Actualités / RÉGIONAL

Croissance mondiale en berne, mais l’Inde garde le cap : la CNUCED mise sur un rebond à 6,5 % en 2025

17 avril 2025
18,073 vues
Croissance mondiale en berne, mais l’Inde garde le cap : la CNUCED mise sur un rebond à 6,5 % en 2025

Source: ANI

Dans un monde économique de plus en plus englué dans l’incertitude et les tensions géopolitiques, l’Inde fait figure d’exception. Alors que la Commission des Nations Unies pour le commerce et le développement (CNUCED) alerte sur un ralentissement marqué de la croissance mondiale en 2025, l’économie indienne devrait, elle, croître de 6,5 %, conservant son statut de locomotive des grandes économies. Publié ce mardi, le rapport annuel de la CNUCED, intitulé « Prospectives du commerce et du développement 2025 – Sous pression : L’incertitude remodèle les perspectives économiques mondiales », dresse un tableau sans fard : une croissance mondiale attendue à 2,3 %, une trajectoire qualifiée de « récessionniste », alimentée...

Publié ce mardi, le rapport annuel de la CNUCED, intitulé « Prospectives du commerce et du développement 2025 – Sous pression : L’incertitude remodèle les perspectives économiques mondiales », dresse un tableau sans fard : une croissance mondiale attendue à 2,3 %, une trajectoire qualifiée de « récessionniste », alimentée par l’escalade des tensions commerciales, la volatilité financière et une résurgence de l’incertitude sur fond de fragmentation géoéconomique.

Mais dans cet horizon assombri, l’Inde poursuit sa course. Grâce à des dépenses publiques soutenues et une politique monétaire désormais plus accommodante, le pays devrait enregistrer une croissance de 6,5 % en 2025, après avoir atteint 6,9 % en 2024. Un léger ralentissement, mais un rythme suffisant pour maintenir son rang de première économie en termes de dynamisme.

La baisse des taux d’intérêt opérée en février dernier — la première depuis cinq ans — par la banque centrale indienne, devrait selon la CNUCED relancer la consommation des ménages et libérer de nouvelles capacités d’investissement privé. Un pari assumé sur la résilience du marché intérieur face aux secousses mondiales.

À l’échelle régionale, l’Asie du Sud devrait enregistrer une croissance de 5,6 % en 2025, bénéficiant elle aussi d’une détente monétaire rendue possible par le reflux progressif de l’inflation. Mais le rapport avertit : la volatilité des prix alimentaires reste un facteur de risque majeur, et les fragilités financières dans des pays comme le Pakistan, le Bangladesh ou le Sri Lanka pèsent lourdement sur les perspectives de reprise.

Plus largement, la CNUCED tire la sonnette d’alarme pour les pays en développement. « Nombre de pays à faible revenu font face à une combinaison toxique : endettement insoutenable, dégradation des conditions financières extérieures et croissance intérieure atone », souligne le document. Une situation qui menace directement les objectifs de développement, dans un contexte où l’accès aux financements internationaux devient de plus en plus contraint.

Dans cette conjoncture morose, le commerce Sud-Sud apparaît comme une planche de salut. Déjà fort d’un tiers du commerce mondial, il représente, selon la CNUCED, un levier stratégique pour renforcer la résilience des économies du Sud. L’organisation appelle à une intensification du dialogue, à des mécanismes de coordination renforcés et à une intégration économique plus poussée entre pays en développement.

Face aux défis systémiques et à la fragmentation des chaînes de valeur, l’agence onusienne invite les États à ne pas céder au repli, mais à investir dans la coopération régionale et internationale, seul antidote durable aux vents contraires qui balaient aujourd’hui l’économie mondiale.

Partager cette histoire