt général. "Il ne cherchait ni les honneurs ni les éloges. Sa fierté résidait dans le travail accompli et dans le service rendu à la République", confie l'un de ses plus proches collaborateurs.
Avec sa disparition, Djibouti perd une figure majeure. Un serviteur de l’Etat s’en est allé. Son empreinte, elle, demeure.
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