Université de Djibouti : Tenue d’une conférence-débat sur les chefferies traditionnelles dans les sociétés africaines
Par Guedi
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30 janvier 2010
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Source: ADI
L’Université de Djibouti a abrité aujourd’hui une conférence-débat consacrée aux "chefferies traditionnelles dans les sociétés africaines : similitudes et différences", à l’initiative de l’Office National du Tourisme de Djibouti (ONTD.
Cette rencontre, animée par quatre intervenants dont le Dr Ali Mousse Iyé, chef de la division des politiques culturelles et du dialogue interculturel au sein de l’UNESCO, a réuni plus d’une centaine d’étudiants de l’UD, ainsi que de nombreux autres passionnés des sciences sociales africaines.
Dans son intervention sur le thème de "l’importance des sultanats dans le système institutionnel", le Dr Adawa Hassan Ali Ganta, directeur du centre de recherche de l’UD est revenu sur l’historique et les origines des sultanats afars, alors que le Dr Iyé a axé son exposé autour du "xeer et la tradition de l’Ugaas".
Ce dernier a, durant plus d’une heure, décortiqué la genèse du Xeer Issa, ses principes fondamentaux, les caractéristiques de la royauté Issa, les signes et critères de choix de l’Ugaas, son intronisation ainsi que son installation.
Selon le Dr Ali Moussa Iyé, "le Xeer Issa se distingue non seulement par la rigueur de structuration et la codification de ses lois, mais aussi par son rôle primordial dans la défense de la justice et de la paix sociale".
"Malgré son caractère oral, le Xeer a fait l’objet d’une rigoureuse élaboration qui le différencie des autres corpus de connaissances des Somali-Issa", a-t-il dit ajoutant que "bien qu’il soit élaboré au 16ème siècle, le Xeer Issa étonne par la modernité de certains de ses concepts".
Le Dr Ali Mousse Iye a reconnu qu’il existe des similitudes entre la chefferie Afar et Issa du fait même de leur proximité géographique, du partage d’une longue histoire et de multiples échanges.
S’agissant du thème central de cette conférence, le Dr Iye a énuméré les traits communs aux chefferies africaines qui sont au nombre de cinq : la dimension spirituelle ; l’équilibre particulier entre obligations et privilèges du pouvoir ; l’existence de contre-pouvoir, plus d’autorité que de pouvoir ainsi que leur caractère endogène.
D’après les anthropologues, la chefferie traditionnelle dans le continent africain revêt à plus d’un titre une place tout à fait prépondérante. Le rapport à la tradition, à la culture en somme à l’identité révèle évidemment une lecture particulière du milieu dans lequel évoluent des populations dites pastorales.
A noter enfin que Dr Ali Moussa Iye, auteur du célèbre livre, "Le Verdict de l’Arbre » vient de publier un second ouvrage dont le titre est assez explicite : "Le Choix de l’Ugaas dans la Tradition du Xeer : un processus original pour designer un roi".
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