Carnet de voyage : Moscou, vitrine d’une Russie triomphante
Source: ADI
MOSCOU, 18 juillet 2025 (ADI) - Non, le pays ´n’a pas la mine défaite des mauvais jours. A l’opposé des images relayées par des canaux médiatiques aux mains de ses contempteurs les plus acharnés, c’est une Russie triomphante que découvre le journaliste africain - pour qui la guerre en Ukraine est loin, tellement loin « qu’on entend mal les cris qu’on y pousse »- en mettant le pied à Moscou. Le pays offre un visage plutôt rayonnant. En font foi les nombres chantiers actuellement en cours dans la capitale russe où l’ère soviétique et son cortège de misère et d’utopies trahies relèvent d’un lointain souvenir. Moscou ne dort pas. Moscou ne chôme pas. Ici, des immeubles de 30, 40 ou 50 étages sont en train de pousser de terre. Un peu plus loin, un gigantesque pont enjambant presque tout un quartier, avec en souterrain des galeries, un parc long d’une dizaine de kilomètres et un centre commercial, prend corps. Un peu plus loin, un projet de construction d’autoroute est en phase de finalisation, recevant les dernières retouches des ingénieurs qui y vont comme s’ils cherchaient à mettre un peu de leur cœur pour faire de leur joyau une œuvre d’art.
Moscou ne dort pas.
Mardi 15 juillet. Il pleut des cordes et les Moscovites, surtout les femmes, ont sorti leur parapluie. Bravant le mauvais temps, une armée d’ouvriers est à pied d’œuvre pour donner de nouveaux atours aux abords de l’une des principales artères de la ville. Dans l’espace urbain comme dans les usines ou les champs, les Russes vont à la besogne sans se plaindre, sans manifester le début d’un renoncement même quand cela s’avère au-dessus de leurs forces. Et avec l’idée de gagner le combat pour un développement à tous profitable. Ils s’y jettent à corps perdu comme ils le faisaient naguère dans la fournaise de Stalingrad, lors de ce qu’ils continuent d’appeler la grande guerre patriotique. Preuve du rapport étroit qu’ils entretiennent avec la mémoire, des statuts à l’effigie des héros de cette époque sanglante fleurissent. Partout, ou presque. Même l’immense ambassade de France à Moscou ne déroge pas à la règle, couvrant ses murs de photos géantes de ces pilotes français de l’escadrille Normandie-Niemen venus se battre aux côtés des Russes durant les heures sombres de l’été 1942.
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