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Carnet de voyage : De Jigjiga à Borama...

Par Isman O. | 11 août 2025
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Carnet de voyage : De Jigjiga à Borama...

Source: ADI

DJIBOUTI, 11 août 2025 (ADI) - Jigjiga et Borama : deux villes, deux histoires. Ce qui fait la force de leurs liens tient aujourd\'hui en un long ruban d\'asphalte qui serpents à travers l\'étendue de la plaine qui constitue la plus grosse partie de la centaine de kilomètres qui les sépare. Parsemée de checkpoints où passagers et bagages sont soumis à des fouilles systématiques allant parfois jusqu\'à la palpation, cette route est synonyme de ligne de vie pour le marché de Wajaale, à la frontière entre l\'Éthiopie et le Somaliland. Wajaale concentre à lui seul une partie non négligeable des échanges commerciaux, même si cela relève le plus souvent de l\'informel. Tout est rudimentaire dans les édifices contigus, ou presque, qui abritent la police aux frontières de chacun des deux pays. Plus surprenant encore, seule une corde dont les extrémités sont reliées à des sacs de sable indique le passage du territoire éthiopien à son voisin somalilandais, et vice-versa. A Wajaale, il est possible d\'acheter ou de vendre à la fois en dollar, en birr, en shilling, et même en franc djiboutien

Si la saison de pluie s\'annonce abondante dans la région deJigjiga, elle ne l\'est pas moins à Borama et ses alentours, atténuant les effets d\'une sécheresse implacable qui semblait s\'éterniser au grand désarroi des populations nomades. De part et d\'autre de la route, hommes et machines s\'affairent. On retourne la terre. On laboure. On prépare les semences. Espacés, les champs de blé sont bien délimités de manière à ne pas perturber l\'équilibre d\'une nature sauvage et abrupte. Le paysan, lui bien plus que d\'autres, est conscient que derrière chaque arbre coupé, il y a un prix à payer. A l\'Homme, la terre rappelle tout simplement ses dettes.

Le voyage entre Jigjiga et Borama est assurée de jour comme de nuit par des sociétés de transport.Elles ont pour noms Marhaba, Stars, Sahal, Sacaada, et leur activité est particulièrement florissante en période estivale. En clair, la frénésie ambiante doit beaucoup à l\'arrivée des estivants djiboutiens dont certains préfèrent faire le détour par Jigjiga pour se rendre à la destination Borama malgré le trajet long et naturellement harassant. Bien qu\'installées à Borama, les mères de famille, celles venues de Djibouti, ne rechignent pas à effectuer l\'aller-retour à Wajaale pour faire des achats, laissant derrière elles les enfants.

Le temps de se procurer des décorations intérieures et des accessoires dont elles raffolent. Par-dela l\'attrait du luxe ou la plaisanterie sur de supposées dépenses superflues (vous avez certainement entendu parler du fameux wax ma dhigatadii), il y a uns raison évidente derrière la volonté de ces mères de famille de s\'approvisionner à Wajaale : les prix sont sinon accessibles à leur porte-monnaie, du moins nettement moins chers par rapport à Djibouti.

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