Déclaration du Secrétaire d’Etat à la Solidarité nationale à l’occasion de la célébration de la Journée de Solidarité à Djibouti

Par AAS | 11 janvier 2010
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Déclaration du Secrétaire d’Etat à la Solidarité nationale à l’occasion de la célébration de la Journée de Solidarité à Djibouti

Source: ADI

A l'occasion de la Journée nationale de Solidarité, prévue demain, le Secrétaire d'Etat en charge de la solidarité, M. Mohamed Ahmed Awaleh, a adressé aujourd’hui à ses concitoyens un message dans lequel il a mis en exergue les nobles significations de cette fête accueillie pour la seconde année consécutive à Djibouti. Cette Journée, instituée le 12 janvier 2008 par le chef de l’Etat, M. Ismail Omar Guelleh, a notamment permis au Secrétariat d’Etat à la Solidarité nationale de passer en revue les acquis et réalisations accomplis par le gouvernement en vue de lutter contre la pauvreté et l'exclusion d’une frange importante de la population djiboutienne dans la perspective du paradigme des objectifs du millénaire pour le développement. M. Mohamed Ahmed Awaleh a rappelé à cet égard la place qu’occupe la dimension de solidarité dans le projet de création du Fonds de solidarité nationale (FSN) et de l’Agence djiboutienne de développement social (ADDS) qui, a-t-il expliqué, entamera au cours de l’année 2010 la mise en oeuvre du Programme de réduction de la pauvreté urbaine à Djibouti. Il s’agit, selon lui, d’un grand programme dont le financement se situe à hauteur d’environ 30 millions de dollars US et portant sur la mise en place de divers équipements sociaux collectifs et activités génératrices de revenus au profit des populations déshérités de la banlieue de Balbala et de cinq chefs lieux des régions du pays. Le Secrétaire d'Etat à la Solidarité nationale a, par ailleurs, réaffirmé le souci du Président Ismail Omar Guelleh d’assurer des conditions de vie meilleure à l’ensemble de ses compatriotes, d’accroître les chances d’intégration des catégories et régions dans les circuits du développement du pays et de leur faire bénéficier des fruits du progrès global enregistré au cours de ces dernières années. M. Mohamed Ahmed Awaleh a informé par ailleurs l’opinion publique sur les négociations en cours entre le gouvernement djiboutien et certains bailleurs de fonds (OPEP) et pays (Corée du Sud), pour l’électrification en énergie solaire de plus de 25 villages repartis sur tout le territoire national. L'ADI vous propose le texte intégral de la déclaration prononcée par M. Awaleh : "Chers compatriotes, En ce jour où nous célébrons le 2ème anniversaire de la Journée de Solidarité Nationale, permettez-moi tout d’abord de présenter mes meilleurs vœux à vous, à vos familles respectives et à tous ceux qui vous sont chers à l’occasion de la nouvelle année 2010. La Journée de Solidarité Nationale a été instituée le 12 janvier 2008 par le Président de la République, M. Ismail Omar Guelleh, pour mesurer chaque année, les progrès accomplis dans la lutte contre l’exclusion sociale et les disparités régionales. Il s’agit en d’autres termes de faire le bilan dans l’ascension sociale, dans la réinsertion du train de développement social les groupes vulnérables qui ne sont pas couverts par les programmes ordinaires du gouvernement. Cette Journée a en outre pour objectif ultime de sensibiliser et de stimuler l’esprit des Djiboutiennes et des Djiboutiens afin de leur rappeler, s’il en était encore besoin, le devoir de solidarité et de partage, seul gage d’une nation réellement prospère et pacifique. L’institution de cette Journée s’est presque immédiatement traduite par la création par décret présidentiel d’un Secrétariat d’Etat à la Solidarité Nationale (SESN) ainsi que d’un Fonds de Solidarité Nationale (FSN), une Institution ministérielle et un instrument exclusivement orienté vers la réduction de la pauvreté extrême, de la vulnérabilité sociale et des inégalités diverses ayant malheureusement encore cours dans notre