Les incendies s’étendent à Los Angeles, menacée par le retour des vents violents
Source: AFP
Les incendies qui ont fait au moins 16 morts à Los Angeles continuent dimanche de gagner du terrain et pourraient prendre de la vigueur dans les heures à venir, avec le retour prévu des vents violents. Assiégée par les flammes depuis mardi, la mégapole américaine continue de compter ses morts : le bilan s’est alourdi samedi soir et pourrait encore évoluer, ont soutenu les autorités. « La situation est toujours critique », a déclaré dimanche Deanne Criswell, de l’agence fédérale de réponse aux catastrophes naturelles (FEMA). « Les vents risquent de redevenir dangereux », a-t-elle expliqué à la chaîne ABC, appelant la population à rester extrêmement vigilante. Après une courte accalmie des vents, les autorités s’attendent dimanche à leur retour en force. « Ces vents, combinés à un air sec et à une végétation sèche, maintiendront la menace d’incendie dans le comté de Los Angeles à un niveau élevé ». Malgré les efforts de milliers de « soldats du feu », l’incendie de Palisades s’est étendu samedi au nord-ouest de Los Angeles. Il menace désormais la vallée densément peuplée de San Fernando, mais aussi le musée Getty et ses œuvres d’art inestimables.
Plus de 12 000 structures – maisons, bâtiments divers ou encore caravanes – ont été détruites ou endommagées par le feu, selon le dernier bilan.
« C’est tout simplement bouleversant », a dit à l’AFP Dara Danton, une habitante depuis 25 ans du quartier huppé de Pacific Palisades, le premier à avoir pris feu mardi.
Elle fait partie des plus de 150 000 personnes forcées de fuir la région à cause des flammes.
La deuxième ville des Etats-Unis sur le plan de la population rejoue des scènes qu’elle n’avait plus vécues depuis la pandémie. Ses bouchons légendaires ont disparu, et les habitants qui s’aventurent dehors portent souvent un masque pour se protéger de l’air toxique de la fumée.
Nombre d’entre eux commencent à s’interroger sur la gestion par les autorités, notamment car les pompiers ont parfois dû composer avec des bouches d’incendie à sec ou de faible pression.
« Notre ville nous a complètement laissés tomber », a déclaré à l'AFP Nicole Perri, une autre habitante de Pacific Palisades ayant perdu sa maison.
Très critiquée, la mairesse démocrate de Los Angeles, Karen Bass, a soutenu samedi que ses services étaient « tous sur la même longueur d’onde ». La veille, la cheffe des pompiers de la ville avait blâmé le budget insuffisant alloué par la municipalité aux pompiers.
Le gouverneur démocrate de l’Etat, Gavin Newsom, a quant à lui demandé vendredi « un examen indépendant complet » des services de distribution d’eau de la ville.
Face aux pillages dans les zones sinistrées ou évacuées, un strict couvre-feu, en vigueur entre 18 h et 6 h est désormais en vigueur dans les secteurs de Pacific Palisades et d’Altadena, les plus ravagés.
Les dégâts devraient se chiffrer en dizaines de milliards de dollars, et certains experts redoutent déjà que ces incendies soient les plus coûteux jamais enregistrés.
Le gouverneur de l’Etat a affirmé dimanche sur NBC vouloir lancer un « Plan Marshall » pour reconstruire la Californie : « Nous luttons encore contre ces incendies, mais nous discutons déjà avec des dirigeants […], des chefs d’entreprise », des ONG, a-t-il précisé.
Les autorités se mobilisent également pour contenir le bond vertigineux des tarifs de location, avec lesquels certains évacués sont aux prises. Samedi, le procureur général de l’Etat a rappelé que cette pratique était « passible d’un an de prison et de 10 000 $ d’amende ».
Dans la ville, des secouristes assistés de chiens renifleurs continuent d’inspecter les décombres à la recherche de corps.
L’enquête pour déterminer les causes de ces multiples incendies, à laquelle participe le FBI, est toujours en cours, a rappelé samedi le shérif du comté de Los Angeles, Robert Luna.
« Nous ne négligerons aucune piste », a-t-il soutenu.
Les vents chauds et secs de Santa Ana qui ont attisé ces incendies sont un classique des automnes et des hivers californiens. Mais ils ont atteint cette fois une intensité inédite depuis 2011, selon les météorologues, avec des rafales jusqu’à 160 km/h cette semaine.
De quoi propager les braises très rapidement, parfois sur des kilomètres. Un scénario cauchemardesque pour les pompiers, car la Californie sort de deux années très pluvieuses qui ont fait naître une végétation luxuriante, désormais asséchée par un manque de pluie criant depuis huit mois.
Les scientifiques rappellent régulièrement que le changement climatique augmente la fréquence des événements météorologiques extrêmes.
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