IGAD/Assemblée nationale : les femmes parlementaires appellent à une gouvernance foncière plus inclusive face aux défis climatiques
Source: ADI
DJIBOUTI, 22 juin 2025 (ADI) – Réunies dimanche à Djibouti sous l’égide de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) et de l’Assemblée nationale, les femmes parlementaires djiboutiennes ont plaidé pour une réforme des politiques foncières, à l’aune des enjeux de genre et du dérèglement climatique. Le plaidoyer, formulé dans un contexte de pressions environnementales croissantes dans la Corne de l’Afrique, dénonce les inégalités structurelles qui freinent l’accès des femmes à la terre et aux mécanismes de gouvernance. « Les femmes sont souvent en première ligne face aux conséquences du changement climatique, mais elles demeurent marginalisées dans les décisions qui les concernent », a déclaré Mohamed Omar Djama, représentant de l’IGAD, en ouverture des travaux. Il a salué l’engagement des parlementaires comme un levier essentiel pour transformer les structures foncières discriminatoires.
La rencontre a permis de poser un diagnostic clair : dans la majorité des pays membres de l’IGAD, les femmes ne possèdent qu’une fraction des terres agricoles, malgré leur rôle central dans la production vivrière. Cette exclusion, selon les organisateurs, limite leur capacité à investir, à accéder au crédit ou à adopter des pratiques agricoles durables.
Un contexte djiboutien en progrès, mais encore inégal
Prenant la parole à son tour, la vice-présidente de l’Assemblée nationale, Safia Elmi, a mis en avant les avancées juridiques obtenues par Djibouti, où la loi reconnaît l’égalité entre les sexes dans l’accès à la propriété, la succession et le mariage.
« Notre arsenal législatif est solide, mais les pratiques sociales et les mentalités évoluent plus lentement », a-t-elle reconnu, en appelant à une mobilisation transversale pour que les femmes soient « pleinement actrices des politiques publiques foncières et climatiques ».
Un plaidoyer à dimension régionale
Les intervenants ont insisté sur le caractère multidimensionnel de la question foncière, à l’intersection des enjeux juridiques, économiques, sociaux et écologiques. Le message est clair : sans droits fonciers formels, les femmes restent vulnérables, dépendantes et souvent exclues des mécanismes d’adaptation au climat.
L’IGAD a réaffirmé sa volonté de promouvoir une gouvernance foncière sensible au genre à l’échelle régionale. Cela passe, selon Mohamed Omar Djama, par le renforcement des capacités des femmes élues, l’intégration de l’approche genre dans les politiques publiques et la révision des textes fonciers existants.
Vers un pacte politique pour l’inclusion
Ce dialogue multipartite, qui se poursuivra lundi, vise à déboucher sur un agenda commun entre institutions régionales, parlements nationaux et acteurs de la société civile.
« L’égalité foncière n’est pas un privilège mais un droit fondamental, et une condition préalable à toute stratégie de développement durable », a conclu Safia Elmi.
Dans une région exposée à la sécheresse, à l’insécurité alimentaire et aux conflits liés aux ressources, ce message résonne comme un signal d’alerte autant qu’un appel à l’action.
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