"La stratégie internationale contre la piraterie devrait plutôt favoriser la stabilisation de la somalie", déclare le ministre de l’Equipement
Par NF
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03 février 2010
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Source: ADI
Dans un entretien qu’il a accordé mercredi à l’ADI en marge des travaux de la troisième journée des réunions consacrées à la mise en application du code de Djibouti, le ministre de l’Equipement et des Transports, M. Ali Hassan Bahdon, a tenu à rappeler en premier lieu que ces assises "visent à jeter les bases d’une coopération accrue entre les pays de la région sur les moyens de lutter contre la piraterie maritime au large des côtes somaliennes, devenues depuis quelques années des zones à haut risque pour les navires marchands".
"Beaucoup de pays et d’organisations interviennent dans ce combat", a indiqué le ministre, ajoutant qu’"il est donc nécessaire de coordonner les actions menées sur le terrain".
Il s’agit, selon lui, de "favoriser notamment l’instauration d’un consensus sur la manière d’agir afin d’œuvrer de concert avec efficacité contre ce phénomène dont les conséquences sont vraiment catastrophiques pour le monde entier et particulièrement notre région déjà meurtrie par les guerres et les calamités naturelles".
"C’est pourquoi les pays concernés ont jugé utile d’adopter le code de conduite de Djibouti en référence à la précédente conférence de lutte contre la piraterie qui a eu lieu à Djibouti au début de l’année dernière", a-t-il précisé.
Un processus à vocation régionale, le code de conduite de Djibouti "a été élaboré dans le souci premier de créer un nouveau mécanisme de lutte contre la piraterie maritime", selon le ministre de l’Equipement.
Plusieurs Etats de la région comme l'Ethiopie, le Kenya, Madagascar, les Maldives, les Seychelles, la Somalie, le Yémen et la Tanzanie, ont signé ce code de conduite qui constitue le premier du genre au niveau régional entre les pays arabes et africains pour lutter contre les actes de piraterie dans le golfe d'Aden, la mer Rouge et l'ouest de l'océan Indien.
D’où la tenue de ces réunions destinées, selon le ministre djiboutien le ministre de l’Equipement et des Transports, à "concrétiser sa mise en application effective".
Concernant le projet de création, à Djibouti, du centre de formation régional, M. Ali Hassan Bahdon a souligné que "les choses avancent bien". Et de poursuivre : "Nous avons récemment eu une réunion de prise de contact avec les principaux bailleurs de Fonds, tels que l’Union européenne, le Japon et l’OMI, et je peux vous affirmer que les résultats sont plus que satisfaisants".
"Avec l’aide du Japon, nous comptons lancer les travaux de conception et de construction du centre d’ici les mois prochains dans un site situé à proximité du Port de Doraleh", a-t-il expliqué.
Pour le ministre de l’Equipement, "la concrétisation de ce centre régional n’est pas le fruit du hasard mais le résultat d’un long processus qui a nécessité des nombreuses consultations et concertations avec nos différents partenaires impliqués dans la lutte contre la piraterie".
"C’est dans ce cadre, par exemple, que j’ai été amené personnellement à effectuer des déplacements au Japon et à Londres, au siège de l’Organisation Maritime Internationale", a-t-il dit.
A la question de savoir la place qu’occupe Djibouti dans le combat contre ce fléau, M. Ali Hassan Bahdon a affirmé que "notre jeune nation, de par sa position géostratégique, est au coeur du programme de lutte contre la piraterie".
"C'est la raison pour laquelle de plus en plus de pays se tournent vers nous pour l'implantation d'une base arrière, notamment l’UE, l’OTAN et bien d’autres Etats asiatiques comme la Chine et le Japon", s'est-il réjoui.
"Djibouti a ainsi offert des facilités portuaires et aéroportuaires à ces pays", a-t-il ajouté, considérant que "les autorités djiboutiennes oeuvrent inlassablement pour la restauration de la paix en Somalie et dans toute la région".
"Comme vous savez, le chef de l’Etat djiboutien n’a cessé de répéter que la solution du problème de la piraterie passe par la résolution de la crise somalienne", a-t-il insisté.
"La communauté internationale est aujourd’hui convaincue que la piraterie maritime est un problème qui doit être résolu à terre", a déclaré le ministre, selon lequel "le recours à la force armée n’est pas la seule voie possible pour éradiquer ce phénomène"
"La stratégie internationale contre la piraterie devrait plutôt favoriser la stabilisation de la somalie", a-t-il fait remarquer, se disant convaincu que "la renaissance de la nation et de la souveraineté somalienne pourra grandement réduire les activités des pirates car ces derniers profitent de la situation chaotique que traverse actuellement ce pays".
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