société. La création par le Président de la République d’un Secrétariat d’Etat près du Premier ministre, chargé de la coordination et suivi évaluation de la lutte contre la pauvreté, relève d’un constat simple. La mise en œuvre des projets et programmes sectoriels et thématiques au titre du premier document de stratégie de réduction de la pauvreté, sur la période 2004 à 2006, a conduit à un paradoxe révoltant, que le chef de l’Etat n’a pas accepté, lors du bilan effectué en 2007. En effet, alors que l’économie djiboutienne a enregistré une croissance réelle moyenne de son produit intérieur brut d’environ 4 à 5 % par an, sur cette période, la pauvreté, le chômage et la vulnérabilité de nos populations se sont aggravés, ce qui est inacceptable si l’on considère que la croissance économique signifie l’augmentation de la richesse nationale et donc un espoir légitime d’amélioration des conditions de vie d’un plus grand nombre. Ce n’est pas le lieu de disserter sur les sources de cette croissance et son incapacité à réduire effectivement la pauvreté, mais ce constat déplorable et assumé par le chef de l’Etat, imposait à ses yeux des mesures urgentes à savoir : la réorientation immédiate du deuxième DSRP de Djibouti vers la réduction impérieuse et courageuse de la facture sociale ainsi constatée, à travers un accent particulier mis sur l’amélioration des services sociaux de base et le renforcement des capacités des pauvres. Cette volonté du Président de la République s’est d’abord traduite par le changement de dénomination pour la deuxième génération de notre DSRP qui s’appelle désormais, l’initiative nationale pour le développement social : INDS, lancée en janvier 2007. Pour éviter la surprise et le paradoxe constatés seulement à la fin du premier DSRP, le chef de l’Etat a aussi mis l’accent sur la nécessité d’une meilleure coordination des actions de lutte contre la pauvreté et surtout l’importance question du suivi évaluation, qui seront désormais de la responsabilité d’une entité bien définie qu’il a créée lors du dernier remaniement ministériel. Chers compatriotes, La Journée de Solidarité Nationale est aussi l’occasion pour nous de vous présenter les efforts accomplis dans cette lutte implacable contre la pauvreté, l’exclusion sociale, la vulnérabilité et les inégalités régionales. Ces résultats concernent les infrastructures et équipements sociaux et communautaires, les activités génératrices de revenus et d’emplois, la micro-finance et le soutien au PME et PMI, les actions de renforcement institutionnel et de renforcement de capacités des ressources humaines, des activités de soutien direct aux pauvres et aux exclus et j’en passe….. Conscient de l’importance que revêt la lutte contre la pauvreté, le gouvernement finance d’importants travaux à travers le Fonds de Solidarité Nationale qui a engagé à ce jour près de deux milliards de FDJ. Sans dresser la liste exhaustive des activités réalisées grâce au Fonds de solidarité nationale, il convient de citer : - La construction de CDC à Balbala, Quartier 3 et 4 - La construction d’un centre de dialyse à Balbala - L’éclairage solaire de la place Farah-Had; - La pose pavage sur le boulevard de la République - La construction d’un parc à bétail à Balbala - La construction d’une clôture et autres superstructures au cimetière du PK12 Les régions de l’intérieur ne sont pas en reste, ainsi on peut évoquer : - La construction d’une pêcherie à Loyada - L’adduction d’eau potable à Yoboki - L’acquisition d’une osmose de dessalement eau de mer pour Khor Angar - L’électricité solaire du village de Holl Holl - Les travaux de réhabilitation de la Caisse Epargne et de Crédit de Tadjourah Par ailleurs, le gouvernement a retenu la micro-finance comme l’un des principaux leviers devant permettre de lutter durablement contre la pauvreté et la vulnérabilité. L’objectif spécifique du volet micro-finance est de permettre aux ménages défavorisés, exclus du système bancaire classique, de profiter des ressources mises à leur