Discours du chef de l’Etat à l’occasion de la Journée commémorative dédiée à la femme
Par NF
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08 mars 2010
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Source: ADI
La célébration de la Journée internationale de la femme a donné l’occasion au Président Ismail Omar Guelleh de prononcer un important discours dans lequel il a exhorté ses concitoyens à "rompre résolument avec certaines de ces pratiques héritées de traditions qui véhiculent de visions archaïques et dégradantes de nos sœurs".
Se disant persuadé que "le degré de démocratie, de développement et de progrès, se mesure à l’aune de la participation féminine au sein des institutions et dans la vie culturelle, économique et politique", le chef de l’Etat a rappelé que notre pays s’est fixé des objectifs précis et adopté un programme d’action complet pour accélérer le processus de promotion de la femme et assurer sa pleine participation à tous les domaines de la vie politique, économique et sociale pour en faire un agent actif de développement".
"Qu’il s’agisse de la santé, de l’instruction, du travail, de la politique, des média et de la culture, en un peu plus de dix ans, il est indéniable que des pas de géant ont été accomplis avec un très large consensus des composantes de notre peuple", selon le chef de l’Etat.
Lire, ci-après, l’intégralité du discours du chef de l’Etat, M. Ismail Omar Guelleh :
"Louange à Dieu, que la paix et la bénédiction soient sur le Prophète, sa Famille et ses Compagnons,
Distingués invités,
Mesdames et Messieurs
Mes chères compatriotes,
Je suis très heureux de prendre part à cette cérémonie qui célèbre, de par le monde, le combat inlassable des femmes en quête de leurs droits.
La Journée Internationale de la Femme est, donc, pour moi l’occasion de vous adresser mes salutations et de vous présenter mes meilleurs vœux et, ce faisant, de vous rendre hommage au nom du pays tout entier.
Comme vous le savez, mes chères compatriotes, le degré de démocratie, de développement et de progrès, se mesure à l’aune de la participation féminine au sein des institutions et dans la vie culturelle, économique et politique.
C’est donc à juste titre que notre pays s’est fixé des objectifs précis et adopté un programme d’action complet pour accélérer le processus de promotion de la femme et assurer sa pleine participation à tous les domaines de la vie politique, économique et sociale pour en faire un agent actif de développement.
Qu’il s’agisse de la santé, de l’instruction, du travail, de la politique, des média et de la culture, en un peu plus de dix ans, il est indéniable que des pas de géant ont été accomplis avec un très large consensus des composantes de notre peuple.
Il appartient, certes, à l’Etat de parfaire notre édifice institutionnel de manière qu’il soit mieux à même de valoriser le rôle de la femme dans notre société. Mais il lui revient aussi, en priorité, de promouvoir un environnement où ces dispositions se traduisent effectivement par une amélioration de son quotidien.
En effet, ce chantier reste tributaire du développement global du pays car tout ce qui stimule la lutte contre la pauvreté, l’exclusion et l’analphabétisme améliore inévitablement la condition des femmes.
C’est pourquoi nous ne voulons pas nous complaire dans ce qui a été réalisé au cours des dix dernières années. La tâche qui reste à accomplir demeure importante et elle doit impliquer tous les segments de la société.
Il est certain qu'il reste encore beaucoup à faire pour que la condition de femme et de mère n'entraîne aucune discrimination.
Il est urgent d'obtenir partout l'égalité effective des droits de la personne, la protection des mères actives, un juste avancement dans la carrière, l'égalité des époux dans le droit de la famille, la reconnaissance de tout ce qui est lié aux droits et aux devoirs du citoyen dans un régime démocratique.
Il s'agit là d'un acte de justice, mais aussi d'une nécessité quand on sait que dans les temps à venir, les femmes seront toujours plus impliquées dans les graves problèmes actuellement débattus: que ce soit au niveau de la qualité de la vie, des services sociaux, de la santé et des soins, de l’environnement et de l’écologie, etc.
Dans tous ces domaines, une plus forte présence sociale de la femme s'avérera précieuse.
Mes chères compatriotes,
A travers le thème retenu par la communauté internationale sur l’égalité en droits et en chance entre hommes et femmes, il nous faut comprendre que, pour améliorer la société, pour instaurer la société du Progrès que chacun d’entre nous appelle de ses vœux, il faut se pencher, en premier lieu, sur les rapports humains. Et les femmes, notamment, changent notre idée de ce que peut être un être humain.
Une autorité morale disait, à ce propos, cette phrase admirable : « que c’est en se donnant aux autres dans la vie de tous les jours, que la femme réalise la vocation profonde de sa vie, elle qui, peut-être encore plus que l'homme, voit l'Homme, parce qu'elle le voit avec le cœur. » Sa sensibilité, sa grande générosité doivent nous persuader d’entretenir avec elles des relations bienveillantes fondées sur la reconnaissance, le respect et l’égalité.
Aussi, j’exhorte mes chers concitoyens à rompre résolument avec certaines de ces pratiques héritées de traditions qui véhiculent de visions archaïques et dégradantes de nos sœurs.
Je les appelle à rendre justice, en même temps qu’à la femme Djiboutienne, à l’Islam bien compris. Celui qui exalte l’équité et le progrès ; l’Islam qui confère une égale dignité à l’homme et à la femme, qui proclame leur égalité essentielle en les chargeant d’une égale responsabilité devant Dieu.
Mesdames et Messieurs,
Les médias en tant que vecteur de lien social jouent un rôle très important dans l’éducation à l’égalité des sexes et la promotion de la femme. A travers la sensibilisation et l’éducation à une culture des valeurs de dignité, d’égalité et de justice, ils interpellent la société sur la différence entre sexe et genre, sur les stéréotypes et sur les rôles sociaux pour comprendre les inégalités hommes/femmes.
Je suis heureux que cette nouvelle édition du Grand Prix du Chef de l’Etat consacre ce métier et récompense ses femmes, les femmes de médias qui ont réussi à se faire une place dans ce métier ; une place à la mesure du terrain conquis par le mérite, l’ambition courageuse et par les valeurs qu’elles incarnent.
Une nouvelle fois bonne fête à vous et à toutes les femmes où qu’elles se trouvent.
Je vous remercie".
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