Lancement des travaux de la convention 2010 du Front pour la restauration de l’unité et de la démocratie (FRUD)
Par NF
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10 février 2010
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Source: ADI
Les travaux de la convention 2010 du Front pour la restauration de l’unité et de la démocratie (FRUD) se sont ouverts aujourd’hui, au Palais du peuple, en présence des dirigeants et de nombreux sympathisants de cette formation, ainsi que des représentants des autres partis politiques issus de la mouvance présidentielle (UMP).
Ces assises qui s’étaleront sur deux jours seront l’occasion, pour les participants, d’"arrêter une stratégie politique et formuler des propositions concrètes qui, une fois validées, feront l’objet d’un accord avec nos partenaires politiques et serviront de feuille de route au FRUD pour les mois et les années à venir", selon le dirigeant de ce mouvement.
"C’est une instance de réflexions, de débat mais c’est aussi une instance de décision qui peut engager l’organisation", a par ailleurs précisé dans son discours d’ouverture le Président du FRUD, ajoutant qu’"elle permet au Parti d’élargir la participation à des experts, à des intellectuels et à des représentants de la société civile proches de lui".
Après avoir longuement évoqué les grandes questions d’ordres, politiques, économiques et sociales qui ont fait l’actualité au niveau international tout au long de l’année 2009, M. Ali Mohamed Daoud a souligné que "Djibouti est un pays en paix et stable dans une région troublée de la Corne de l’Afrique".
Il a évoqué à cet égard le cas du Yémen qui, selon lui, est "confronté à une rébellion et à la présence sur son sol des groupes terroristes se réclamant d’Al-Qaida et qui veulent en faire un sanctuaire pour leurs activités au même titre que la Somalie".
"La Somalie est en proie depuis 20 ans à une guerre civile fratricide", a également rappelé le dirigeant du FRUD, selon lequel "cette situation d’anarchie a engendré des phénomènes comme le terrorisme et la piraterie maritime".
"Face à ce chaos, la République de Djibouti a beaucoup œuvré pour tenter de mettre un terme à la tragédie que vit le frère de Somalie", a-t-il dit.
"Le processus dit de Djibouti a abouti à l’élection d’un parlement et à la formation d’un gouvernement de transition qui a obtenu pour la première fois le soutien de la communauté internationale", a-t-il poursuivi.
Le Président du FRUD a toutefois considéré que le "gouvernement est confronté à d’énormes difficultés et est encore très loin de maîtriser la situation et de pacifier la Somalie".
"Nous estimons qu’être solidaire d’un peuple frère en détresse est une chose mais s’impliquer militairement dans la guerre des factions en est une autre", a-t-il déclaré par ailleurs.
Selon le Président du FRUD, "la décision d’envoyer des soldats djiboutiens en Somalie, que notre gouvernement s’apprête à prendre, nous parait être une décision contre-productive à double titre". Et de se justifier en affirmant : "D’une part, nous sommes déjà en conflit ouvert avec notre voisin du nord et nous avons besoin de nos soldats ici. D’autre part, en nous engageant militairement en Somalie, nous prenons d’énormes risques d’importer le terrorisme chez nous. C’est la raison pour laquelle il faut être prudent dans ces types d’équipée militaire".
Pour lui, "l’Etat érythréen porte une lourde responsabilité dans la tragédie somalienne puisqu’il soutient ouvertement les Chabab dont le lien avec Al-Qaida est avéré".
Sur le plan national, M. Ali Mohamed Daoud a indiqué que "16 ans après les accords de paix de 1994, 18 ans après l’élaboration de la constitution, 11 ans après l’avènement de l’actuel Président de la République, il paraît opportun de faire le point sur le chemin parcouru en faisant une rétrospective".
"Malgré la levée de toute limitation du multipartisme, la démocratie djiboutienne ne semble pas avoir répondu à l’attente et l’espoir nourri par nos compatriotes. Les modes d’élection en vigueur ne permettent pas la représentation de toutes les sensibilités et encore moins une alternance politique qui est la finalité de toute démocratie. La vie politique compte huit partis politiques dont quatre de la coalition majoritaire et quatre autres de l’opposition qui boycottent toutes les consultations électorales, refusant ainsi de jouer le jeu de la démocratie. Attitude qui donne une image peu glorieuse du pays en matière de démocratie", s’est-il appesanti.
Parlant de la "nécessité de faire évoluer les institutions du pays", il a en outre fait remarquer que "notre pays, tant dans son évolution politique qu’économique, a souffert d’archaïsme qui constitue un handicap majeur".
"Il est par conséquent indispensable pour ne pas dire primordial de faire évoluer les institutions républicaines en adéquation avec les exigences modernes d’une nouvelle société (…) au regard de notre culture, de notre histoire et de nos objectifs de progrès social", a-t-il mentionné.
Concernant les grandes questions politiques telle que la décentralisation, le Président du FRUD a déclaré que "celle-ci, bien que lancée suite aux élections régionales et communale, demeure à un stade embryonnaire et fragile, eu égard au peu de moyen mis à la disposition du pouvoir décentralisé et de la confusion qui règne dans le processus de transfert de compétences".
Sur le plan économique, M. Ali Mohamed Daoud a reconnu que "notre pays a fait des progrès considérables au cours de ces 11 dernières années, notamment dans les secteurs sociaux et en matière de développement des infrastructures portuaires et aéroportuaires".
"Le partenariat conclu avec Dubaï et Jabal Ali constitue le point de départ d’une arrivée massive des investisseurs étrangers attirés par notre système économique libéral et le système monétaire solide, ainsi que par notre position géostratégique", a-t-il dit.
Notons que le FRUD, dans un projet politique élaboré à l’occasion de cette convention, propose un certain nombre de mesures économiques et sociales "susceptibles d’améliorer considérablement le sort de nos compatriotes qui souffrent des affres de la pauvreté et du chômage".
Poursuivant son allocution, le Président du FRUD a affirmé que "la politique conduite sous la direction du Président de République a porté ses fruits dans plusieurs domaines importants".
"Le contexte politique de l’élection de 2011 se présente alors que la conjoncture économique et sociale du pays est satisfaisante malgré les difficultés dues à la crise économique qui frappe tous les pays", a-t-il renchérit.
"Elle intervient aussi à un moment où notre pays fait face à une agression d’un pays voisin qui veut l’amputer une partie du territoire. Notre pays a remporté des victoires diplomatiques", d’après le Président du FRUD.
"Dans ce double contexte d’une conjoncture économique favorable et une situation de patrie en quasi guerre, l’élection présidentielle de 2011 constitue un évènement d’une grande importance qui nécessite de taire non seulement les particularismes ou les divergences politiques, mais de réaliser surtout l’ampleur et le poids des engagements à prendre et à mesurer leurs conséquences sur l’avenir de la nation", a-t-il mis en exergue.
Le président du FRUD a, en d’autres termes, souligné que "sa formation politique, n’envisageant pas de présenter son propre candidat en 2011 et ne voyant pas d’autres possibilités d’alternative crédible, souhaite et appelle à la poursuite de l’action du chef de l’Etat au-delà de 2011 dans le cadre d’un 3e mandat".
"Le bilan largement positif de ces 10 dernières années plaide en faveur de cette continuité", a-t-il insisté, ajoutant : "Je sais que le Président de la République a encore la volonté de servir son pays et son peuple. Il en a la conviction, l’expérience, la compétence et la force".
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