disposition pour réaliser des activités génératrices de revenus et d’emplois. Après une phase d’expérimentation et de tâtonnement, le système de micro-finance est devenu une réalité tangible en République de Djibouti. En effet, depuis leur création, les Caisses d’épargne et de crédit ont mobilisé près de 145 millions de FDJ d’épargne et accordé 161 millions de crédits à quelque 6500 membres. De plus, les caisses d’épargne et de crédit ne sont plus uniquement un privilège de la capitale mais commencent à prendre racine dans les régions de l’intérieur et même dans les villages les plus reculés. Ainsi, les caisses d’épargne et de crédit commencent à prendre part au développement économique et social du pays en donnant la possibilité d’accès aux crédits aux populations les plus défavorisés. Comme présenté lors du Séminaire nationale d’évaluation de l’action gouvernementale, le Secrétariat d’Etat à travers les activités génératrices a promu la valorisation de l’essence végétale qu’est le Prosopis. Cet arbre qui abonde dans notre pays était perçu comme une malédiction voire un fléau pour les populations rurales. Or la recherche scientifiques et les échéances sud-sud viennent de nous démontre que prosopis peut contribuer très efficacement à la fabrication d’aliment de bétail et de fourrage très nourrissant pour notre cheptel. Par ailleurs, il peut servir à des fins artisanales et utilitaires. Pour preuve, je suis en ce moment même assis dans un salon entièrement confectionné à base du bois de Prosopis et réalisé par des ébénistes Djiboutiens. C’est vous de dire toutes les perspectives liées à cette plante et nos espérances dans la valorisation de nos ressources naturelles. Chers compatriotes, Djibouti, naturellement défavorisé par un climat aride, est un pays importateur net de denrées agricoles. Le gouvernement est conscient que l’élevage et l’agriculture nationale ne pourront pas réduire considérablement l’insécurité alimentaire. La situation de Djibouti en matière de disponibilité de produits agricoles conjuguée à la sévères crise alimentaire internationale risquent d’aggraver l’insécurité alimentaire au cours des prochaine années, si des mesures pérennes ne sont pas prises et mises en œuvre avec diligence. Par conséquent, le gouvernement de Djibouti a sollicité auprès des pays amis (soudan, Ethiopie et Malawi) qui disposent des conditions plus favorables, l’octroie des terrains agricoles. Ainsi, le gouvernement de l’Ethiopie a octroyé à Djibouti une parcelle de terrain de 5000 ha dans la région très fertile de Balé. Le terrain agricole accordé par l’Ethiopie a produit à la fin 2009, une récolte de 6000 tonnes de blé actuellement en cours d’acheminement à Djibouti. L’arrivée de cette récolte de blé permettra de juguler les tensions inflationnistes et permettra à tous les citoyens les plus démunis de manger à leur faim. Cependant, chers compatriotes, ces résultats encourageants n’effacent et n’apaisent malheureusement pas ma grande tristesse lorsque je mesure l’immensité de la tache restant à accomplir, la longueur du chemin restant à parcourir et surtout, lorsque je vois le nombre encore important des femmes, des hommes, des jeunes et d’enfants djiboutiens qui restent désespérément enfermés dans la trappe de la pauvreté. Et pourtant, pour de nombreuses raisons, je garde espoir lorsque j’écoute ou lorsque je vois les témoignages faits par certains acteurs de la société civile et qui nous montrent que dans de nombreux domaines, des solutions existent et peuvent être efficacement mises en œuvre pour sortir de la pauvreté, à travers diverses initiatives locales appuyées par les services gouvernementaux, déconcentrés ou décentralisés ainsi que nos partenaires au développement. Ceci nous rappelle à tous la nécessité d’un dialogue social et de la participation de tous dans la lutte contre la pauvreté. Mon espoir et ma confiance résident également dans des faits concrets et des données précises. En effet, plusieurs projets, programme et grands chantiers