Somalie : la sécheresse menace 2,5 millions d’habitants
Source: APS
La situation humanitaire en Somalie devient de plus en plus critique, alors qu'une nouvelle sécheresse frappe des régions entières du pays. Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (BCAH) des Nations unies, les autorités somaliennes appellent la communauté internationale à une intervention d’urgence pour venir en aide à 2,5 millions de personnes affectées, a rapporté, hier, l’APS. Le climat de la Somalie est naturellement semi-aride à aride, caractérisé par des précipitations faibles et irrégulières. Cette vulnérabilité climatique rend le pays particulièrement sensible aux cycles de sécheresse. Les habitants, dont la majorité vit de l'agriculture et de l'élevage, dépendent fortement des saisons des pluies, notamment le «Gu» (d'avril à juin) et le «Deyr» (d'octobre à décembre).
Malheureusement, ces dernières années, ces pluies sont devenues de plus en plus imprévisibles, voire inexistantes, un phénomène que de nombreux experts attribuent aux effets du changement climatique. Cette instabilité a des conséquences désastreuses sur la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance de la population.
Le BCAH des Nations unies a confirmé que «quelque 2,5 millions de personnes vivent dans 26 districts actuellement classés comme modérément ou gravement affectés par la sécheresse». Parmi ces zones, 16 districts sont considérés comme «gravement touchés», abritant 887.000 personnes dont les vies sont directement menacées.
Face à cette catastrophe imminente, l’ONU et ses partenaires ont dépêché une mission d'évaluation, du 3 au 7 août, dans les régions les plus critiques, telles que le Puntland et le Somaliland. L’objectif est d'«identifier les besoins les plus urgents» et de mettre en place des «mesures de réaction efficaces».
Aussi, les premiers constats de cette mission sont alarmants : «une aggravation de l'insécurité alimentaire, un accès réduit à l'eau potable et aux pâturages et de sévères perturbations dans les moyens de subsistance.» La situation est particulièrement grave dans la région de Mudug, où «de nombreux puits sont à sec et le prix de l’eau a presque doublé, passant de 70 à 130 dollars pour un réservoir de 10.000 litres». L'agriculture est à l'arrêt, et 83 établissements de santé ne sont plus opérationnels, privant les communautés de soins essentiels.
Pour survivre, de nombreuses communautés d’éleveurs, dont les bêtes sont affaiblies ou meurent faute d'eau et de nourriture, sont contraintes de migrer. Ces familles se déplacent vers d'autres régions somaliennes, ou pire, franchissent la frontière éthiopienne dans l’espoir de trouver des ressources vitales. Au Puntland, l’ampleur de la crise est telle que plus de 134 forages sont hors d’usage. Les autorités locales appellent à une aide d'urgence pour environ 800.000 personnes vivant dans des zones où les réserves d'eau et de nourriture sont désormais épuisées.
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