d’envergure nationale sont enfin arrivés à maturité et ont démarré leurs activités opérationnelles au profit de nos populations, dans le courant de l’année 2009. Cette période d’incubation est une contrainte temporelle incontournable en matière d’identification et d’élaboration des projets, de négociation et de mobilisation des ressources nécessaires. Il nous était difficile voire impossible de sauter ces étapes, malgré l’urgence évidente de nos besoins, la sévérité de la pauvreté de nos populations et même la volonté de nos différents partenaires. La période de maturation des projets est à présent terminée, le moment est venu de passer à la phase de mise en œuvre. Ainsi, c’est avec une certaine satisfaction que je porte à votre connaissance les informations suivantes : 1. En dehors des activités régulières de micro-finance et d’activités génératrices de revenus à travers le Fonds de Solidarité Nationale et le Programme de Développement de la micro-finance et des micro-entreprises, le gouvernement continuera à soutenir la promotion et la vulgarisation d’outils financiers adaptés aux besoins des plus pauvres, des jeunes entrepreneurs, des déscolarisés et des autres couches vulnérables de notre nation. 2. L’Agence djiboutienne de développement sociale (ADDS), bras technique et opérationnel du Secrétariat d’Etat à la Solidarité Nationale, entamera au cours de l’année 2010 la mise en oeuvre du Programme de réduction de la pauvreté urbaine à Djibouti. Il s’agit d’un grand programme dont le financement est entièrement mobilisé pour un montant d’environ 30 millions de dollars américains, et qui couvre Balbala et les chefs-lieux des cinq régions de l’intérieur, pour la mise en place de divers équipements sociaux collectifs et activités génératrices de revenus. 3. Des négociations sont en cours et en bonne voie avec des bailleurs de Fonds tels que l’OPEP et la Corée du Sud pour l’électrification solaire de 25 villages repartis sur tout le Territoire national. 4. Le Secrétariat d’Etat à la Solidarité Nationale met en oeuvre depuis 2008 un programme de renforcement de capacités institutionnelles qui rentrera dans sa phase de croisière en 2010 pour un montant cumulé d’environ 600 000 dollars américains. 5. En ce qui concerne la lutte contre la sécheresse et l’atténuation des effets de l’aridité de notre pays sur notre sécurité alimentaire, le gouvernement poursuivra au cours de l’année 2010 la politique de coopération agricole sous-régionale qui a donné des résultats palpables au cours de l’année 2009. C’est ici le lieu et le moment de remercier tous les partenaires au développement et pays amis qui nous ont accompagnés à ce jour dans notre lutte acharnée contre la pauvreté et pour le développement de notre pays. Nous vous rassurons qu’une utilisation judicieuse et efficiente sera faite des ressources mises à la disposition de notre pays, et vous exhortons à continuer de nous soutenir dans nos efforts inlassables qui se traduisent par la volonté politique de notre gouvernement et de nos populations. Quant aux acteurs du secteur privé, soyez également remerciez pour les efforts de création d’emplois que vous avez déployés malgré la conjoncture difficile et les contraintes diverses pour soulager la situation de nos compatriotes. Le gouvernement continue de déployer des efforts constants pour améliorer l’environnement national des affaires et de moderniser l’administration et ses outils afin de vous faciliter les activités. Le gouvernement, de son coté et à travers le Secrétariat d’Etat à la Solidarité Nationale, poursuivra ses efforts pour la mobilisation et la coordination des ressources ainsi que la mise en place d’un système de suivi-évaluation selon les règles de gouvernance et de transparences en vigueur. Chers compatriotes, c’est sur ces mots d’espoirs et ces exhortations que j’aimerais terminer mon propos en souhaitant à chacun et à tous une bonne fête de la Solidarité Nationale à Djibouti.

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